Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Cour d'appel, chambre sociale, 8 juillet 2026 — n° 25/00147

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge des référés peut-il ordonner le remboursement d'une somme indûment retenue par l'employeur sur le salaire du salarié, selon un échéancier de 10% du salaire net mensuel ?

Principe retenu

Le juge des référés peut ordonner le remboursement d'une somme indûment retenue par l'employeur sur le salaire, dès lors que l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Le remboursement peut être échelonné conformément à l'article L3251-3 du code du travail, qui prévoit un prélèvement maximum de 10% du montant du salaire net.

Faits clés

  • Monsieur [K] [L] était salarié de la Caisse Centrale d'Activités Sociales du Personnel des Industries Electriques et Gazières depuis le 3 mars 2003.
  • Il occupait les fonctions de chef d'équipe.
  • L'employeur a retenu indûment la somme de 5.311,52 euros sur son salaire.
  • Le conseil de prud'hommes d'Ajaccio a ordonné le remboursement de cette somme avec un échéancier de 10% du salaire net mensuel.
  • L'employeur a interjeté appel mais n'a pas contesté le montant ni le principe de l'indu.

Articles cités

article L3251-3 du code du travail article R1455-5 du code du travail article 700 du code de procédure civile

Dispositif

PAR CES MOTIFS La cour, statuant publiquement, par arrêt contradictoire, mis à disposition au greffe le 8 juillet 2026, CONFIRME l'ordonnance rendue le 20 août 2025 par la formation de référé du conseil de prud'hommes d'Ajaccio, telle que déférée, Et y ajoutant, DEBOUTE la Caisse Centrale d'Activités Sociales du Personnel des Industries Electriques et Gazières de sa demande sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile, au titre des frais irrépétibles d'appel, CONDAMNE la Caisse Centrale d'Activités Sociales du Personnel des Industries Electriques et Gazières, prise en la personne de son représentant légal, aux dépens de l'instance d'appel, REJETTE les demandes plus amples ou contraires de la Caisse Centrale d'Activités Sociales du Personnel des Industries Electriques et Gazières. LA GREFFIÈRE P/ LE PRÉSIDENT EMPÊCHÉ

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE Monsieur [K] [L] a été lié à la Caisse Centrale d'Activités Sociales du Personnel des Industries Electriques et Gazières, en qualité d'ouvrier d'entretien, dans le cadre d'une relation de travail à effet du 3 mars 2003. Dans le dernier état de la relation de travail, le salarié occupait les fonctions de chef d'équipe. Monsieur [K] [L] a saisi la formation de référé du conseil de prud'hommes d'Ajaccio, par requête reçue le 12 juin 2025, de diverses demandes. Selon ordonnance du 20 août 2025, la formation de référé du conseil de prud'hommes d'Ajaccio a: -ordonné à la Caisse Centrale d'Activités Sociales du Personnel des Industries Electriques et Gazières ([1]) prise en la personne de son représentant légal le remboursement à Monsieur [K] [L] de la somme de 5.311,52 euros, -ordonné que le remboursement de l'indu fasse l'objet d'un prélèvement conforme à l'article L3251-3 du code du travail, soit 10% du montant du salaire net, -débouté les parties du surplus de leurs demandes, -condamné la Caisse Centrale d'Activités Sociales du Personnel des Industries Electriques et Gazières ([1]) prise en la personne de son représentant légal aux entiers dépens. Par déclaration du 2 septembre 2025 enregistrée au greffe, la Caisse Centrale d'Activités Sociales du Personnel des Industries Electriques et Gazières a interjeté appel de cette ordonnance, aux fins d'infirmation en ce qu'elle a: ordonné à la Caisse Centrale d'Activités Sociales du Personnel des Industries Electriques et Gazières (C.C.A.S.) prise en la personne de son représentant légal le remboursement à Monsieur [K] [L] de la somme de 5.311,52 euros, ordonné que le remboursement de l'indu fasse l'objet d'un prélèvement conforme à l'article L3251-3 du code du travail, soit 10% du montant du salaire net, débouté les parties du surplus de leurs demandes, condamné la Caisse Centrale d'Activités Sociales du Personnel des Industries Electriques et Gazières ([1]) prise en la personne de son représentant légal aux entiers dépens. Aux termes des dernières écritures de son conseil transmises au greffe en date du 29 octobre 2025 auxquelles il convient de se référer pour un plus ample exposé des faits, prétentions et moyens de la partie, la Caisse Centrale d'Activités Sociales du Personnel des Industries Electriques et Gazières a sollicité: -d'infirmer l'ordonnance rendue par le conseil de prud'hommes d'Ajaccio en ce qu'elle a:ordonné à la CCAS le remboursement à Monsieur [K] [L] de la somme de 5.311,52 euros, ordonné que le remboursement de l'indu fasse l'objet d'un prélèvement conforme à l'article L3251-3 du code du travail, soit 10% du montant du salaire net, débouté les parties du surplus de leurs demandes, condamné la CCAS aux entiers dépens, -statuant à nouveau, de débouter Monsieur [K] [L] de l'ensemble de ses demandes, et à titre reconventionnel, de condamner Monsieur [K] [L] à devoir verser à la Caisse Centrale d'Activités Sociales du Personnel des Industries Electriques et Gazières ([1]) une somme de 2.000 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile, de condamner Monsieur [K] [L] aux entiers dépens. Monsieur [K] [L] a été représenté par Madame [B] [H], défenseur syndical, qui n'a toutefois pas conclu dans le cadre de la procédure d'appel. La clôture de l'instruction a été ordonnée le 3 février 2026, et l'affaire fixée à l'audience de plaidoirie du 12 mai 2026, où la décision a été mise en délibéré par mise à disposition au greffe au 8 juillet 2026.

