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Cour d'appel, rétention administrative, 9 juillet 2026 — n° 26/01146

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Synthèse de la décision

Question juridique

La préfecture a-t-elle accompli les diligences nécessaires pour permettre l'exécution de la mesure d'éloignement, justifiant la prolongation de la rétention administrative ?

Principe retenu

La prolongation de la rétention administrative est subordonnée à la démonstration par l'autorité administrative de diligences suffisantes pour exécuter la mesure d'éloignement. En l'espèce, la préfecture a justifié avoir sollicité un laissez-passer consulaire et effectué une demande de bornage Eurodac, ce qui constitue des diligences suffisantes.

Faits clés

  • Monsieur [H] [P], de nationalité tunisienne, a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 28 août 2024.
  • Il a été placé en rétention administrative le 4 juillet 2026.
  • La préfecture a sollicité un laissez-passer consulaire auprès des autorités tunisiennes.
  • Une demande de bornage Eurodac a été effectuée.
  • Monsieur [P] a déclaré avoir des papiers italiens et un enfant en Italie.

Articles cités

article L743-7 du CESEDA articles L 740-1 et suivants du CESEDA

Dispositif

Déclarons recevable la requête préfectorale; Confirmons l'ordonnance du magistrat désigné pour le contrôle des mesures d'éloignement et de rétention en date du 08 Juillet 2026. Les parties sont avisées qu'elles peuvent se pourvoir en cassation contre cette ordonnance dans un délai de 2 mois à compter de cette notification, le pourvoi devant être formé par déclaration au greffe de la Cour de cassation, signé par un avocat au conseil d'Etat ou de la Cour de cassation. La Greffière La Conseillère Reçu et pris connaissance le : Monsieur [H] [P] Assisté d'un interprète COUR D'APPEL D'AIX-EN-PROVENCE Chambre 1-11, Rétentions Administratives Palais Verdun , bureau 443 Téléphone : [XXXXXXXX01] - [XXXXXXXX02] - [XXXXXXXX03] Courriel : [Courriel 1] Aix-en-Provence, le 09 Juillet 2026 À - PREFECTURE DES ALPES MARITIMES - Monsieur le directeur du centre de rétention administrative de [Localité 1] - Monsieur le procureur général - Monsieur le greffier du Magistrat du siège du tribunal judiciaire chargé du contrôle des mesures privatives et restrictives de libertés de MARSEILLE - Maître Marie VALLIER NOTIFICATION D'UNE ORDONNANCE J'ai l'honneur de vous notifier l'ordonnance ci-jointe rendue le 09 Juillet 2026, suite à l'appel interjeté par : Monsieur [H] [P] né le 12 Juin 2026 à [Localité 2] (TUNISIE) (99) de nationalité Tunisienne Je vous remercie de m'accuser réception du présent envoi. Le greffier, VOIE DE RECOURS Nous prions Monsieur le directeur du centre de rétention administrative de bien vouloir indiquer au retenu qu'il peut se pourvoir en cassation contre cette ordonnance dans un délai de 2 mois à compter de cette notification, le pourvoi devant être formé par déclaration au greffe de la Cour de cassation. [Adresse 1]

Exposé du litige

PROCÉDURE ET MOYENS Vu les articles L 740-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ; Vu l'arrêté portant obligation de quitter le territoire national pris le 28 août 2024 par la PREFECTURE DES ALPES MARITIMES, notifié le 29 août 2024 ; Vu la décision de placement en rétention prise le 04 juillet 2026 par la PREFECTURE DES ALPES MARITIMES notifiée le même jour à 16h10 ; Vu l'ordonnance du 08 Juillet 2026 rendue par le magistrat désigné pour le contrôle des mesures d'éloignement et de rétention décidant le maintien de Monsieur [H] [P] dans des locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire ; Vu l'appel interjeté le 08 Juillet 2026 à 16h16 par Monsieur [H] [P] ; Monsieur [H] [P] a comparu et a été entendu en ses explications ; il déclare J'ai des papiers en italie, je paye des impots et c'est la faute de eux, j'ai fait la demande pour avoir une carte de séjour en Italie, je veux rentrer, j'ai déjà le passeport, j'ai un permis de sejour, c'est à cannes qui me l'on pris, quand j'étais a cannes j'avais tous les papiers, si je trouve un boulot je trouve sinon je travaille en italie. Son avocat a été régulièrement entendu ; il conclut à l'infirmation de la décision déférée: La 1ère demande de prolongation de la préfecture, il se prévaut d'un défaut de diligence de la préfecture et de diligence consulaire et des pièces justificatives de la requête. le moyen d'irrecevabilité nouveau est un moyen d'absence de communication de réponse à la demande de bornage Eurodac Il n'y a pas de détail de la préfecture ni d'absence de laisser passer Tunisien, il était en transit en provenance de l'Italie, il a un enfant en Italie, il y a le récepissé de la remise du passeport il n'y a pas de difficulté sur ce point ; Surt l'absence de diligence de la préfecture, il n'y a pas de réponse à la demande de bornage Eurodac, il y a donc une difficulté procédurale je sollicite l'infirmation. Le représentant de la préfecture sollicite : Concernant la requête de prolongation elle est régulière, on a bien un passeport, on a demande une routing, en ce qui concerne le baornage eurodac, il faut attendre la réponse si il y eu un bornage; le passage eurodac n'est pas automatique, il faut en faire la demande, il est arrivé le 4/07. Les diligences ont été effectuées, l'obligation de quitter le territoire qui date de 2024 il ne l'a pas mise en exécution, il doit aller dans son pays d'origine ou soit dans un autre pays où il a un droit de séjour; je demanderai de confirmer l'ordonnance .

