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Cour d'appel, rétention administrative, 7 juillet 2026 — n° 26/01135

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Synthèse de la décision

Question juridique

Le placement en rétention administrative d'un étranger faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français est-il légal et justifié, et peut-il bénéficier d'une assignation à résidence ?

Principe retenu

La décision de placement en rétention doit être écrite et motivée, et l'autorité signataire doit être compétente. L'absence de garanties de représentation suffisantes (notamment l'absence de passeport valide, de domicile stable, ou de liens familiaux solides) justifie le maintien en rétention et exclut l'assignation à résidence.

Faits clés

  • Monsieur [X] [W], de nationalité tunisienne, a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 1er juillet 2026
  • Il a été placé en rétention administrative le même jour
  • L'appelant conteste la compétence de la signataire de l'arrêté de placement en rétention
  • Il critique l'insuffisance de motivation de l'arrêté et l'absence d'examen individuel de sa situation
  • Il demande une assignation à résidence, mais ne présente pas de garanties de représentation suffisantes (absence de passeport valide, de domicile stable, de liens familiaux solides)

Articles cités

article L.741-6 du CESEDA article L.743-13 du CESEDA article L.743-7 du CESEDA article 9 du code de procédure civile

Dispositif

PAR CES MOTIFS Statuant publiquement par décision Contradictoire en dernier ressort, après débats en audience publique, Confirmons l'ordonnance du magistrat désigné pour le contrôle des mesures d'éloignement et de rétention en date du 05 Juillet 2026; Ecartons la demande d'assignation à résidence. Les parties sont avisées qu'elles peuvent se pourvoir en cassation contre cette ordonnance dans un délai de 2 mois à compter de cette notification, le pourvoi devant être formé par déclaration au greffe de la Cour de cassation, signé par un avocat au conseil d'Etat ou de la Cour de cassation. La greffière La présidente Reçu et pris connaissance le : Monsieur [X] [W] Assisté d'un interprète COUR D'APPEL D'AIX-EN-PROVENCE Chambre 1-11, Rétentions Administratives Palais Verdun , bureau 443 Téléphone : [XXXXXXXX01] - [XXXXXXXX02] - [XXXXXXXX03] Courriel : [Courriel 1] Aix-en-Provence, le 07 Juillet 2026 À - PREFECTURE DES ALPES MARITIMES - Monsieur le directeur du centre de rétention administrative de [Localité 1] - Monsieur le procureur général - Monsieur le greffier du Magistrat du siège du tribunal judiciaire chargé du contrôle des mesures privatives et restrictives de libertés de NICE - Maître [E] [K] NOTIFICATION D'UNE ORDONNANCE J'ai l'honneur de vous notifier l'ordonnance ci-jointe rendue le 07 Juillet 2026, suite à l'appel interjeté par : Monsieur [X] [W] né le 08 Juin 1989 à [Localité 2] (TUNISIE), de nationalité Tunisienne Je vous remercie de m'accuser réception du présent envoi. La greffière, VOIE DE RECOURS Nous prions Monsieur le directeur du centre de rétention administrative de bien vouloir indiquer au retenu qu'il peut se pourvoir en cassation contre cette ordonnance dans un délai de 2 mois à compter de cette notification, le pourvoi devant être formé par déclaration au greffe de la Cour de cassation. [Adresse 2]

Exposé du litige

PROCÉDURE ET MOYENS Vu les articles L 740-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA); ; Vu l'arrêté portant obligation de quitter le territoire national pris le 01 juillet 2026 par la PREFECTURE DES ALPES MARITIMES, notifié le même jour à 18h00 ; Vu la décision de placement en rétention prise le 1er juillet 2026 par la PREFECTURE DES ALPES MARITIMES notifiée le même jour à 18h00; Vu l'ordonnance du 05 Juillet 2026 rendue par le magistrat désigné pour le contrôle des mesures d'éloignement et de rétention décidant le maintien de Monsieur [X] [W] dans des locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire ; Vu l'appel interjeté le 06 Juillet 2026 à 11h49 par Monsieur [X] [W] ; Monsieur [X] [W] a comparu et a été entendu en ses explications. Son avocat a été régulièrement entendu ; il a soutenu oralement les moyens repris dans l'acte d'appel. Le représentant de la préfecture a sollicité la confirmation de la décision déférée en répondant aux moyens relatifs à la légalité de la décision de placement en rétention, la compétence de l'autorité signataire de l'arrêté, et la demande d'assignation à résidence.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DÉCISION La recevabilité de l'appel La recevabilité de l'appel contre l'ordonnance du magistrat désigné pour le contrôle des mesures d'éloignement et de rétention n'est pas contestée et les éléments du dossier ne font pas apparaître d'irrégularité. Le bien-fondé de l'appel 1) la mesure de placement en rétention * la légalité externe: l'incompétence de l'auteur de l'arrêté de placement en rétention du 1er juillet 2026 La décision de placement en rétention critiquée a été signée par Madame [U] [J], cheffe du bureau de l'éloignement, du contentieux et du séjour. Or, l'appelant, sur lequel repose la charge de la preuve au visa des dispositions de l'article 9 du code de procédure civile, ne rapporte pas la preuve de l'incompétence de la signataire de l'arrêté alors que celui-ci est consultable car publié. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté du 1er juillet 2026 sera donc écarté. * la légalité externe: la motivation et l'examen individuel du retenu L'article L.741-6 du CESEDA précise que la décision de placement en rétention doit être écrite et motivée. En l'espèce, le retenu critique l'arrêté du 1er juillet 2026 en affirmant que celui-ci n'est pas suffisammement motivé et qu'il n'a pas été opéré par l'administration un examen sérieux de sa siuation individuelle et familiale. Il sera relevé que M.[X] [W] a été entendu dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte pour destruction de biens par incendie; il a déclaré le 30 juin 2026 qu'il était célibataire, qu'il résidait avec son frère [Adresse 1] à [Localité 1] ( lieu de l'incendie) et qu'il avait deux enfants de 8 ans et 1 an, aucun n'étant à sa charge; sa situation a été confirmée par son frère [R] [W] entendu le 30 juin 2026, qui a déclaré qu'il vivait effectivement avec son frère [Adresse 1] à [Localité 1] et qu'à cet endroit, il n'y avait pas d'autres personnes, hormis des cousins de passage. Dans son arrêté, l'autorité préfectorale précise que M.[X] [W] est sans document d'identité, qu'il ne justifie pas d'une entrée régulière en France, qu'il n'a effectué aucune démarche depuis 20 ans pour régulariser sa situation, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective ( son logement à [Localité 1] a été détruit par l'incendie); elle ajoute que l'intéressé ne justifie pas contribuer à l'entretien et l'éducation d'enfants et ne démontre pas la réalité des liens avec ses enfants, qu'il ne démontre pas avoir l'autorité parentale, qu'il ne démontre pas avoir une cellule famiale stable en France ni qu'il ne pourrait mener dans son pays une vie privée et familiale; enfin, l'administration ajoute que la preuve d'une atteinte à l'intérêt de l'enfant n'est pas rapportée. La critique faite par l'appelant quant à l'absence de motivation et la non prise en compte par l'administration des éléments de sa situation personnelle et familiale tels que communiqués par lui, est donc inopérante; les éléments communiqués par M.[X] [W] sont ceux exposés par lui auprès des forces de l'ordre ainsi que rappelé ci-dessus; l'intéressé n'a en effet pas justifié de la éralité d'une vie familiale stable en France, même s'il a déclaré travailler, avoir deux enfants et ' des ex-femmes'. Quant à l'atteinte à la vie privée et familiale alléguée par le retenu, elle ne résulterait en réalité pas du placement en rétention, par nature provisoire, puisque les enfants du retenu peuvent venir voir leur père en rétention, mais de la mesure d'éloignement Or, l'atteinte à la vie privée et familiale au regard de la mesure d'éloignement relève de l'examen de la juridiction administrative et non de l'autorité judiciaire. A ce sujet, il sera noté que l'autorité judiciaire administrative saisi d'un recours a écarté celui-ci le 6 juillet 2026. L'atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale du fait de la mesure de rétention n'est donc en réalité pas établie en l'espèce. 2) l'ordonnance du 1er juillet 2026 Les moyens soulevés par l'appelant pour contester la mesure initiale de placement en rétention en sont pas opérants ainsi que vu plus haut. S'agisant d'une première prolongation de la rétention, il appartenait au premier juge de vérifier si la demande de prolongation de la rétention initiale était régulière, fondée sur des pièces justificatives, et que toutes diligences avaient été faites aux fins pour organiser le départ de l'étranger. Le premier juge a opéré ces vérifications et sa décision est fondée en droit et en fait; l'appelant ne développe d'ailleurs pas de moyen sérieux en appel permettant de contester ce contrôle de régularité effectuée par le premier juge et le bien fondé de la décision déférée. La décision déférée confirmée. 3) la demande d'assignation à résidence M.[X] [W] affirme qu'il a toutes les garnties de représentaion permettant de l'assigner en résidence, à savoir, un domicile qui serait celui d'une compagne résidant à [Localité 3] et une vie familiale stable depuis des années. Or, outre le fait que M.[X] [W] n'exprime aucune volonté de repartir dans son pays d'origine, les documents qu'il produit sur la stablité de sa vie familiale sont à prendre avec prudence vu l'incohérence de ses propos et le fait qu'il affirme partager la vie d'une compagne qui ne réside pas à [Localité 1] alors qu'il était lui-même dans un appartement sis à [Localité 1] où il a précisé vivre avec son frère sans femme nj enfant; il n'a enfin pas produit de passeport. L'appelant n'a donc pas de garanties de représentation suffisantes au sens de l'article L.743-13 du CESEDA permettant de penser qu'il exécuterait les mesures d'éloignement prises à son égard. La demande d'assignation à résidence sera donc rejetée.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une obligation de quitter le territoire français (OQTF) ?
Une OQTF est une décision administrative par laquelle la préfecture ordonne à un étranger en situation irrégulière de quitter la France. Elle peut être assortie d'un délai de départ volontaire ou non.
Puis-je contester mon placement en rétention administrative ?
Oui, vous pouvez faire appel de l'ordonnance du juge des libertés et de la détention qui a ordonné votre maintien en rétention. L'appel doit être formé dans un délai de 24 heures devant la cour d'appel.
Quelles sont les conditions pour obtenir une assignation à résidence ?
L'assignation à résidence est possible si vous présentez des garanties de représentation suffisantes, comme un passeport valide, un domicile stable, et des liens familiaux ou professionnels solides en France.
Que faire si je n'ai pas de passeport valide ?
L'absence de passeport valide est un obstacle à l'assignation à résidence, car elle ne permet pas de garantir que vous vous présenterez aux autorités. Vous pouvez tenter d'obtenir un laissez-passer auprès de votre consulat.
La préfecture doit-elle motiver sa décision de placement en rétention ?
Oui, en vertu de l'article L.741-6 du CESEDA, la décision de placement en rétention doit être écrite et motivée. Elle doit indiquer les raisons pour lesquelles une assignation à résidence n'est pas possible.
Quel est le délai pour faire appel d'une ordonnance de rétention ?
L'appel doit être interjeté dans un délai de 24 heures à compter de la notification de l'ordonnance du juge des libertés et de la détention. Passé ce délai, l'appel est irrecevable.
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