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Cour d'appel, chambre 1-1, 8 juillet 2026 — n° 26/03728

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Synthèse de la décision

Question juridique

Y a-t-il lieu à interprétation d'un arrêt d'appel qui a annulé une clause pénale et infirmé le jugement, alors que le codébiteur non appelant n'a pas été concerné par l'appel ?

Principe retenu

L'interprétation d'une décision n'est possible qu'en cas d'ambiguïté ou de contradiction entre les motifs et le dispositif. En l'espèce, l'arrêt n'est pas ambigu : la cour n'était saisie que des chefs du jugement concernant l'appelant, et le dispositif est cohérent avec les motifs. Il n'y a donc pas lieu à interprétation.

Faits clés

  • Un jugement du 6 janvier 2021 a condamné in solidum M. [M] et les consorts [I]-[A] à payer 12 900 euros à la SARL CEC.
  • Seul M. [M] a interjeté appel le 1er avril 2021.
  • Par arrêt du 12 août 2025, la cour d'appel a annulé la clause pénale et infirmé le jugement en ce qu'il condamnait M. [M].
  • Les consorts [I]-[A] n'ont pas interjeté appel et n'ont pas conclu.
  • La SARL CEC a déposé une requête en interprétation de l'arrêt, estimant une contradiction entre motifs et dispositif.

Articles cités

article 461 du code de procédure civile article 562 du code de procédure civile article 4 du code de procédure civile article 5 du code de procédure civile

Dispositif

PAR CES MOTIFS La cour, Vu l'arrêt rendu le 12 août 2025 dans le cadre de la procédure RG 21/04792 ; Déclare recevable la requête en interprétation déposée par la SARL CEC ; Dit n'y avoir lieu à interprétation de l'arrêt rendu ; Rejette la requête présentée par la SARL CEC ; Condamne la SARL CEC à régler la somme de 1 500 euros à M. [M] au titre des frais irrépétibles ; Laisse les dépens à la charge de la SARL CEC. La greffière, La présidente,

Exposé du litige

*** EXPOSÉ DU LITIGE Par jugement en date du 6 janvier 2021, le tribunal judiciaire de Nice a : Condamné in solidum M. [X] [M] d'une part et M. [W] [L] [G] et Mme [U] [A] d'autre part à payer à la SARL CEC la somme de 12.900 euros ; Débouté la SARL CEC de sa demande de dommages-intérêts ; Condamné in solidum . [X] [M] d'une part et M. [W] [L] [G] et Mme [U] [A] d'autre part d'autre part à payer à la SARL CEC la somme de 2000 euros en application de l'article 700 du code de procédure civile ; Débouté M. [X] [M] d'une part et M. [W] [L] [G] et Mme [U] [A] d'autre part de l'ensemble de leurs demandes ; Ordonné l'exécution provisoire ; Condamné M. [X] [M], M. [W] [L] [G] et Mme [U] [A] aux entiers dépens avec distraction. Par déclaration en date du 1er avril 2021, M. [X] [M] a interjeté appel de cette décision. Par arrêt rendu le 12 août 2025, la cour d'appel a : Déclaré recevable la demande nouvelle formée en contestation de la validité de la clause pénale insérée au mandat de vente signé le 14 décembre 2017 entre la SARL CEC et M. [X] [M] ; Infirmé le jugement déféré en toutes ses dispositions soumises à la cour sauf en ce qu'il a débouté la SARL CEC de sa demande de dommages et intérêts ; Statuant à nouveau et y ajoutant, Déclaré nulle la clause pénale insérée au mandat de vente signé le 14 décembre 2017 entre la SARL CEC et M. [X] [M] ; Débouté la SARLCEC de sa demande de condamnation de M. [X] [M] au paiement de la clause pénale insérée au contrat de vente ; Dit n'y avoir lieu d'ordonner le remboursement au profit de M. [X] [M] de toutes les sommes payées par ce dernier à la société CEC en vertu du jugement infirmé; Condamné la SARL CEC aux entiers dépens d'appel et accorde aux avocats qui en ont fait la demande, le bénéfice de l'article 699 du code de procédure civile ; Condamné la SARL CEC à régler à M. [X] [M] la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile ; Débouté la SARL CEC de sa demande fondée sur les dispositions de l'article 700 du code de procédure civile. Par acte en date du 25 mars 2026, la sarl CEC a déposé une requête aux fins d'interprétation de cet arrêt. Dans ses dernières conclusions, notifiées et déposées par voie électronique en date du 22 avril 2026, auxquelles il convient de se référer pour un plus ample exposé des moyens, la sarl CEC demande à la cour de : Débouter M. [M] de l'intégralité de ses demandes ; Statuer sur sa requête en interprétation en la déclarant recevable ; Juger que l'arrêt du 12 août 2025 n'infirme pas le jugement rendu le 6 janvier 2021 concernant les condamnations prononcées à l'encontre de M. [W] [L] [G] et Mme [U] [A] ; Condamner M. [M] à lui régler la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile. Dans dernières conclusions, notifiées et déposées par voie électronique en date du 7 avril 2026, auxquelles il convient de se référer pour un plus ample exposé des moyens, M. [M] demande à la cour de : Juger qu'il n'y a pas lieu à interprétation de l'arrêt déjà rendu entre les parties le 12 août 2025, lequel ne présente pas d'ambiguïté ou d'obscurité, et n'appelle aucune interprétation ; A titre principal, Juger irrecevable la requête en interprétation déposée par la SARL CEC ; A titre subsidiaire, Rejeter la requête en interprétation déposée par la SARL CEC ; Dans tous les cas, Condamner la SARL CEC à lui payer la somme de 1 500 euros au titre de l'article 700 du Code de Procédure Civile ; Condamner la SARL CEC aux entiers dépens. L'affaire a été appelée à l'audience du 4 mai 2026.

