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Cour d'appel, etrangers, 9 juillet 2026 — n° 26/01032

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Synthèse de la décision

Question juridique

L'administration a-t-elle justifié de diligences utiles suffisantes pour justifier la prolongation de la rétention administrative ?

Principe retenu

L'administration doit justifier avoir effectué toutes les diligences utiles pour réduire au maximum la durée de la rétention administrative. En l'espèce, le moyen tiré de l'absence de diligences n'était pas fondé, car l'appelant n'a apporté aucun élément concret à l'appui de ses allégations.

Faits clés

  • M. [Y] [E], de nationalité tunisienne, a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire.
  • Il a été placé en rétention administrative par arrêté du préfet du Pas-de-Calais le 2 juillet 2026.
  • Le juge du tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer a ordonné la première prolongation de la rétention pour 26 jours le 7 août 2026.
  • L'appelant a interjeté appel le 8 juillet 2026, soulevant le moyen de l'absence de diligences de l'administration.
  • L'appelant n'a fourni aucun élément concret pour étayer son moyen, se contentant d'arguments généraux.

Articles cités

article L.741-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.741-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R.743-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R.743-19 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R.743-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article 455 du code de procédure civile article 612 du code de procédure civile

Dispositif

LAISSONS les dépens à la charge de l'Etat. La greffière La conseillère N° RG 26/01032 - N° Portalis DBVT-V-B7K-W262 A l'attention du centre de rétention, le jeudi 09 juillet 2026 Bien vouloir procéder à la notification de l'ordonnance en sollicitant, en tant que de besoin,un interprète. Le greffier REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE DU 09 Juillet 2026 ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS (à retourner signé par l'intéressé au greffe de la cour d'appel de Douai par courriel - [Courriel 1]) : Vu les articles 612 et suivants du Code de procédure civile et R. 743-20 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile Pour information : L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur. Reçu copie et pris connaissance le à (heure) : - M. [Y] [E] - par truchement téléphonique d'un interprète en tant que de besoin - nom de l'interprète (à renseigner) : - décision transmise par courriel au centre de rétention de pour notification à M. [Y] [E] le jeudi 09 juillet 2026 - décision transmise par courriel pour notification à M. LE PREFET DU PAS DE CALAIS et à Maître Coline HUBERT le jeudi 09 juillet 2026 - décision communiquée au tribunal administratif de Lille - décision communiquée à M. le procureur général - copie au tribunal judiciaire Le greffier, le jeudi 09 juillet 2026 '

Exposé du litige

EXPOSÉ DU LITIGE M. [Y] [E], de nationalité tunisienne, né le 08 Septembre 1993 à [Localité 1] (Tunisie), a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, fixant le pays de destination de la reconduite, lui faisant interdiction de retour sur le territoire français et d'un arrêté ordonnant son placement en rétention administrative pour une durée de quatre-vingt seize heures prononcée le 2 juillet 2026 par M. le Préfet du Pas-de-Calais, qui lui a été notifié le 2 juillet 2026 à 16h20. Aucun recours en annulation de l'arrêté de placement en rétention administrative n'a été déposé au visa de l'article L 741-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Vu l'article 455 du code de procédure civile, Vu l'ordonnance du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer en date du 7 août 2026 à 10h33 notifiée à 12H25, autorisant la première prolongation du placement en rétention administrative de l'intéressé pour une durée de 26 jours, Vu la déclaration d'appel de M. [Y] [E] du 8 juillet 2026 à 10h03 sollicitant la réformation de l'ordonnance dont appel, et de dire n'y avoir lieu à maintenir la rétention. Au soutien de son appel, l'appelant soulève le moyen tiré de l'absence de diligences.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DECISION Sur le moyen tiré de l'absence de diligences Il ressort de l'article L 741-3 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'administration doit justifier avoir effectué toutes les 'diligences utiles' suffisantes pour réduire au maximum la période de rétention de l'étranger. Le moyen se borne à exposer des arguments juridiques généraux dépourvus de toute motivation d'espèce en indiquant que 'les diligences nécessaires n'ont pas été effectuées', sans indiquer quelles carences l'appelant estime devoir soulever alors que le premier juge a nécessairement considéré les diligences de l'administration comme suffisantes pour prolonger le placement en rétention administrative . L'appelant n'assortit pas son moyen des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien fondé. Le moyen ne peut donc qu'être écarté. En tout état de cause, en l'absence d'élément nouveau soumis à son appréciation, le magistrat délégataire estime que c'est par une analyse circonstanciée et des motifs pertinents qu'il convient d'adopter au visa de l'article 955 du code de procédure civile que le premier juge a statué sur le fond en ordonnant la prolongation de la rétention en l'attente de réponse à la demande de laissez-passer consulaire faite par l'administration le 2 juillet 2026 à 15h05 auprès des autorités consulaires tunisiennes, l'intéressé étant dépourvu de tout document d'identité ou de voyage Les diligences ont donc bien été effectuées. Conformément au droit communautaire, aucun moyen soulevé par les parties ou susceptible d'être relevé d'office ne paraît contraire à la prolongation de la rétention administrative. PAR CES MOTIFS DÉCLARONS l'appel recevable ; CONFIRMONS l'ordonnance entreprise. DISONS que la présente ordonnance sera communiquée au ministère public par les soins du greffe ; DISONS que la présente ordonnance sera notifiée dans les meilleurs délais à l'appelant, à son conseil et à l'autorité administrative ;

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la rétention administrative ?
La rétention administrative est une mesure privative de liberté visant un étranger faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, dans l'attente de son éloignement. Elle est décidée par l'autorité administrative et contrôlée par le juge judiciaire.
Qu'est-ce que l'absence de diligences de l'administration ?
L'administration doit justifier avoir effectué toutes les diligences utiles pour réduire au maximum la durée de la rétention. L'absence de diligences est un moyen de contestation invoqué par l'étranger pour obtenir la main-levée, mais il doit être étayé par des éléments concrets.
Comment prouver que l'administration n'a pas fait les diligences nécessaires ?
Pour prouver l'absence de diligences, il faut apporter des éléments précis, comme l'absence de démarches pour obtenir un laissez-passer consulaire ou l'organisation du vol d'éloignement. De simples affirmations générales ne suffisent pas.
Quel est le délai pour faire appel d'une ordonnance de prolongation de rétention ?
L'appel doit être formé dans un délai de 24 heures suivant la notification de l'ordonnance de prolongation, conformément aux dispositions du CESEDA.
Que se passe-t-il si l'administration ne fait pas les diligences utiles ?
Si l'administration ne justifie pas de diligences utiles, le juge peut refuser la prolongation de la rétention et ordonner la main-levée de la mesure. Dans cette affaire, le moyen a été rejeté faute de preuves.
Quels sont les recours contre une décision de prolongation ?
L'étranger peut interjeter appel de l'ordonnance de prolongation devant le premier président de la cour d'appel ou son délégué. Le pourvoi en cassation est également possible dans un délai de deux mois.
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