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Cour d'appel, rétention administrative, 6 juillet 2026 — n° 26/01123

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Synthèse de la décision

Question juridique

Le maintien en rétention administrative est-il justifié en l'absence de perspective prochaine d'éloignement malgré les diligences de l'administration ?

Principe retenu

L'administration doit exercer toutes diligences pour que la rétention ne dure que le temps strictement nécessaire au départ de l'étranger. Le juge vérifie concrètement ces diligences. En l'espèce, les autorités consulaires algériennes ont été saisies et relancées, mais aucune réponse n'a été obtenue ; toutefois, la mesure est maintenue en raison de l'absence de garanties de représentation et de la menace à l'ordre public.

Faits clés

  • Monsieur [C] [D], ressortissant algérien, a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français et d'une interdiction du territoire prononcée le 6 juin 2025.
  • Il a été placé en rétention administrative le 4 juin 2026.
  • Les autorités consulaires algériennes ont été saisies d'une demande de laissez-passer mais n'ont pas répondu malgré une relance.
  • Monsieur [D] ne présente pas de garanties de représentation et a un casier judiciaire chargé (vols aggravés, violences).
  • L'appelant conteste le maintien en rétention faute de perspective d'éloignement.

Articles cités

article L741-3 du CESEDA article L743-7 du CESEDA articles L 740-1 et suivants du CESEDA

Dispositif

PAR CES MOTIFS Statuant publiquement par décision Contradictoire en dernier ressort, après débats en audience publique, Confirmons l'ordonnance du magistrat désigné pour le contrôle des mesures d'éloignement et de rétention en date du 04 Juillet 2026. Les parties sont avisées qu'elles peuvent se pourvoir en cassation contre cette ordonnance dans un délai de 2 mois à compter de cette notification, le pourvoi devant être formé par déclaration au greffe de la Cour de cassation, signé par un avocat au conseil d'Etat ou de la Cour de cassation. Le greffier Le président Reçu et pris connaissance le : Monsieur [C] [D] Assisté d'un interprète COUR D'APPEL D'AIX-EN-PROVENCE Chambre 1-11, Rétentions Administratives Palais Verdun , bureau 443 Téléphone : [XXXXXXXX01] - [XXXXXXXX02] - [XXXXXXXX03] Courriel : [Courriel 1] Aix-en-Provence, le 06 Juillet 2026 À - PREFECTURE DES BOUCHES DU RHONE - Monsieur le directeur du centre de rétention administrative de [Localité 1] - Monsieur le procureur général - Monsieur le greffier du Magistrat du siège du tribunal judiciaire chargé du contrôle des mesures privatives et restrictives de libertés de MARSEILLE - Maître [P] [G] NOTIFICATION D'UNE ORDONNANCE J'ai l'honneur de vous notifier l'ordonnance ci-jointe rendue le 06 Juillet 2026, suite à l'appel interjeté par : Monsieur [C] [D] né le 26 Septembre 2000 à [Localité 2] (99) de nationalité Algérienne Je vous remercie de m'accuser réception du présent envoi. Le greffier, VOIE DE RECOURS Nous prions Monsieur le directeur du centre de rétention administrative de bien vouloir indiquer au retenu qu'il peut se pourvoir en cassation contre cette ordonnance dans un délai de 2 mois à compter de cette notification, le pourvoi devant être formé par déclaration au greffe de la Cour de cassation. [Adresse 1]

