Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Cour d'appel, rétentions, 8 juillet 2026 — n° 26/00368

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

Une troisième prolongation de la rétention administrative est-elle possible lorsque les autorités consulaires ont identifié l'étranger mais n'ont pas encore délivré le laissez-passer consulaire, en raison de circonstances de fait non imputables à l'administration ?

Principe retenu

La troisième prolongation de la rétention administrative est possible si l'administration a accompli toutes les diligences nécessaires et qu'il existe des perspectives raisonnables d'exécution de la mesure d'éloignement à bref délai. L'absence de délivrance du laissez-passer consulaire en raison de circonstances de fait (comme des élections législatives) n'est pas imputable à l'administration.

Faits clés

  • Monsieur [S] [N] alias [G] [Y] est de nationalité algérienne
  • Il fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai avec interdiction de retour de 5 ans
  • Il a été placé en rétention administrative le 7 mai 2026
  • Les autorités algériennes ont formellement identifié l'intéressé mais n'ont pas encore délivré de laissez-passer consulaire
  • La préfecture a présenté l'intéressé au consulat algérien et un processus d'identification est en cours

Articles cités

article L. 742-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 742-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 742-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Dispositif

Déclarons l'appel recevable, Rejetons la fin de non-recevoir soulevée, Confirmons la décision déférée. Fait à Montpellier, au palais de justice, le 08 Juillet 2026 à 17h13 La greffière, La magistrate déléguée,

Exposé du litige

EXPOSE DES FAITS ET DE LA PROCEDURE Vu l'arrêté du 28 novembre 2024 du préfet des alpes-Maritimes portant obligation de quitter le territoire national sans délai assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de cinq ans pris à l'encontre de Monsieur [G] [Y], Vu la décision de placement en rétention administrative du 07 mai 2026 du préfet des Pyrénées-Orientales prise à l'encontre de Monsieur [S] [N] alias X se disant [G] [Y], pendant quatre-vingt-seize heures dans des locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire; Vu l'ordonnance du 11 mai 2026 notifiée le même jour, du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Perpignan chargé du contrôle des mesures privatives et restrictives de libertés qui a décidé de prolonger la rétention administrative pour une durée maximale de vingt-six jours, Vu l'ordonnance du 06 juin 2026 notifiée le même jour, du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Perpignanchargé du contrôle des mesures privatives et restrictives de libertés qui a décidé de prolonger la rétention administrative pour une durée maximale de trente jours, Vu la décision de la cour d'appel de Montpellier en date du 09 juin 2026 qui a rejeté la déclaration d'appel de M. [S] [N] alias X se disant [G] [Y], Vu la saisine du préfet des Pyrénées-Orientales en date du 05 juillet 2026 pour obtenir une troisième prolongation de la rétention de cet étranger, Vu l'ordonnance du 06 juillet 2026 à 14h45 notifiée le même jour à la même heure, du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Perpignan chargé du contrôle des mesures privatives et restrictives de libertés qui a décidé de prolonger la rétention administrative pour une durée maximale de trente jours, Vu la déclaration d'appel faite le 07 Juillet 2026 par M. [S] [N] alias X se disant [G] [Y] , du centre de rétention administrative de [Etablissement 1], transmise au greffe de la cour d'appel de Montpellier le même jour à 12h41, Vu les courriels adressés le 07 Juillet 2026 au préfet des Pyrénées-Orientales, à l'intéressé, à son conseil, et au ministère public les informant que l'audience sera tenue le 08 Juillet 2026 à 10 H 30, L'avocat et l'appelant, qui ont pu préalablement prendre connaissance de la procédure, se sont entretenus librement par visio conférence dans la salle de viso conférence du centre de rétention administrative de [Etablissement 1], les portes des salles étant fermées pour assurer la confidentialité de l'entretien, en la seule présence de l'interprète, et ce, sur le temps de l'audience fixée, avec l'accord du délégué du premier président de la cour d'appel de Montpellier. Vu la note d'audience du 08 Juillet 2026, mentionnant les prétentions et moyens développés par les parties,

