*
* *
Exploitante d'un garage en qualité de concessionnaire Citroën, la Sarl De C exerce son activité professionnelle au sein des locaux situés [Adresse 13] [Localité 1] qui sont la propriété de la Sci Navalo.
Cet ensemble immobilier est situé au pied d'un talus dominé en surplomb par un immeuble Hlm appartenant à la société Alcéane.
Souhaitant créer une aire de préparation des véhicules avant leur mise en peinture sur le terrain se trouvant à l'arrière de la parcelle et des locaux, la Sarl De C a conclu, le 5 mai 2014, un contrat de mission de maîtrise d''uvre avec la Sas Agence Buray aux fins de construction d'un hangar contiguë à l'atelier de mécanique d'ores et déjà existant, d'une surface de 45 à 50 m².
En charge des études préliminaires, des études de projets ainsi que du dossier de permis de construire, l'agence Buray a exécuté sa mission et le permis de construire a été accordé le 26 août 2014 à la Sci Navalo, propriétaire des lieux.
La Sarl De C a alors entrepris les travaux, sans maîtrise d'oeuvre de conception ni d'exécution.
Le lot terrassement a été confié à M. [I], assuré par la Sa Axa France Iard, le lot maçonnerie a été confié à la Sarl Ph services, assuré par la Maaf.
La déclaration d'ouverture du chantier a été faite le 26 janvier 2015.
Compte tenu de la longueur du talus, il était convenu entre la Sarl De C, maître de l'ouvrage, la Sarl Ph services et M. [I] de procéder en 3 phases similaires et successives de suppression du talus chaque phase étant suivie de travaux de maçonnerie.
Ainsi, du 2 au 7 février 2015, M. [I] a réalisé la première tranche de terrassement à l'aide d'une mini pelle entraînant la mise à nu verticale d'environ 1/3 du talus. La semaine suivante, du 9 au 14 février 2015, la Sarl Ph services a construit un mur en retour vis-à-vis du remblai.
Le 16 février 2015, M. [I] a entrepris la 2ème phase des travaux de terrassement à l'aide d'une pelle de 13 tonnes. Dans l'après-midi du 16 février 2015, le talus sur lequel s'effectuait le terrassement s'est effondré, créant une cavité importante sous la chaussée devant l'immeuble Alcéane situé en surplomb.
La Sarl Ph services et M. [I] ont procédé à un confortement d'urgence à l'aide de trois butons métalliques posés au contact de la fondation de la clôture béton surplombant la parcelle. La voie de circulation se trouvant au niveau des portes d'accès à l'immeuble Alcéane a fait l'objet d'une neutralisation partielle avec la pose de barrières compte tenu de l'apparition de fissurations longitudinales sur l'impasse d'accès à l'immeuble.
Le 18 février 2015, le maire [Localité 1] a interdit la circulation des véhicules dans l'[Adresse 14] et interdit l'accès à l'aire de jeux appartenant à Alcéane.
Saisi d'une demande de référé d'heure à heure, le président du tribunal de grande instance du Havre a ordonné le 10 juillet 2015, une expertise confiée à M. [V] avec mission notamment de':
- rechercher les causes des désordres, dire en particulier s'ils proviennent d'une erreur dans le travail de conception, de préparation, d'étude préalable, d'un défaut d'exécution ou d'une négligence ;
- fournir tous les éléments techniques et de faits susceptibles de permettre au tribunal de déterminer les responsabilités encourues et les préjudices allégués ;
- déterminer les mesures et travaux conservatoires de nature à sauvegarder les ouvrages endommagés et éviter toute aggravation de leur état ;
- déterminer les travaux de remise en état et leur coût au moyen de devis contradictoirement débattus.
M. [V] est décédé. M. [M] a été désigné en remplacement le 26 mai 2016.
Devant le premier expert, les parties avaient convenu de faire appel à la société Gagneraud pour une solution «'mur poids'» et que Gagneraud effectuerait alors les travaux clé en mains (sans maîtrise d''uvre) mais que le maître d'ouvrage ferait appel à un contrôleur technique.