Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Cour d'appel, pôle 1 - chambre 11, 8 juillet 2026 — n° 26/03856

Irrecevabilite

Synthèse de la décision

Question juridique

L'appel contre une ordonnance de prolongation de rétention administrative est-il manifestement irrecevable en l'absence de circonstance nouvelle de fait ou de droit ?

Principe retenu

En application de l'article L. 743-23 du CESEDA, l'appel peut être rejeté sans convocation préalable des parties s'il est manifestement irrecevable ou si aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention ou son renouvellement. Les moyens relatifs à l'état de santé non justifiés par des pièces ou à une peine de prison antérieure sans lien avec la rétention ne constituent pas des circonstances nouvelles.

Faits clés

  • M. [R] [T], ressortissant algérien, a été placé en rétention administrative.
  • Le 6 juillet 2026, le tribunal judiciaire de Meaux a prolongé la rétention pour 26 jours.
  • L'appel a été interjeté le 7 juillet 2026.
  • L'appelant invoque des problèmes de santé et avoir purgé 18 mois de prison.
  • Aucune pièce justificative de l'incompatibilité de l'état de santé avec la rétention n'a été fournie.

Articles cités

article L. 743-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 742-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R. 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance. Fait à [Localité 2] le 08 juillet 2026 à 09h31 LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT, REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS : Pour information : L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur. Notification effectuée aux parties par LRAR ou télécopie et/ou courriel.

Exposé du litige

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS COUR D'APPEL DE PARIS L. 742-1 et suivants du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ORDONNANCE DU 08 JUILLET 2026 (1 pages) Numéro d'inscription au répertoire général et de décision : B N° RG 26/03856 - N° Portalis 35L7-V-B7K-CNP37 Décision déférée : ordonnance rendue le 06 juillet 2026, à 14h08, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Meaux Nous, Bertrand Gelot, conseiller à la cour d'appel de Paris, agissant par délégation du premier président de cette cour, assisté de Marie Bounaix, greffière au prononcé de l'ordonnance, APPELANT : M. [R] [T] né le 14 mars 1999 à [Localité 1], de nationalité algérienne RETENU au centre de rétention : [Adresse 1] Informé le 7 juillet 2026 à 15h10, de la possibilité de faire valoir ses observations sur le caractère manifestement irrecevable de son appel, en application des dispositions de l'article R 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile INTIMÉ : LE PREFET DES HAUTS DE SEINE Informé le 7 juillet 2026 à 15h10, de la possibilité de faire valoir ses observations sur le caractère manifestement irrecevable de l'appel, en application des dispositions de l'article R 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, MINISTÈRE PUBLIC, avisé de la date et de l'heure de l'audience ORDONNANCE : contradictoire - Vu l'ordonnance du 06 juillet 2026 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Meaux rejetant les moyens d'irrégularité soulevés par M. [R] [T], déclarant la requête du préfet des Hauts de Seine recevable et la procédure régulière et ordonnant la prolongation de la rétention de M. [R] [T] au centre de rétention administrative n°2 du [Etablissement 1], ou dans tout autre centre ne dépendant pas de l'administration pénitentiaire pour une durée de vingt six jours à compter du 5 juillet 2026 ; - Vu l'appel interjeté le 07 juillet 2026, à 11h28, par M. [R] [T] ; - Vu les observations de M. [R] [T] reçues le 7 juillet 2026 à 15h31 ;

