Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Cour d'appel, pôle 1 - chambre 11, 8 juillet 2026 — n° 26/03863

Irrecevabilite

Synthèse de la décision

Question juridique

L'appel contre l'ordonnance prolongeant la rétention administrative est-il manifestement irrecevable faute de circonstance nouvelle de fait ou de droit ?

Principe retenu

En application de l'article L. 743-23 du CESEDA, l'appel peut être rejeté sans convocation préalable des parties s'il n'existe aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit depuis le placement en rétention administrative ou son renouvellement.

Faits clés

  • M. [O], ressortissant camerounais, a fait l'objet de deux mesures d'éloignement les 26 juin et 1er juillet 2026.
  • Il a été placé en rétention administrative et l'ordonnance du 6 juillet 2026 a prolongé la rétention pour 26 jours.
  • Il a interjeté appel le 6 juillet 2026 à 15h59.
  • Il conteste l'arrêté de placement en rétention et demande la réformation de l'ordonnance.
  • Aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention.

Articles cités

article R 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 741-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 742-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance. Fait à [Localité 3] le 08 juillet 2026 à 09h35 LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT, REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS : Pour information : L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur. Notification effectuée aux parties par LRAR ou télécopie et/ou courriel.

Exposé du litige

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS COUR D'APPEL DE PARIS L. 742-1 et suivants du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ORDONNANCE DU 08 JUILLET 2026 (1 pages) Numéro d'inscription au répertoire général et de décision : B N° RG 26/03863 - N° Portalis 35L7-V-B7K-CNP46 Décision déférée : ordonnance rendue le 06 juillet 2026, à 14h04, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Meaux Nous, Bertrand Gelot, conseiller à la cour d'appel de Paris, agissant par délégation du premier président de cette cour, assisté de Marie Bounaix, greffière au prononcé de l'ordonnance, APPELANT : M. [M] [O] né le 15 septembre 1998 à [Localité 1], de nationalité camerounaise RETENU au centre de rétention : [Adresse 1] Informé le 7 juillet 2026 à 16h40, de la possibilité de faire valoir ses observations sur le caractère manifestement irrecevable de son appel, en application des dispositions de l'article R 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile INTIMÉ : LE PREFET DES HAUTS-DE-SEINE Informé le 7 juillet 2026 à 16h40, de la possibilité de faire valoir ses observations sur le caractère manifestement irrecevable de l'appel, en application des dispositions de l'article R 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, MINISTÈRE PUBLIC, avisé de la date et de l'heure de l'audience ORDONNANCE : contradictoire - Vu l'ordonnance du 06 juillet 2026 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Meaux ordonnant la jonction de la procédure introduite par la requête du préfet des Hauts-de-Seine enregistrée sous le N°RG 26/03578 et celle introduite par le recours de M. [M] [O] enregistrée sous le N°RG 26/03579 , déclarant le recours de M. [M] [O] recevable, rejetant le recours de M. [M] [O], rejetant les moyens d'irrégularité soulevés par M. [M] [O], déclarant la requête du préfet des Hauts-de-Seine recevable et la procédure régulière et ordonnant la prolongation de la rétention de M. [M] [O] au centre de rétention administrative n°3 du [Etablissement 1] (77), ou dans tout autre centre ne dépendant pas de l'administration pénitentiaire, pour une durée de vingt six jours à compter du 5 juillet 2026 ; - Vu l'appel interjeté le 06 juillet 2026, à 15h59, par M. [M] [O] ; - Vu les observations de M. [M] [O] reçues le 7 juillet 2026 à 17h59 ;