Motivations de la décision

MOTIFS A titre liminaire, il convient de constater que l'intimé a déposé son dossier à l'audience de plaidoiries. La cour ne peut tenir compte des éléments y figurant, en l'absence de conclusions d'appel de l'intimé et des pièces communiquées par cette partie dans le cadre de la procédure d'appel. Les dispositions du dernier alinéa l'article 954 du code de procédure civile ne modifient pas cette analyse. Il sera utilement rappelé que la cour, saisie d'un appel d'une ordonnance de référé, doit statuer dans le cadre contraint fixé par les articles R1455-5 et suivants du code du travail. En vertu des articles R1455-5 du code du travail, dans tous les cas d'urgence, la formation en référé peut, dans la limite de la compétence du conseil des prud'hommes, ordonner toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l'existence d'un différend ; l'article R1455-7 du code du travail dispose quant à lui que, dans le cas où l'obligation n'est pas sérieusement contestable, la formation de référé peut accorder une provision au créancier ou ordonner l'exécution de l'obligation, même s'il s'agit d'une obligation de faire. Parallèlement, l'article R1455-6 du code du travail prévoit que la formation en référé peut toujours, même en présence d'une contestation sérieuse, prescrire les mesures conservatoires ou de remise en état qui s'imposent pour prévenir un dommage imminent ou faire cesser un trouble manifestement illicite. En l'espèce, à l'appui de sa critique de l'ordonnance rendue par la formation de référé, la Caisse Centrale d'Activités Sociales du Personnel des Industries Electriques et Gazières se prévaut des dispositions des articles L3252-2 et suivants du code du travail et R3252-2 dudit code. Toutefois, ces articles, relatifs aux saisies et cessions, n'apparaissent pas applicables aux retenues, effectuées à compter de septembre 2024, par cet employeur sur les salaires de Monsieur [L], au titre d'un trop perçu du salarié (dont le montant, de 12.144,33 euros, n'est pas contesté), trop perçu qui s'analyse en une avance en espèces et donc relève des dispositions de l'article L3251-3 du code du travail, qui prévoit des retenues successives ne pouvant dépasser le 10ème des montants des salaires exigibles, comme observé pertinemment par les premiers juges. L'employeur n'argue pas, ni a fortiori ne démontre de retenues opérées par ses soins sur les salaires de Monsieur [L] ayant respecté le cadre de l'article L3251-3 précité, les retenues opérées l'ayant été, selon ses écritures mêmes, sur le fondement d'une quotité saisissable de 484,11 euros, excédant nettement le plafond édicté par cet article, compte tenu des salaires de Monsieur [L] tels que ressortant de ses bulletins de paie sur la période concernée. Pas davantage, l'employeur n'argue d'une absence de réunion, au cas d'espèce, des conditions fixées par l'article R1455-5 du code du travail, ni ne remet en cause, en lui-même, le montant de 5.311,25 euros retenu par les premiers juges au titre du remboursement décidé par leurs soins. Dans ces conditions, l'ordonnance, non utilement querellée, ne pourra qu'être confirmée en ses dispositions critiquées au principal. La Caisse Centrale d'Activités Sociales du Personnel des Industries Electriques et Gazières, partie succombante, sera condamnée aux dépens de première instance (l'ordonnance entreprise étant confirmée sur ce point) et aux dépens de l'instance d'appel. L'équité ne commande pas de prévoir de condamnation sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile au titre des frais irrépétibles de première instance (l'ordonnance entreprise étant confirmé en ses dispositions querellées sur ce point) et d'appel. La Caisse Centrale d'Activités Sociales du Personnel des Industries Electriques et Gazières sera déboutée de ses demandes plus amples ou contraires à ces égards.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une retenue indue sur salaire ?
Une retenue indue est un prélèvement effectué par l'employeur sur le salaire du salarié sans justification légale ou contractuelle. Dans cette affaire, l'employeur avait retenu 5.311,52 euros sans motif valable.
Puis-je obtenir le remboursement d'une retenue indue en référé ?
Oui, si l'obligation de remboursement n'est pas sérieusement contestable. Le juge des référés peut ordonner le remboursement, comme cela a été fait dans cette décision.
Quel est le plafond de prélèvement mensuel pour rembourser une dette salariale ?
Selon l'article L3251-3 du code du travail, le prélèvement ne peut excéder 10% du montant du salaire net. Dans cette affaire, le remboursement a été échelonné à hauteur de 10% du salaire net mensuel.
Que faire si mon employeur ne conteste pas le montant de l'indu ?
Si l'employeur ne conteste pas sérieusement le montant, le juge des référés peut confirmer l'obligation de remboursement. Dans cette décision, l'employeur n'a pas contesté le montant de 5.311,52 euros.
L'employeur peut-il faire appel d'une ordonnance de référé ordonnant le remboursement ?
Oui, l'employeur peut interjeter appel, mais si l'obligation n'est pas sérieusement contestable, la cour d'appel confirmera l'ordonnance, comme cela a été le cas ici.
Quels sont les frais à prévoir dans une procédure de référé prud'homal ?
En général, la partie perdante est condamnée aux dépens. Dans cette affaire, l'employeur a été condamné aux dépens de première instance et d'appel, mais aucune indemnité au titre de l'article 700 du code de procédure civile n'a été accordée.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.