SUR CE,
Sur la nullité de la déclaration d'appel
Mme [H] fait valoir que :
- Mme [V] a délibérément indiqué dans sa déclaration d'appel, puis dans ses conclusions, une adresse, [Adresse 1] à [Localité 1] qui ne correspond pas à son domicile réel, le commissaire de justice chargé de lui signifier le jugement dont appel à cette adresse ayant établi un procès verbal selon les formes de l'article 659 du code de procédure civile le 27 janvier 2026 et son avocat ayant vainement tenté par lettre officielle du 29 janvier suivant d'obtenir du conseil de Mme [V] la transmission de sa véritable adresse,
- l'adresse mentionnée est manifestement administrative et de complaisance, en l'absence de tout signe de vie,
- la force probante de l'acte authentique du commissaire de justice est supérieure à tout document administratif fourni,
- cette irrégularité de fond lui cause grief dans la mesure où cette fausse adresse empêche la signification utile des actes visant à l'exécution du jugement assorti de l'exécution provisoire et rend plus difficile voire impossible la mise en oeuvre de voies d'exécution et caractérise un comportement procédural déloyal.
Mme [V] répond que :
- l'adresse communiquée est établie par l'attestation de la CAF, mentionnant un versement de l'APL directement à la bailleresse et l'attestation d'assurance habitation,
- l'absence de nom sur la boîte aux lettres ou les propos d'un voisin non identifié ne sauraient prévaloir sur ces documents,
- la nullité de la déclaration d'appel ne peut être prononcée que si l'irrégularité cause un grief à la partie qui l'invoque et aucun grief n'est caractérisé.
L'article 114 du code de procédure civile prévoit que :
Aucun acte de procédure ne peut être déclaré nul pour vice de forme si la nullité n'en est pas expressément prévue par la loi, sauf en cas d'inobservation d'une formalité substantielle ou d'ordre public.
La nullité ne peut être prononcée qu'à charge pour l'adversaire qui l'invoque de prouver le grief que lui cause l'irrégularité, même lorsqu'il s'agit d'une formalité substantielle ou d'ordre public.
Selon l'article 901 du code de procédure civile, la déclaration d'appel est faite par un acte contenant à peine de nullité le domicile de la personne physique appelante.
Dans son procès verbal de signification du jugement du 19 novembre 2025,établi conformément à l'article 659 du code de procédure civile du 27 janvier 2026 le commissaire de justice commis a mentionné que :
'Parvenu à l'adresse indiquée [[Adresse 1] à [Localité 1]], il n'a pas été possible de rencontrer le destinataire du présent acte.
Sur place, le nom de la requise ne figure ni sur les boîtes aux lettres de l'immeuble, ni sur la liste des occupants.
J'ai rencontré un voisin qui m'a déclaré ne pas la connaître.
Là étant, je n'ai pu obtenir aucune autre information utile.
De retour à l'étude, mes recherches à l'aide de l'annuaire électronique, ne m'ont pas permis d'obtenir quelconque renseignement. Je n'ai pu obtenir l'adresse de l'employeur.'
L'acte authentique fait foi jusqu'à inscription de faux de l'existence matérielle des faits que l'officier public y a énoncés comme les ayant accomplis lui-même ou les ayant personnellement constatés. Cette valeur probante ne s'attache qu'à ses mentions qualifiées d'intrinsèques, que sont l'identité des parties, les délais, les formalités, les modalités de signification et enfin la date.
Il en est ainsi, en particulier, des mentions concernant les démarches et diligences accomplies en vue de signifier l'acte valablement.
La lettre recommandée avec demande d'avis de réception contenant une copie du procès verbal de recherches adressée le jour même, à la même adresse, est revenue avec la mention'destinataire inconnu à l'adresse'.
Par lettre officielle du 29 janvier 2026, l'avocat de Mme [H] a sollicité de l'avocat de Mme [V] la communication de la véritable adresse de sa cliente et le prévenant qu'à défaut, il soulèverait la nullité de sa déclaration d'appel et n'a obtenu aucune réponse.
Mme [V], qui est sans emploi, se contente de produire une attestation de la CAF de Seine-et-Marne du 6 mai 2026, portant mention de l'adresse, objet du procès verbal de recherches du 27 janvier 2026 et indiquant le versement à Mme [V] et non à son bailleur d'une allocation logement sociale en mars 2926 ainsi que la décision rectificative d'aide juridictionnelle du 15 décembre 2025 dont les modes de notification ne sont pas connues et peuvent être un envoi par courriel à l'adresse électronique mentionnée dans la décision, et une attestation d'assurance habitation établie pour la période du 26 avril 2026 au 25 avril 2027 alors que l'incident de nullité de la déclaration d'appel a été notifié le 17 avril précédent et qu'il n'est pas exclu que cette assurance ait été souscrite en ligne en quelques minutes, cette attestation mentionnant qu'elle n'implique qu'une présomption de garantie à la charge de l'employeur.
Or, ces mentions sont contraires aux constatations du commissaire de justice Mme [V] lesquelles font foi jusqu'à inscription de faux.
La déclaration d'appel de Mme [V] est affectée d'une irrégularité de forme relativement à l'adresse déclarée qui apparaît manifestement inexacte laquelle cause un grief à Mme [H] qui s'est déjà heurtée à une difficulté de signification du jugement qui se reproduira en cas de mise en oeuvre de voies d'exécution.
La nullité de la déclaration d'appel est prononcée.
Sur les dépens et la demande sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile
Succombant, Mme [V] est condamnée aux dépens et à payer à Mme [H] une somme de 800 euros sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile.