Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Cour d'appel, etrangers, 10 juillet 2026 — n° 26/01049

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

La violation des formalités substantielles lors de la retenue (absence d'avis à parquet et notification des droits) justifie-t-elle la mainlevée de la rétention administrative ?

Principe retenu

En application de l'article L. 743-12 du CESEDA, la violation des formes prescrites par la loi à peine de nullité ou l'inobservation des formalités substantielles ne peut entraîner la mainlevée de la rétention que si elle a eu pour effet de porter substantiellement atteinte aux droits de l'étranger, sans que cette atteinte ait pu être rétablie par une régularisation ultérieure.

Faits clés

  • M. [E] [F], ressortissant algérien né en 2006, a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF) prise le 18 septembre 2025.
  • Il a été placé en rétention administrative le 7 juillet 2026 pour exécution de l'OQTF.
  • Le juge du tribunal judiciaire de Lille a prolongé la rétention pour 26 jours le 9 juillet 2026.
  • L'appelant invoque des nullités de la retenue : absence d'avis à parquet et défaut de notification des droits en retenue.
  • Aucun recours en annulation de l'arrêté de placement en rétention n'a été déposé.

Articles cités

article L.740-1 du CESEDA article L.744-17 du CESEDA article R.740-1 du CESEDA article R.744-47 du CESEDA article R.743-18 du CESEDA article R.743-19 du CESEDA article L.741-10 du CESEDA article 455 du code de procédure civile article L.743-12 du CESEDA article 612 du code de procédure civile article R.743-20 du CESEDA

Exposé du litige

EXPOSÉ DU LITIGE M. [E] [F] a fait l'objet d'un placement en rétention administrative ordonné par M le préfet du Nord le 7 juillet 2026 notifié à cette date à 19h40 pour l'exécution d'une mosure portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours prise par M le Préfet de l' Essonne le 18 septembre 2025 confirmée par le tribunal administratif de Versailles le 13 février 2026. Aucun recours en annulation de l'arrêté de placement en rétention administrative n'a été déposé au visa de l'article L 741-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Vu l'article 455 du code de procédure civile, Vu l'ordonnance du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Lille en date du 9 juillet 2026 à 16h46 déclarant recevable la requête en prolongation et ordonnant une première prolongation du placement en rétention administrative de M. [E] [F] pour une durée de 26 jours à compter du 11 juillet 2026 à 19h40. Vu la déclaration d'appel du conseil de M. [E] [F] du 9 juillet 2026 à 20h26 sollicitant à titre principal l'infirmation de l'ordonnance dont appel ainsi que la mainlevée du placement en rétention administrative. Au soutien de sa déclaration d'appel, l'appelant reprend les moyens de nullité de la retenue tirés de l'absence d'avis à parquet et de notification des droits en retenue.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DÉCISION En application des dispositions de l'article L. 743-12 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en cas de violation des formes prescrites par la loi à peine de nullité ou d'inobservation des formalités substantielles, le magistrat du siège du tribunal judiciaire saisi d'une demande sur ce motif ou qui relève d'office une telle irrégularité ne peut prononcer la mainlevée du placement ou du maintien en rétention que lorsque celle-ci a eu pour effet de porter substantiellement atteinte aux droits de l'étranger dont l'effectivité n'a pu être rétablie par une régularisation intervenue avant la clôture des débats. M. [E] [F] a été interpellé le 7 juillet 2026 à la frontière avec la Belgique pour conduite sous l'emprise de stupéfiants sans permis, recel de vol de véhicule et usurpation de plaque par les services des douanes et remis aux services de police à 8h50. C'est par une analyse circonstanciée et des motifs particulièrement pertinents qu'il convient d'adopter que le premier juge a statué sur les moyens de nullité soulevés devant lui et repris en appel et a pris en considération l'erreur matérielle figurant sur le procès-verbal d'audition du 7 juillet 2026 à 14h20 relatif à une mesure de retenue. En effet, tant le procès-verbal de notification du début de la garde à vue que celui établi à la fin de la garde à vue ainsi que le procès-verbal de synthèse confirment que la rétention a été précédée de la seule mesure de garde à vue le 7 juillet entre 8h10 et 19h40, date à laquelle la notification de la rétention a été effectuée. Au surplus, l'appelant qui a déclaré lors de son audition qu'il s'opposait à son retour dans son pays d'origine et n'a pas présenté de recours contre l' arrêté de placement en rétention ne justifie pas d'une atteinte substantielle à ses droits résultant de l'absence de prise en considération par l' administration de son domicile à [Localité 4]. Il convient de rejeter les moyens de l'appelant. Conformément au droit communautaire, aucun moyen soulevé par les parties ou susceptible d'être relevé d'office ne paraît contraire à la prolongation d'une durée maximale de 26 jours de la rétention administrative qui a été sollicitée par la préfecture. L'ordonnance dont appel sera confirmée. PAR CES MOTIFS DÉCLARONS l'appel recevable ; CONFIRMONS l'ordonnance entreprise. DISONS que la présente ordonnance sera communiquée au ministère public par les soins du greffe ; DISONS que la présente ordonnance sera notifiée dans les meilleurs délais à l'appelant, à son conseil et à l'autorité administrative ;

Dispositif

LAISSONS les dépens à la charge de l'Etat. La greffière La présidente de chambre N° RG 26/01049 - N° Portalis DBVT-V-B7K-W3CG A l'attention du centre de rétention, le vendredi 10 juillet 2026 Bien vouloir procéder à la notification de l'ordonnance en sollicitant, en tant que de besoin,un interprète. Le greffier REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE DU 10 Juillet 2026 ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS (à retourner signé par l'intéressé au greffe de la cour d'appel de Douai par courriel - [Courriel 1]) : Vu les articles 612 et suivants du Code de procédure civile et R. 743-20 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile Pour information : L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur. Reçu copie et pris connaissance le à (heure) : - M. [E] [F] - par truchement téléphonique d'un interprète en tant que de besoin - nom de l'interprète (à renseigner) : - décision transmise par courriel au centre de rétention de pour notification à M. [E] [F] le vendredi 10 juillet 2026 - décision transmise par courriel pour notification à M. [B] et à Maître [C] [X] le vendredi 10 juillet 2026 - décision communiquée au tribunal administratif de Lille - décision communiquée à M. le procureur général - copie au tribunal judiciaire Le greffier, le vendredi 10 juillet 2026

Questions fréquentes

Quels sont les motifs de nullité d'une retenue administrative ?
Les motifs de nullité incluent notamment l'absence d'avis à parquet et le défaut de notification des droits en retenue. Toutefois, la mainlevée n'est prononcée que si ces irrégularités ont porté substantiellement atteinte aux droits de l'étranger, sans possibilité de régularisation.
L'absence d'avis à parquet lors de la retenue entraîne-t-elle automatiquement la mainlevée ?
Non, selon l'article L. 743-12 du CESEDA, la mainlevée n'est pas automatique. Il faut démontrer que l'absence d'avis à parquet a porté une atteinte substantielle aux droits de l'étranger, non rétablie par une régularisation ultérieure.
Que faire si mes droits ne m'ont pas été notifiés lors de la retenue ?
Vous pouvez invoquer ce défaut de notification comme moyen de nullité devant le juge. Cependant, la mainlevée ne sera accordée que si cette omission a gravement nui à vos droits et n'a pas été régularisée.
Comment obtenir la mainlevée de la rétention administrative ?
Vous devez saisir le juge des libertés et de la détention (JLD) ou la cour d'appel en démontrant une irrégularité grave dans la procédure (ex: absence d'avis à parquet, défaut de notification des droits) ayant porté atteinte à vos droits, sans régularisation possible.
Quel est le délai pour faire appel d'une ordonnance de prolongation de rétention ?
L'appel doit être formé dans un délai très court, généralement 24 heures à compter de la notification de l'ordonnance. Dans cette affaire, l'appel a été interjeté le jour même de l'ordonnance.
Un mineur peut-il être placé en rétention administrative ?
Oui, un mineur peut être placé en rétention administrative s'il fait l'objet d'une mesure d'éloignement. Dans cette affaire, M. [F] était âgé de 19 ans au moment des faits (né en 2006), donc majeur.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.