Motivations de la décision

SUR QUOI, Aux termes de l'article L. 743-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en cas d'irrecevabilité ou dans les cas prévus aux articles L. 741-10 et L. 742-8, s'il apparaît qu'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention administrative ou son renouvellement, l'appel peut être rejeté peut être rejeté sans convocation préalable des parties. Dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice il y a lieu de faire application de cet article. En l'espèce, la déclaration d'appel relève que le requérant [R] [T] est un ressortissant algérien, qui déclare avoir des problèmes de santé et avoir déjà fait 18 mois de prison. Il conteste l'ordonnance de prolongation. En premier lieu, qu'il n'existe pas d'élément nouveau au soutien des prétentions et aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention administrative au sens de l'article L. 743, alinéa 2 qui lui permettrait de critiquer la légalité de l'ordonnance de prolongation. En particulier, les éléments avancés par l'appelant relatifs aux problèmes de santé qu'il allègue ne sont pas recevables en l'absence de pièces justificatives de l'incompatibilité de son état de santé avec la rétention. Par ailleurs, le fait d'avoir déjà purgé 18 mois de prison, ce qui est sans rapport avec la mesure de rétention, ne constitue pas un moyen recevable permettant de contester l'ordonnance du premier juge, étant précisé qu'il n'appartient pas au juge judiciaire d'apprécier l'éloignement. En second lieu, au surplus, qu'aucun élément fournis à l'appui de la demande dans les délais de l'appel ne permet de justifier qu'il soit mis fin à la rétention ou qu'aucune réponse ne sera apportée dans le temps de la rétention. Par ailleurs, les observations fournies par l'intéressé le 7 juillet 2019, auxquelles il a déjà été répondu ci-dessus, ne permettent pas d'apporter une réponse différente à la déclaration d'appel compte tenu des éléments susmentionnés. Or la loi permet, dans ce cas (1., et surabondamment 2.), de rejeter la demande sans convocation des parties, dès lors qu'il n'est manifestement pas justifié qu'il soit mis fin à la rétention. En l'absence de toute illégalité susceptible d'affecter les conditions (découlant du droit de l'Union) de légalité de la rétention, et à défaut d'autres moyens présentés en appel, il y a lieu de rejeter l'appel. PAR CES MOTIFS REJETONS la déclaration d'appel,

Questions fréquentes

Puis-je contester une prolongation de rétention pour raison de santé ?
Oui, mais vous devez fournir des pièces justificatives démontrant l'incompatibilité de votre état de santé avec la rétention. Dans cette affaire, l'appelant a invoqué des problèmes de santé sans fournir de documents, ce qui a été jugé insuffisant.
Qu'est-ce qu'une circonstance nouvelle pour contester la rétention ?
Une circonstance nouvelle est un fait ou un droit nouveau survenu après le placement en rétention ou son renouvellement. Par exemple, un changement dans l'état de santé, une décision administrative, ou un élément de procédure. Dans cette décision, les problèmes de santé allégués sans preuve et la peine de prison antérieure n'ont pas été considérés comme des circonstances nouvelles.
Mon appel contre la prolongation de rétention a été rejeté sans audience, est-ce légal ?
Oui, c'est légal. L'article L. 743-23 du CESEDA permet au juge de rejeter un appel sans convocation des parties s'il est manifestement irrecevable ou si aucune circonstance nouvelle n'est invoquée. Dans cette affaire, l'appel a été rejeté sans audience pour ces motifs.
Comment prouver que mon état de santé est incompatible avec la rétention ?
Vous devez fournir des certificats médicaux détaillés, des ordonnances, ou tout document officiel attestant de votre pathologie et de l'impossibilité de recevoir des soins adaptés en centre de rétention. Dans cette décision, l'absence de pièces justificatives a conduit au rejet de l'appel.
Le fait d'avoir déjà été en prison peut-il justifier la fin de la rétention ?
Non, une peine de prison antérieure est sans rapport avec la mesure de rétention administrative. Le juge judiciaire n'a pas à apprécier l'éloignement. Dans cette affaire, ce moyen a été écarté.
Quels sont les recours contre une ordonnance de prolongation de rétention ?
Vous pouvez interjeter appel dans les 24 heures suivant la notification de l'ordonnance. Si l'appel est rejeté, vous pouvez former un pourvoi en cassation dans les deux mois. Dans cette décision, l'appel a été rejeté comme manifestement irrecevable.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.