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Cour d'appel, pôle 1 - chambre 11, 8 juillet 2026 — n° 26/03871

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Synthèse de la décision

Question juridique

Le recours suspensif du ministère public contre une ordonnance de mise en liberté doit-il être accordé en raison de l'absence de garanties de représentation effectives de l'étranger ?

Principe retenu

Le premier président de la cour d'appel ou son délégué peut déclarer suspensif l'appel du ministère public contre une décision mettant fin à la rétention administrative si l'étranger ne dispose pas de garanties de représentation effectives ou en cas de menace grave pour l'ordre public. En l'espèce, l'absence de documents d'identité valides et le casier judiciaire chargé (18 condamnations) caractérisent l'absence de garanties de représentation suffisantes, justifiant l'effet suspensif.

Faits clés

  • M. [V] [A], ressortissant algérien né le 24 juin 1993, a été placé en rétention administrative.
  • Le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris a ordonné sa mise en liberté le 7 juillet 2026.
  • Le procureur de la République a interjeté appel le 7 juillet 2026 à 18h11 avec demande d'effet suspensif.
  • M. [V] [A] justifie d'un hébergement à [Localité 2] mais ne dispose pas de documents d'identité en cours de validité.
  • Il a fait l'objet de 18 condamnations pour vols et infractions à la législation sur les stupéfiants.

Articles cités

article L. 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance. Fait à [Localité 3], le 08 juillet 2026 LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT, LA PRÉSENTE DÉCISION N'EST PAS SUSCEPTIBLE DE RECOURS.

Exposé du litige

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS COUR D'APPEL DE PARIS Pôle 1 - Chambre 11 L. 743-22 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ORDONNANCE DU 08 juillet 2026 RECOURS SUSPENSIF (1 pages) Numéro d'inscription au numéro général et de décision : B N° RG 26/03871 - N° Portalis 35L7-V-B7K-CNP7L Décision déférée : ordonnance rendue le 07 juillet 2026, à 16h56, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris Nous, Bertrand Gelot, conseiller, à la cour d'appel de Paris, agissant par délégation du premier président de cette cour, assisté de Roxanne Therasse, greffière au prononcé de l'ordonnance, APPELANT LE PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE PRÈS LE TRIBUNAL JUDICIAIRE DE PARIS INTIMÉ : M. [V] [A] né le 24 Juin 1993 à [Localité 1] de nationalité Algérienne ayant pour conseil en première instance, Me Henri-Louis Dahhan, avocat au barreau de Paris ORDONNANCE : contradictoire - Vu l'ordonnance du 07 juillet 2026, à 16h56, du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris rejetant l'exception de nullité soulevée, déclarant recevable la requête en contestation de la légalité du placement en rétention, ordonnant la jonction des deux procédures, rejetant la requête en contestation de la décision du placement en rétention, rejetant la requête en demande de prolongation de la mesure de rétention administrative du préfet, ordonnant en conséquence la mise en liberté de l'intéressé, rappelant à l'intéressé qu'il a l'obligation de quitter le territoire national ; - Vu la notification de l'ordonnance au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Paris, le 07 Juillet 2026 , à 17h19 ; - Vu l'appel de ladite ordonnance interjeté le 07 Juillet 2026, à 18h11, par ledit procureur avec demande d'effet suspensif ; - Vu les notifications du recours suspensif du 07 juillet 2026, faites par le parquet : - à Monsieur [V] [A] à 19h30, - à Me Henri-louis Dahhan, avocat au barreau de Paris, à 18h11, - et au préfet de police, à 18h11 ; - Vu les observations écrites du conseil de Monsieur [V] [A] du 7 juillet 2026, à 19h07, tendant à voir rejeter le recours suspensif ;