Exposé du litige

PROCÉDURE ET MOYENS Vu les articles L 740-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ; Vu l'arrêté portant obligation de quitter le territoire national pris le Vu la décision rendue par le Tribunal correctionnel de MARSEILLE en date du 06 juin 206 et pronçant l'interdiction du territoire national ; Vu la décision de placement en rétention prise le 04 Juin 2026 par PREFECTURE DES BOUCHES DU RHONE notifiée le 05Juin 2026 à 09h13; Vu l'ordonnance du 04 Juillet 2026 rendue par le magistrat désigné pour le contrôle des mesures d'éloignement et de rétention décidant le maintien de Monsieur [C] [D] dans des locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire ; Vu l'appel interjeté le 04 Juillet 2026 à 16h42 par Monsieur [C] [D] ; Monsieur [C] [D] a comparu et a été entendu en ses explications: 'je n'ai rien à dire' Son avocat a été régulièrement entendu. Il fait valoir que si les relations diplomatioque entre l'Algérie et la France seraient en train de s'améliorer, on n'a toutefois pas d'avancement concret et M.[D] n'aura pas de laissez-passer car il n'a pas vu de représentation consulaire algérien. Je demande la remise en liberté de M. [D]. Le représentant de la préfecture sollicite le maintien de la mesure de rétention dans l'attente de la réponse du consulat qui a été relancé à cete fin.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DÉCISION La recevabilité de l'appel contre l'ordonnance du magistrat désigné pour le contrôle des mesures d'éloignement et de rétention n'est pas contestée et les éléments du dossier ne font pas apparaître d'irrégularité. L'article L. 741-3 du CESEDA dispose : 'Un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ. L'administration exerce toute diligence à cet effet." Il appartient au juge, en application des dispositions précitées de rechercher concrètement les diligences accomplies par l'administration pour permettre que l'étranger ne soit maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ. Cela induit, sauf circonstances insurmontables, la production de pièces par l'administration qui établissent ces diligences, en fonction de la situation de l'étranger. En l'espèce, il résulte de la procédure que les autorités consulaires algériennes ont été saisies d'une demande de laissez-passer le 21 mai 2026. Ces autorités ont été relancées le 5 juin 2026 et le 30 juin 2026 de sorte que les diligences requises ont été régulièrement effectuées par l'administration préfectorale. Malgré les diligences accomplies, il n'a pas été possible de procéder à l'exécution de la mesure d'éloignement dans les délais. Il n'appartient pas aux autorités françaises d'adresser des injonctions aux autorités étrangères de réaliser la mission dont elles sont en charge et notamment la délivrance des documents de voyage de leurs ressortissants. Les difficultés actuellement constatées pour obtenir des laissez-passer consulaires des services consulaires algériens peuvent cesser à tout moment et il n'est en conséquence aucunement établi qu'il n'existerait pas de perspectives d'éloignement, la durée légale maximum de la mesure étant de trois mois. Le maintien en rétention de M. [D] est justifié et n'est pas disproportionné dès lors qu'il a déjà fait l'objet de mesures d'éloignement le 5 novembre 2024 et le 24 février 2025 auxquelles il n'a pas déféré, qu'il n'a pas respecté une précédente mesure d'assignation à résidence, qu'il a été condamné plusieurs fois pour vols aggravés et violences aggravées sous différentes identités, et en dernier lieu le 6 juin 2025 par le tribunal correctionnel de Marseille à douze mois d'emprisonnement assortis d'une interdiction du territoire français.

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour qu'un étranger soit maintenu en rétention administrative ?
Le maintien en rétention est possible si l'administration justifie de diligences suffisantes pour organiser l'éloignement et si l'étranger ne présente pas de garanties de représentation. En l'espèce, la préfecture a saisi le consulat algérien et relancé, mais l'absence de réponse ne suffit pas à lever la rétention compte tenu du passé pénal et de l'absence de garanties.
Que faire si le consulat de mon pays ne délivre pas de laissez-passer ?
Vous pouvez contester le maintien en rétention en invoquant l'absence de perspective d'éloignement. Cependant, le juge vérifie les diligences de l'administration. Si elle a saisi et relancé le consulat, la rétention peut être maintenue, surtout si vous présentez un risque pour l'ordre public.
Qu'est-ce que l'article L741-3 du CESEDA ?
Cet article dispose qu'un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ et que l'administration doit exercer toutes diligences à cet effet. Le juge contrôle concrètement ces diligences.
Puis-je être libéré si l'administration ne fait pas assez de démarches pour mon éloignement ?
Oui, si l'administration ne prouve pas avoir accompli les diligences nécessaires, le juge peut ordonner votre remise en liberté. Dans cette affaire, la préfecture a prouvé avoir saisi et relancé le consulat, donc la rétention a été maintenue.
Mon casier judiciaire peut-il influencer la décision de maintien en rétention ?
Oui, le juge prend en compte la menace à l'ordre public. Monsieur [D] avait été condamné pour vols et violences, ce qui a été retenu comme élément justifiant le maintien en rétention, en plus de l'absence de garanties de représentation.
Quel est le délai pour faire appel d'une ordonnance de maintien en rétention ?
L'appel doit être interjeté dans un délai de 24 heures suivant la notification de l'ordonnance. En l'espèce, l'appel a été formé le jour même de l'ordonnance.
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