Motivations de la décision

MOTIFS: Sur la recevabilité de l'appel : Le 07 Juillet 2026, à 12h41, M. [S] [N] alias X se disant [G] [Y] a formalisé appel motivé de l'ordonnance du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Perpignan chargé du contrôle des mesures privatives et restrictives de libertés du 06 Juillet 2026 notifiée à 14h45, soit dans le délai prévu à l'article R 743-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'où il suit la recevabilité de l'appel formé. Sur la fin de non- recevoir Dans sa déclaration d'appel, M. [S] [N] alias X se disant [G] [Y] soutient, au visa de l'article R743-2 du CESEDA que la requête préfectorale du 5 juillet 2026 pour ne pas être « accompagnée de toutes les pièces utiles », et que dès lors elle est irrecevable, ce qui justifierait sa remise en liberté immédiate. Or ce moyen est d'abord soulevé d'une manière générale, sans précision aucune sur la ou les pièces qui feraient défaut, sauf à reprocher ensuite à la requête préfectorale, sur le fondement du même texte, de ne pas comporter une copie actualisée du registre du CRA, alors que celle-ci figure au dossier de la procédure soumise à la cour (fiche n° 259). Il y a de rejeter la fin de non-recevoir soulevée. Sur le fond M. [S] [N] alias X se disant [G] [Y] fait valoir que son écrou a été levé le 7 mai 2026 ; qu'il n'existe plus de perspectives raisonnables d'éloignement vers Algérie du fait de l'absence de réponse des autorités consulaires algériennes ; que s'il a été formellement reconnu par les autorités consulaires de son pays, et si le 27 mars 2026 l'administration a été informée que la procédure d'identification avait été engagée par les autorités consulaires algériennes, depuis lors plusieurs relances ont été effectuées le 16 et 22 avril 2026, le 5 et le 10 mai 2026, puis le 5 juin 2026 et le 6 juillet 2026, sans succès ; qu'ainsi l'administration ne peut prétendre en désespoir de cause saisir ad vitam aeternam les autorités consulaires en prétendant que la délivrance d'un laissez-passer demeure envisageable, alors que M. [S] [N] entre dans son dernier mois de rétention ; et que le premier juge a dès lors entaché son ordonnance d'une erreur d'appréciation manifeste. Mais celui-ci a exactement relevé que les services de la préfecture ont fait toutes les diligences requises pour mettre à exécution la mesure d'éloignement, dans la mesure où la procédure d'identification de l'intéressé était en cours ; et que les autorités algériennes ont formellement identifié l'intéressé comme étant [S] [N] né le 14 juin 1998 à [Localité 1] quand bien même les autorités n'auraient pas encore délivré à ce jour de laissez-passer consulaire. En effet la présentation physique au centre de rétention à l'autorité consulaire algérienne a donné lieu à un premier envoi à [Localité 1], de sorte que la délivrance d'un laissez-passer consulaire dans un délai raisonnable est prévisible, étant relevé que la préfecture plaide utilement que tel est le processus positif suivi entre la France et l'Algérie depuis janvier 2026 d'une part, et que d'autre part le fonctionnement des consulats algériens a été perturbé par l'organisation des élections législatives, circonstance de fait qui ne lui est pas imputable. L'absence d'exécution de la décision d'éloignement est donc liée à l'impossibilité d'exécuter la mesure d'éloignement, faute de document administratif de l'intéressé, et de délivrance des documents de voyage, il existe des perspectives concrètes de délivrance à bref délai d'un laissez-passer consulaire qui ne pourra cependant pas intervenir avant la fin de la seconde période de prolongation de la rétention. Les conditions énoncées aux articles L. 742-4, L. 742-2 et -3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont réunies ; il y a lieu en conséquence de confirmer l'ordonnance qui a prolongé la rétention de M. [S] [N] alias X se disant [G] [Y] pour 30 jours. PAR CES MOTIFS Statuant après audience publique, et par mise à disposition au greffe,

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour une troisième prolongation de la rétention administrative ?
Il faut que l'administration ait accompli toutes les diligences nécessaires et qu'il existe des perspectives raisonnables d'exécution de la mesure d'éloignement à bref délai, par exemple lorsque l'identification est en cours et que la délivrance d'un laissez-passer consulaire est prévisible.
L'absence de laissez-passer consulaire peut-elle être imputée à l'administration ?
Non, si l'administration a présenté l'étranger au consulat et que le retard est dû à des circonstances de fait indépendantes de sa volonté, comme des élections législatives dans le pays d'origine.
Qu'est-ce qu'une perspective raisonnable d'éloignement ?
C'est une situation où, malgré l'absence de document de voyage au moment de la demande, il existe des éléments concrets laissant espérer une délivrance rapide, par exemple lorsque le consulat a déjà identifié l'intéressé et que le processus est en cours.
Quels sont les recours possibles contre une ordonnance de prolongation de rétention ?
L'étranger peut faire appel de l'ordonnance devant le premier président de la cour d'appel dans les 24 heures suivant la notification. L'appel est examiné en urgence.
La durée maximale de rétention administrative est-elle la même pour tous ?
Non, elle varie selon les situations. En principe, la rétention ne peut excéder 90 jours, mais des prolongations exceptionnelles sont possibles si les conditions légales sont remplies, comme dans ce cas où une troisième prolongation de 30 jours a été accordée.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.