Motivations de la décision

SUR QUOI, Aux termes de l'article L. 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, 'le ministère public peut demander au premier président de la cour d'appel ou à son délégué de déclarer son recours suspensif lorsqu'il lui apparaît que l'intéressé ne dispose pas de garanties de représentation effectives ou en cas de menace grave pour l'ordre public. Dans ce cas, l'appel est accompagné de la demande qui se réfère à l'absence de garanties de représentation effectives ou à la menace grave pour l'ordre public, et transmis au premier président de la cour d'appel ou à son délégué. Celui-ci décide, sans délai, s'il y a lieu de donner à cet appel un effet suspensif, en fonction des garanties de représentation dont dispose l'étranger ou de la menace grave pour l'ordre public, par une ordonnance motivée rendue contradictoirement et qui n'est pas susceptible de recours. L'intéressé est maintenu à la disposition de la justice jusqu'à ce que cette ordonnance soit rendue et, si elle donne un effet suspensif à l'appel du ministère public, jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond. Par dérogation au présent article, l'appel interjeté contre une décision mettant fin à la rétention est suspensif lorsque l'intéressé a été condamné à une peine d'interdiction du territoire pour des actes de terrorisme prévus au titre II du livre IV du code pénal ou s'il fait l'objet d'une mesure d'éloignement édictée pour un comportement lié à des activités à caractère terroriste. L'intéressé est maintenu à la disposition de la justice jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond.' En l'espèce, l'appel du procureur de la République a été notifié aux parties conformément aux dispositions légales et réglementaires du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Au regard de la demande d'effet suspensif de l'appel, les questions des garanties de représentation effectives de l'intimé et du risque de trouble à l'ordre public sont toutes deux soulevées par le ministère public. Or, s'agissant des garanties de représentation, il résulte des pièces de la procédure que si M. [V] [A] justifie d'un hébergement à [Localité 2], il ne dispose pas de documents d'identité en cours de validité et ne justifie pas de sa situation personnelle, ayant en outre fait l'objet de 18 condamnations, notamment pour des faits de vols et d'infractions à la législation sur les stupéfiants. Il en résulte que M. [V] [A], indépendamment d'un risque de menace grave à l'ordre public, ne présente pas de garanties suffisantes de représentation et risque de se soustraire, si elle lui est défavorable, à la décision d'appel, de sorte qu'il y a lieu de suspendre les effets de l'ordonnance du premier juge. PAR CES MOTIFS DÉCLARONS suspensif l'appel du procureur de la République près le tribunal judiciaire de Paris, ORDONNONS le maintien à la disposition de la justice de Monsieur [V] [A], jusqu'à ce qu'il soit statué au fond, à l'audience du 9 juillet 2026, à 11h00, INFORMONS Monsieur [V] [A], de ce qu'il sera statué au fond, à l'audience du 9 juillet 2026, à 11h00, DISONS que la présente ordonnance vaut convocation à ladite audience

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un recours suspensif du procureur ?
C'est un appel interjeté par le ministère public contre une décision de mise en liberté d'un étranger en rétention, accompagné d'une demande pour que cet appel suspende les effets de la décision, c'est-à-dire que l'étranger reste maintenu en rétention jusqu'à ce que la cour d'appel statue sur le fond.
Quelles sont les conditions pour que l'appel du procureur soit suspensif ?
Selon l'article L. 743-22 du CESEDA, le premier président de la cour d'appel peut déclarer l'appel suspensif si l'étranger ne dispose pas de garanties de représentation effectives (comme des documents d'identité valides) ou en cas de menace grave pour l'ordre public.
En quoi consistent les garanties de représentation ?
Les garanties de représentation sont des éléments qui assurent que l'étranger se présentera aux convocations et ne se soustraira pas à la procédure. Cela inclut notamment la possession de documents d'identité en cours de validité, un hébergement stable, et l'absence de risque de fuite.
Mon casier judiciaire peut-il influencer ma rétention ?
Oui, un casier judiciaire chargé, notamment pour des infractions pénales, peut être considéré comme un indice d'absence de garanties de représentation ou de menace pour l'ordre public, justifiant le maintien en rétention.
Que se passe-t-il si le procureur fait un recours suspensif contre ma libération ?
Vous êtes maintenu à la disposition de la justice jusqu'à ce que la cour d'appel statue sur le fond de l'appel. Dans cette affaire, l'audience au fond a été fixée au 9 juillet 2026.
Puis-je être libéré si j'ai un hébergement mais pas de papiers d'identité ?
Dans cette décision, le fait d'avoir un hébergement n'a pas suffi à compenser l'absence de documents d'identité valides et un casier judiciaire chargé, ce qui a conduit à l'octroi de l'effet suspensif et au maintien en rétention.
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