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Cour d'appel, etrangers, 11 juillet 2026 — n° 26/01052

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Synthèse de la décision

Question juridique

Le défaut de diligences de l'administration pour organiser le départ de l'étranger justifie-t-il la main-levée de la rétention administrative ?

Principe retenu

L'autorité administrative doit justifier de diligences suffisantes et continues pour exécuter la mesure d'éloignement. En l'espèce, l'administration a accompli des démarches actives (saisine du consulat, demande de routing, réservation de vol) et a obtenu un laissez-passer consulaire, ce qui démontre des diligences suffisantes. Le moyen tiré du défaut de diligence est donc rejeté.

Faits clés

  • M. [I] [J], ressortissant algérien, a été placé en rétention administrative le 10 juin 2026.
  • Le préfet a saisi le consulat d'Algérie le 12 juin 2026 pour obtenir un laissez-passer consulaire.
  • Un laissez-passer a été délivré le 8 juillet 2026.
  • Un vol a été réservé pour le 14 juillet 2026.
  • L'appelant conteste le défaut de diligences de l'administration.

Articles cités

article L.741-1 du CESEDA article L.731-1 du CESEDA article L.742-4 du CESEDA article R.742-1 du CESEDA article L.743-8 du CESEDA article L.922-3 du CESEDA article R.743-18 du CESEDA article R.743-19 du CESEDA

Exposé du litige

FAITS ET PROCÉDURE Suivant arrêté du préfet du Pas-de-[Localité 4] en date du 10 juin 2026, M. [I] [J], de nationalité algérienne, a été placé en rétention administrative en vue de l'exécution d'une obligation de quitter le territoire français. Par ordonnance du 16 juin 2026, le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer a autorisé la prolongation de la rétention pour une durée de vingt-six jours. Par requête reçue au greffe le 9 juillet 2026, à 11 heures 17, le préfet a saisi le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer d'une demande de prolongation pour une nouvelle durée de trente jours en application des articles L. 742-4 et R. 742-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ordonnance du 10 juillet 2026, notifiée le même jour à 10 heures 20, le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer a autorisé la prolongation de la rétention pour une nouvelle durée de trente jours. Par requête reçue au greffe de la cour d'appel de Douai le 10 juillet 2026, à 13 h 36, M. [I] [J] a relevé appel de cette ordonnance. Il demande de la réformer et de dire n'y avoir lieu à maintien en rétention. En application de l'article 455 du code de procédure civile, il est renvoyé aux prétentions et moyens formulés dans la déclaration d'appel et soutenus à l'audience.

Motivations de la décision

MOTIFS Sur le moyen tiré du défaut de diligence En vertu des articles L. 741-1 et L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'autorité administrative peut placer en rétention, pour une durée de quatre-vingt-seize heures, l'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français prise moins de trois ans auparavant, lorsqu'il ne présente pas de garanties de représentation effectives propres à prévenir un risque de soustraction à l'exécution de la décision d'éloignement et qu'aucune autre mesure n'apparaît suffisante à garantir. En application des articles L. 742-1 et L. 742-3 du même code le maintien en rétention au-delà de quatre-vingt-seize heures à compter de la notification de la décision de placement initial peut être autorisé par le magistrat du siège du tribunal judiciaire saisi à cette fin et la prolongation court pour une période de vingt-six jours à compter de l'expiration du délai de quatre-vingt-seize heures mentionné à l'article L. 741-1. L'article L. 742-4 dispose quant à lui que le magistrat du siège du tribunal judiciaire peut, dans les mêmes conditions qu'à l'article L. 742-1, être à nouveau saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de trente jours, dans les cas suivants : 1° En cas d'urgence absolue ou de menace pour l'ordre public ; 2° Lorsque l'impossibilité d'exécuter la décision d'éloignement résulte de la perte ou de la destruction des documents de voyage de l'intéressé, de la dissimulation par celui-ci de son identité ou de l'obstruction volontaire faite à son éloignement ; 3° Lorsque la décision d'éloignement n'a pu être exécutée en raison : a) du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé ou lorsque la délivrance des documents de voyage est intervenue trop tardivement pour procéder à l'exécution de la décision d'éloignement ; b) de l'absence de moyens de transport. L'étranger peut être maintenu à disposition de la justice dans les conditions prévues à l'article L. 742-2. Si le juge ordonne la prolongation de la rétention, celle-ci court à compter de l'expiration de la précédente période de rétention et pour une nouvelle période d'une durée maximale de trente jours. La durée maximale de la rétention n'excède alors pas soixante jours. Selon l'article L. 741-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ, l'administration exerçant toute diligence à cet effet. Il suffit, pour que soit autorisée la deuxième prolongation de la rétention administrative, qu'il ressorte suffisamment des pièces de la procédure que l'administration a effectué toutes les diligences nécessaires à l'exécution de la mesure d'éloignement et qu'il soit démontré que ces diligences n'ont pas encore reçu satisfaction de la part des autorités étrangères requises, et ce sans faute ou négligence de la part de l'Etat requérant. En l'espèce, il ressort des pièces produites que l'autorité administrative a formé une demande de laissez-passer consulaire le 11 juin 2026. Une relance a été adressée à cette fin le 8 juillet suivant. L'administration reste dans l'attente d'un rendez-vous consulaire, sans qu'on puisse voir dans l'écoulement du délai invoqué par M. [I] [J] un défaut de diligence au sens de l'article L.741-3 précité, étant rappelé qu'aucun pouvoir de coercition ne peut être exercé sur les autorités diplomatiques étrangères. Il résulte de ce qui précède et de la réunion des autres conditions légalement requises qu'il y a lieu de confirmer l'ordonnance entreprise.