Motivations de la décision

MOTIFS Moyens des parties La société CEC expose que le tribunal a prononcé des condamnations in solidum contre M. [M], M. [L] [G] et Mme [A], que seul M. [M] a interjeté appel contre cette décision et n'a pas intimé les autres défendeurs, et que suite à l'infirmation du jugement, M. [M] sollicite le remboursement des condamnations de première instance et les trois défendeurs s'estiment libérés de toute condamnation. Elle ajoute que le jugement est par principe définitif à l'encontre d'un codébiteur qui a négligé de faire appel et conteste le moyen tiré de l'indivisibilité de l'arrêt, relevant que les condamnations de première instance sont fondées sur des textes distincts. Elle relève enfin que la cour a précisé que l'infirmation portait sur les dispositions qui lui étaient soumises, soit dans les limites de sa saisine. M. [M] estime qu'il n'y a pas lieu à interprétation, en l'absence de toute ambiguïté, la cour ayant infirmé l'ensemble des dispositions qui lui étaient soumises, alors que sa déclaration d'appel mentionnait expressément les chefs de jugement critiqués, tendant à sa condamnation in solidum avec les consorts [C][A], le jugement les ayant tous trois condamnés au titre de la clause pénale alors que seul M. [M] était contractuellement lié à l'agence immobilière. Il ajoute qu'il ne peut exister d'incompatibilité de décisions si les consorts [C][A] demeuraient condamnés au titre d'une clause pénale. Réponse de la cour Une contradiction entre un motif et le dispositif d'une décision peut, en application de l'article 461 du code de procédure civile, donner lieu à une requête en interprétation. Aucun moyen fondant la demande d'irrecevabilité soulevée, il convient de déclarer recevable la requête déposée. Par ailleurs, lorsque la contradiction apparente entre les motifs et le dispositif ne résulte que d'une erreur matérielle facile à réparer, l'article 462 du code de procédure civile autorise le juge à procéder à une rectification. En l'espèce, la cour a été saisie d'un appel par M. [M], lequel n'a pas intimé les consorts [I]-[A], ceux-ci n'ayant par ailleurs pas davantage interjeté appel principal. L'article 562 du code de procédure civile dispose que « l'appel ne défère à la cour que la connaissance des chefs du jugement qu'il critique expressément ou implicitement et de ceux qui en dépendent ». Cet article doit être associé aux dispositions de l'article 4 du même code, lequel dispose que 'l'objet du litige est déterminé par les prétentions respectives des parties. Ces prétentions sont fixées par l'acte introductif et par les conclusions en défense', tandis que l'article 5 dudit code ajoute que 'le juge doit se prononcer sur tout ce qui est demandé et seulement sur ce qui est demandé'. Il résulte de ces dispositions combinées que la cour n'était saisie d'aucun appel de la part des consorts [I]-[A], que ceux-ci ne lui ont soumis aucun chef du jugement, de sorte qu'elle n'a statué que sur les chefs de jugement visant M. [M], étant rappelé que les parties ne peuvent formuler de demandes qu'à leur profit. Il n'existe donc aucune contradiction entre les motifs de l'arrêt, statuant sur la validité de la clause pénale contenue au mandat de vente, et le dispositif de celui-ci, annulant ladite clause et infirmant le jugement des dispositions soumises à la cour, étant rappelé que le jugement est définitif contre un codébiteur qui n'a pas interjeté appel, y compris si ledit jugement a été réformé sur appel du codébiteur. Il convient donc de dire n'y avoir lieu à interprétation, et de rejeter la requête. En conséquence, la société CEC sera condamnée à régler la somme de 1 500 euros à M. [M] au titre des frais irrépétibles exposés. Les dépens seront laissés à la charge de la société CEC.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une requête en interprétation d'arrêt ?
C'est une demande adressée à la cour qui a rendu l'arrêt pour clarifier une ambiguïté ou une contradiction entre les motifs et le dispositif. Elle n'est recevable que si la décision est réellement obscure.
Dans quels cas la cour accepte-t-elle d'interpréter un arrêt ?
Seulement s'il existe une ambiguïté ou une contradiction réelle entre les motifs et le dispositif. En l'espèce, la cour a rejeté la requête car l'arrêt était clair : il ne concernait que l'appelant, pas le codébiteur non appelant.
Mon codébiteur n'a pas fait appel, l'arrêt qui infirme le jugement me concerne-t-il ?
Non, si vous n'avez pas interjeté appel et n'avez pas conclu, l'arrêt ne vous concerne pas. Le jugement reste définitif à votre égard, même s'il est réformé pour l'appelant.
Quels sont les frais à payer si ma requête en interprétation est rejetée ?
Vous pouvez être condamné à payer des frais irrépétibles à l'autre partie (ici 1 500 euros) et aux dépens de l'instance.
Comment contester une clause pénale dans un mandat de vente ?
Vous pouvez demander son annulation si elle est abusive ou disproportionnée. Dans cette affaire, la cour d'appel a annulé la clause pénale au motif qu'elle était nulle.
Que signifie 'n'y avoir lieu à interprétation' ?
Cela signifie que la cour estime que l'arrêt est clair et sans ambiguïté, et qu'il n'est pas nécessaire de l'interpréter. La requête est donc rejetée.
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