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Cour d'appel, retentions, 12 juillet 2026 — n° 26/05521

Irrecevabilite

Synthèse de la décision

Question juridique

L'appel du procureur de la République contre une ordonnance refusant la prolongation de la rétention administrative doit-il être déclaré suspensif en raison de l'absence de garanties de représentation de l'étranger ?

Principe retenu

En application des articles L.743-22 et R.743-13 du CESEDA, l'appel du ministère public peut être déclaré suspensif si l'étranger ne présente pas de garanties de représentation effectives, notamment en l'absence de document d'identité, d'adresse stable ou de volonté de se présenter à l'audience.

Faits clés

  • M. [Q] [O], ressortissant algérien né le 22 mai 1998, est retenu au centre de rétention administrative de [Localité 2].
  • Le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Lyon a rejeté la requête du préfet du Rhône aux fins de prolongation de la rétention administrative le 11 juillet 2026.
  • Le procureur de la République a interjeté appel de cette ordonnance le même jour avec demande d'effet suspensif.
  • L'intéressé ne dispose pas de document d'identité, ne justifie d'aucune adresse sur le territoire français et ne s'est pas présenté à l'audience du magistrat du siège.
  • M. [O] a été condamné à plusieurs reprises pour des faits de vol, exhibition sexuelle et dégradations, avec interdiction du territoire national.

Articles cités

article L.743-22 du CESEDA article R.743-13 du CESEDA article R.743-12 du CESEDA

Exposé du litige

N° RG 26/05521 - N° Portalis DBVX-V-B7K-Q7U7 Nom du ressortissant : [O] LE PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE C/ [O] COUR D'APPEL DE LYON JURIDICTION DU PREMIER PRÉSIDENT ORDONNANCE SUR APPEL SUSPENSIF EN DATE DU 12 JUILLET 2026 statuant en matière de Rétentions Administratives des Etrangers Le 12 JUILLET 2026 à 12h00, Etant en notre cabinet sis à la cour d'appel de Lyon, Nous, Muriel BLIN, conseillère à la cour d'appel de Lyon, déléguée par ordonnance de Monsieur le premier président de ladite Cour en date du 02 juillet 2026 pour statuer sur les procédures ouvertes en application des articles L.342-7, L. 342-12, L. 743-11, L. 743-21 et L.743-22 du code d'entrée et de séjour des étrangers en France et du droit d'asile, Assistée de Inès BERTHO, greffier, Avons rendu l'ordonnance dont la teneur suit dans la procédure concernant : APPELANT : Monsieur le Procureur de la République près le tribunal judiciaire de Lyon ET INTIME : M. [Q] [O] né le 22 Mai 1998 à [Localité 1] (ALGERIE) Actuellement retenu au Centre de rétention administrative de [Localité 2] [Localité 3] ayant pour conseil Me Martine BOUCHET, avocat au barreau de LYON, commis d'office Vu la déclaration d'appel reçue le 11 juillet 2026 à 17 heures 13, du Procureur de la République de Lyon à l'encontre d'une ordonnance du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Lyon prononcée le même jour à 15 heures 10 qui a rejeté la requête du Préfet du Rhône aux fins de prolongation de rétention administrative de [Q] [O], accompagnée d'une demande d'effet suspensif, Vu les justificatifs de notification adressés à toutes les parties, Vu l'absence d'observations en réponse des parties,

Motivations de la décision

SUR CE L'appel du ministère public se référant à l'absence de garanties de représentation effectives a été formé dans le délai de six heures et régulièrement notifié, est déclaré recevable. Il ressort de la procédure que l'intéressé ne dispose pas de garanties de représentation effectives en ce qu'il n'a pas de document d'identité, ne justifie d'aucune adresse sur le territoire français et n'a pas voulu se présenter à l'audience du magistrat du siège le 11 juillet 2026 sur la question de la prolongation de sa première période de rétention. Par ailleurs, il a été condamné par le tribunal correctionnel de Lyon le 27 mai 2025 à 4 mois d'emprisonnement et à une interdiction du territoire national pour trois ans pour des faits de vol en réunion et exhibition sexuelle, et par le tribunal correctionnel de Lyon le 10 juillet 2025 à 12 mois d'emprisonnement avec sursis et à une interdiction du territoire national pour 5 ans pour vol avec destruction et dégradation et tentative de vol avec destruction ou dégradation. Il convient donc, en application des dispositions des articles L. 743-22 et R.743''13 du CESEDA, de déclarer suspensif l'appel du ministère public afin d'assurer la représentation de [Q] [O] devant le délégué du premier président. PAR CES MOTIFS Statuant par ordonnance non susceptible de recours, Vu les dispositions des articles R.743-12 et L. 743-22 du CESEDA, Déclarons recevable l'appel du procureur de la République de [Localité 2], Déclarons suspensif l'appel du procureur de la République de [Localité 2], Disons en conséquence que [Q] [O] restera à la disposition de la justice jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond à l'audience de la Cour qui se tiendra le 13 juillet 2026 à 10 heures 30 (salle Lambert)

Dispositif

Ordonnons la notification de la présente décision par tous moyens à l'étranger et son conseil, ainsi qu'au centre de rétention et sa communication au procureur de la République qui veille à son exécution et en informe l'autorité administrative. Le greffier, La conseillère déléguée, Inès BERTHO Muriel BLIN

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un appel suspensif en matière de rétention administrative ?
Un appel suspensif permet de maintenir l'étranger en rétention pendant que la cour d'appel examine le recours du procureur, même si le juge initial a refusé la prolongation. Cela évite que l'étranger soit libéré avant la décision définitive.
Quelles sont les conditions pour qu'un appel soit suspensif ?
L'appel suspensif est accordé si l'étranger ne présente pas de garanties de représentation effectives, par exemple s'il n'a pas de document d'identité, d'adresse stable, ou s'il ne s'est pas présenté à l'audience. Dans cette affaire, M. [O] ne remplissait aucune de ces conditions.
Que signifie 'absence de garanties de représentation' ?
Cela signifie que l'étranger ne peut pas prouver qu'il restera à disposition de la justice s'il est libéré. Par exemple, ne pas avoir de passeport, de domicile fixe, ou avoir déjà fui les convocations sont des signes d'absence de garanties.
Le procureur peut-il faire appel d'une décision refusant la prolongation de la rétention ?
Oui, le procureur de la République peut interjeter appel dans les six heures suivant la décision du juge. Dans cette affaire, l'appel a été déclaré recevable car formé dans les délais.
Quels sont les recours contre une ordonnance de rétention administrative ?
L'étranger peut contester la rétention devant le juge des libertés et de la détention, puis faire appel devant le premier président de la cour d'appel. Le procureur peut également faire appel, et cet appel peut être suspensif.
Quelle est la durée de la rétention administrative ?
La rétention initiale est de 48 heures, renouvelable jusqu'à 90 jours maximum. Dans cette affaire, il s'agissait de la première prolongation, refusée par le juge, mais l'appel suspensif du procureur a permis de maintenir la rétention en attendant l'audience au fond.
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