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DÉCISION La recevabilité de l'appel contre l'ordonnance du magistrat désigné pour le contrôle des mesures d'éloignement et de rétention n'est pas contestée et les éléments du dossier ne font pas apparaître d'irrégularité. -Sur la recevabilité de la requête préfectorale L'article R.743-2 du CESEDA prévoit que lorsque la requête est formée par l'autorité administrative, elle est accompagnée de toutes pièces justificatives utiles, notamment une copie du registre prévu à l'article L. 744-2 précité. Le juge doit être en mesure de tirer toutes conséquences d'une absence de pièce qui ferait obstacle à son contrôle. La loi ne précise pas le contenu de ces pièces justificatives : il s'agit des pièces nécessaires à l'appréciation par le juge des éléments de fait et de droit dont l'examen lui permet d'exercer pleinement ses pouvoirs. En l'espèce, le retenu vise l'absence de communication des diligences consulaires et de la réponse à sa demande de prise d'empreintes par la borne Eurodac. Il résulte de la procédure que l'administration est en possession d'un passeport original valide de l'intéressé, tunisien, ce qui écarte la nécessité d'une demande de laissez-passer consulaire. Il résulte de la pièce communiquée au débat par le retenu qu'il a a formé une demande de prise d'empreintes par la borne Eurodac le 8 juillet 2026. Aucun élément de la procédure ne permet de retenir qu'une réponse a d'ores et déjà été faite, et donc que la Préfecture aurait dû communiquer ce résultat. La cour constate que la requête préfectorale est bien accompagnée des pièces justificative sutiles, et écarte donc le moyen invoqué. 2- Sur les diligences Aux termes de l'article L741-3 du CESEDA, "Un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ. L'administration exerce toute diligence à cet effet." Il appartient au juge des libertés et de la détention, en application de l'article L. 741-3 du CESEDA de rechercher concrètement les diligences accomplies par l'administration pour permettre que l'étranger ne soit maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ. Cela induit, sauf circonstances insurmontables, la production de pièces par l'administration qui établissent ces diligences, en fonction de la situation de l'étranger. En l'espèce, il résulte de la procédure que, en possession d'un passeport original tunisien valide de l'intéressé, l'administration a sollicité un vol de retour vers ce pays. Le passage à la borne Eurodac ne constitue pas une diligence nécessaire, alors que l'intéressé n'avait pas indiqué lors de son audition du 4 juillet 2026 être titulaire d'un quelconque titre en Italie ni y avoir fait des démarches administratives, précisant au contraire vivre en France depuis 6 ans et vouloir partir en Belgique. Il n'a pas davanatage communiqué de justificatif postérieur. La cour retient donc que les diligences ont été régulièrement effectuées. PAR CES MOTIFS Statuant publiquement par décision Contradictoire en dernier ressort, après débats en audience publique,

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la rétention administrative ?
La rétention administrative est une mesure privative de liberté visant à maintenir un étranger en situation irrégulière dans un centre spécialisé, en vue de son éloignement du territoire.
Quelles sont les conditions pour prolonger une rétention administrative ?
La prolongation est possible si la préfecture démontre avoir accompli des diligences suffisantes pour exécuter la mesure d'éloignement, comme la demande de laissez-passer consulaire ou le bornage Eurodac.
Que faire si la préfecture n'a pas fait les démarches nécessaires ?
Vous pouvez contester la prolongation en invoquant le défaut de diligence. Votre avocat peut soulever ce moyen lors de l'audience devant le juge des libertés et de la détention (JLD) ou en appel.
Qu'est-ce que le bornage Eurodac ?
Le bornage Eurodac est une vérification dans la base de données européenne des empreintes digitales pour déterminer si l'étranger a déjà demandé l'asile dans un autre pays de l'UE.
Puis-je être libéré si j'ai des papiers italiens ?
Avoir des papiers italiens ne garantit pas la libération. La préfecture doit vérifier votre situation et peut demander votre transfert vers l'Italie si vous y avez des droits au séjour.
Quel est le délai pour faire appel d'une ordonnance de maintien en rétention ?
L'appel doit être interjeté dans les 24 heures suivant la notification de l'ordonnance du JLD, par déclaration au greffe de la cour d'appel.
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