Motivations de la décision

SUR QUOI, Aux termes de l'article L. 743-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en cas d'irrecevabilité ou dans les cas prévus aux articles L. 741-10 et L. 742-8, s'il apparaît qu'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention administrative ou son renouvellement, l'appel peut être rejeté peut être rejeté sans convocation préalable des parties. Dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice il y a lieu de faire application de cet article. En l'espèce, la déclaration d'appel relève que le requérant [M] [O] est un ressortissant camerounais, qui déclare être arrivé en France en 2005, avoir bénéficié de titres de séjour, résider chez sa grand-mère à [Localité 2], avoir des attaches familiales en France et avoir fait l'objet de deux mesures successives d'éloignement les 26 juin et 1er juillet 2026. Il conteste l'arrêté de placement en rétention, et demande la réformation de l'ordonnance et de dire n'y avoir lieu à maintenir sa rétention. En premier lieu, qu'il n'existe pas d'élément nouveau au soutien des prétentions et aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention administrative au sens de l'article L. 743, alinéa 2 qui lui permettrait de critiquer la légalité de l'arrêté du préfet. En particulier, les questions de l'insuffisance de motivation, du caractère disproportionné du placement en rétention, de l'irrégularité du port des menottes lors de l'interpellation et des diligences de l'administration ont bien été relevées par le premier juge qui y a répondu par motifs détaillés et les éléments factuels étaient déjà dans le débat, notamment le fait que l'intéressé est en situation irrégulière, ne dispose pas de documents de voyage, n'a pas justifié d'un hébergement stable au moment où le préfet s'est prononcé et a justifié l'insuffisance des garanties de représentation, que le préfet a précisé les motifs d'une menace à l'ordre public, que des motifs justificatifs de risque de fuite sont précisées pour le port des menottes lors de l'interpellation, et que les diligences de l'administration sont justifiées dès lors que les autorités camerounaises ont été saisies dans les 24 heures du placement en rétention de l'intéressé, étant précisé qu'il n'appartient pas au juge judiciaire d'apprécier l'éloignement, lequel relève du juge administratif. En second lieu, au surplus, qu'aucun élément fournis à l'appui de la demande dans les délais de l'appel ne permet de justifier qu'il soit mis fin à la rétention. Par ailleurs, les observations et l'attestation d'hébergement fournies par l'intéressé le 7 juillet 2019 ne permettent pas d'apporter une réponse différente à la déclaration d'appel compte tenu des éléments susmentionnés. Or la loi permet, dans ce cas (1., et surabondamment 2.), de rejeter la demande sans convocation des parties, dès lors qu'il n'est manifestement pas justifié qu'il soit mis fin à la rétention. En l'absence de toute illégalité susceptible d'affecter les conditions (découlant du droit de l'Union) de légalité de la rétention, et à défaut d'autres moyens présentés en appel, il y a lieu de rejeter l'appel. PAR CES MOTIFS REJETONS la déclaration d'appel,

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une circonstance nouvelle de fait ou de droit ?
Une circonstance nouvelle est un élément qui n'existait pas au moment du placement en rétention ou de son renouvellement, et qui pourrait justifier une remise en liberté. Par exemple, l'obtention d'un titre de séjour, un changement de situation familiale, ou une décision administrative annulant la mesure d'éloignement.
Mon appel peut-il être rejeté sans audience ?
Oui, selon l'article L. 743-23 du CESEDA, si l'appel est manifestement irrecevable ou si aucune circonstance nouvelle n'est invoquée, le juge peut rejeter l'appel sans convocation préalable des parties. C'est ce qui s'est passé dans cette affaire.
Quels sont les motifs de rejet d'un appel en rétention administrative ?
Les motifs peuvent être l'absence de circonstance nouvelle, l'irrecevabilité de l'appel (par exemple, hors délai), ou le caractère infondé des moyens soulevés. Dans cette décision, l'appel a été rejeté car aucun élément nouveau n'était présenté et les moyens étaient déjà examinés.
Puis-je contester l'arrêté de placement en rétention dans mon appel ?
Oui, mais vous devez invoquer des moyens nouveaux par rapport à ceux déjà examinés en première instance. Si vous ne présentez pas de circonstance nouvelle, votre appel peut être rejeté sans débat, comme dans cette affaire.
Que faire si je n'ai pas d'élément nouveau à présenter en appel ?
Si vous n'avez pas d'élément nouveau, votre appel risque d'être rejeté sans audience. Il est conseillé de rassembler tous les documents et preuves possibles avant l'audience de première instance, et de les soulever dès le début de la procédure.
Le juge judiciaire peut-il contrôler la légalité de l'arrêté de placement ?
Non, le juge judiciaire ne peut pas apprécier la légalité de l'arrêté de placement en rétention, qui relève du juge administratif. Le juge judiciaire ne contrôle que la régularité de la procédure de rétention et les conditions de son maintien.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.