Dispositif

PAR CES MOTIFS DECLARE l'appel recevable ; CONFIRME l'ordonnance entreprise ; LAISSE les dépens à la charge de l'État. DIT que la présente ordonnance sera communiquée au ministère public par les soins du greffe ; DIT que la présente ordonnance sera notifiée dans les meilleurs délais à M. [I] [J] par l'intermédiaire du greffe du centre de rétention administrative par truchement d'un interprète en tant que de besoin, à son conseil et à l'autorité administrative ; Le greffier Le magistrat délégataire A l'attention du centre de rétention, le samedi 11 juillet 2026 Bien vouloir procéder à la notification de l'ordonnance en sollicitant, en tant que de besoin, l'interprète intervenu devant le premier président ou le conseiller délégué : M. [C] [Z] Le greffier N° RG 26/01052 - N° Portalis DBVT-V-B7K-W3EP REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE [Immatriculation 1] Juillet 2026 ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS (à retourner signé par l'intéressé au greffe de la cour d'appel de Douai par courriel - [Courriel 1]) : Vu les articles 612 et suivants du Code de procédure civile et R. 743-20 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile Pour information : L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur. Reçu copie et pris connaissance le à (heure) : - M. [I] [J] - par truchement téléphonique d'un interprète en tant que de besoin - nom de l'interprète (à renseigner) : - décision transmise par courriel au centre de rétention de [Localité 2] pour notification à M. [I] [J] le samedi 11 juillet 2026 - décision transmise par courriel pour notification à M. [S] [O] et à Maître [G] [D] le samedi 11 juillet 2026 - décision communiquée au tribunal administratif de Lille - décision communiquée à M. le procureur général - copie au tribunal judiciaire de de BOULOGNE SUR MER Le greffier, le samedi 11 juillet 2026 N° RG 26/01052 - N° Portalis DBVT-V-B7K-W3EP

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le défaut de diligences de l'administration ?
Le défaut de diligences signifie que l'administration n'a pas accompli les démarches nécessaires pour exécuter l'éloignement. Dans cette affaire, l'administration a saisi le consulat, obtenu un laissez-passer et réservé un vol, ce qui a été jugé suffisant.
Comment contester une prolongation de rétention ?
Vous pouvez interjeter appel de l'ordonnance de prolongation devant le premier président de la cour d'appel dans les 24 heures suivant la notification. Vous devez invoquer des moyens précis, comme le défaut de diligences ou l'absence de perspectives d'éloignement.
Quels sont les délais pour obtenir un laissez-passer consulaire ?
Il n'y a pas de délai légal fixe. Dans cette affaire, le laissez-passer a été obtenu en moins d'un mois (saisine le 12 juin, délivrance le 8 juillet). L'administration doit justifier de démarches actives et continues.
Puis-je être libéré si l'administration n'a pas fait de démarches ?
Oui, si l'administration ne justifie d'aucune diligence pour organiser votre départ, le juge peut ordonner la main-levée de la rétention. Dans cette affaire, les diligences ont été jugées suffisantes, donc la rétention a été maintenue.
Quelle est la durée maximale de rétention administrative ?
La durée maximale est de 90 jours (renouvellements inclus). Dans cette affaire, la rétention a été prolongée pour une durée totale de 56 jours (26 + 30).
Qu'est-ce qu'un laissez-passer consulaire ?
C'est un document délivré par le consulat du pays d'origine de l'étranger, permettant son retour forcé. Son obtention est une étape clé pour l'exécution de l'éloignement.
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