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Cour d'appel, rétention administrative, 14 juillet 2026 — n° 26/01162

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Synthèse de la décision

Question juridique

Le maintien en rétention administrative d'un étranger faisant l'objet d'une interdiction du territoire français est-il justifié en l'absence de perspectives raisonnables d'éloignement ?

Principe retenu

Un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ. L'administration doit exercer toutes diligences à cet effet. En l'espèce, les diligences de l'administration auprès des autorités tunisiennes et algériennes sont suffisantes et il existe des perspectives raisonnables d'éloignement.

Faits clés

  • Monsieur [M] [A] est de nationalité tunisienne.
  • Il a été condamné le 19 juillet 2023 à une interdiction du territoire français de 5 ans.
  • Un arrêté portant exécution de l'interdiction du territoire a été pris le 13 mai 2026.
  • Il a été placé en rétention administrative le 13 mai 2026.
  • L'administration a effectué des relances auprès des autorités tunisiennes et algériennes, qui ont indiqué une enquête en cours pour identification.

Articles cités

article L741-3 du CESEDA article L743-7 du CESEDA articles L 740-1 et suivants du CESEDA

Exposé du litige

PROCÉDURE ET MOYENS Vu les articles L 740-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ; Vu le jugement en date du 19 juillet 2023 rendu par le TRIBUNAL CORRECTIONNEL DE NICE ayant condamné Monsieur [M] [A] à une interdiction du territoire français pour une durée de 05 ans ; Vu l'arrêté portant exécution d'une interdiction du territoire français pris le 13 mai 2026 par la PREFECTURE DES ALPES MARITIMES notifié le même jour à 16h42 ; Vu la décision de placement en rétention prise le 13 Mai 2026 par la PREFECTURE DES ALPES MARITIMES notifiée le même jour à 16H42; Vu l'ordonnance du 12 Juillet 2026 rendue par le magistrat désigné pour le contrôle des mesures d'éloignement et de rétention décidant le maintien de Monsieur [M] [A] dans des locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire ; Vu l'appel interjeté le 12 Juillet 2026 à 17 heures 52 par Monsieur [M] [A]; Monsieur [M] [A] a comparu et a été entendu en ses explications ; il déclare je laisse mon avocat parler. Je vous remercie de me donner ma chance. Son avocat a été régulièrement entendu ; il conclut: aucun élément ne permet de penser qu'un laisser passer consulaire pourra intervenir. Il est parti de Tunisie lorsqu'il était mineur, c'est pour cela qu'il n'a pas de papier. Je demande l'infirmation de l'ordonnance. Le représentant de la préfecture sollicite: il n'y a acune absence de diligences auprès des autorités tunisiennes et algériennes ; plusieurs relances et les deux autorités nous ont répondu qu'il y a une enquête en cours pour l'identification. Je vous demande de confirmer l'ordonnance.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DÉCISION La recevabilité de l'appel contre l'ordonnance du magistrat désigné pour le contrôle des mesures d'éloignement et de rétention n'est pas contestée et les éléments du dossier ne font pas apparaître d'irrégularité. Aux termes de l'article L741-3 du CESEDA, "Un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ. L'administration exerce toute diligence à cet effet." C'est à bon droit que le premier juge, par des motifs parfaitement explicités, pertinents en droit et en fait et que la cour adopte, a retenu qu'il existe des perspectives raisonnables d'éloignement de l'intéressé.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Statuant publiquement par décision Contradictoire en dernier ressort, après débats en audience publique, Confirmons l'ordonnance du magistrat désigné pour le contrôle des mesures d'éloignement et de rétention en date du 12 Juillet 2026. Les parties sont avisées qu'elles peuvent se pourvoir en cassation contre cette ordonnance dans un délai de 2 mois à compter de cette notification, le pourvoi devant être formé par déclaration au greffe de la Cour de cassation, signé par un avocat au conseil d'Etat ou de la Cour de cassation. Le greffier Le président

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour qu'un juge ordonne le maintien en rétention ?
Le juge vérifie que l'administration a exercé toutes diligences pour permettre l'éloignement et qu'il existe des perspectives raisonnables d'exécuter la mesure. En l'espèce, la préfecture a effectué des relances auprès des autorités tunisiennes et algériennes, qui ont indiqué une enquête en cours, ce qui a été jugé suffisant.
L'administration doit-elle prouver qu'elle fait des démarches pour mon éloignement ?
Oui, l'article L741-3 du CESEDA impose à l'administration de justifier de ses diligences. Dans cette affaire, la préfecture a produit des preuves de relances auprès des consulats, ce qui a été retenu comme suffisant pour justifier le maintien en rétention.
Que faire si la préfecture ne fait pas assez de diligences pour mon départ ?
Vous pouvez contester le maintien en rétention en faisant valoir l'absence de diligences. Dans cette décision, l'appelant a soulevé ce moyen, mais la cour a estimé que les démarches étaient suffisantes car les autorités consulaires avaient répondu.
Combien de temps peut-on rester en rétention administrative ?
La durée maximale est fixée par le CESEDA, mais elle peut être prolongée si l'administration justifie de diligences et de perspectives d'éloignement. Dans ce cas, le juge a confirmé le maintien en rétention sans préciser de durée, mais en se fondant sur les perspectives raisonnables.
Qu'est-ce qu'une perspective raisonnable d'éloignement ?
C'est la probabilité que l'éloignement puisse être effectué dans un délai prévisible. Ici, les autorités consulaires ont indiqué une enquête en cours pour identification, ce qui laisse espérer la délivrance d'un laissez-passer.
Mon avocat peut-il contester le maintien en rétention ?
Oui, l'avocat peut interjeter appel de l'ordonnance du juge des libertés et de la détention. Dans cette affaire, l'avocat a fait appel en soutenant l'absence de perspectives d'éloignement, mais la cour d'appel a confirmé le maintien.
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