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Cour d'appel, retentions, 14 juillet 2026 — n° 26/05567

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Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge peut-il rejeter sans audience un appel contre une ordonnance de prolongation de rétention administrative en l'absence de circonstance nouvelle de fait ou de droit depuis le placement en rétention ?

Principe retenu

En application des articles L. 743-21, L. 743-23 et R. 743-15 du CESEDA, le magistrat délégué peut rejeter sans audience l'appel s'il apparaît qu'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention ou que les éléments fournis ne permettent manifestement pas de justifier qu'il soit mis fin à la rétention.

Faits clés

  • Obligation de quitter le territoire français avec interdiction de retour de deux ans notifiée le 30 janvier 2026
  • Placement en rétention administrative le 7 juillet 2026
  • Prolongation de la rétention de 26 jours ordonnée le 11 juillet 2026
  • Appel interjeté le 13 juillet 2026 sans pièce nouvelle
  • Requête d'appel identique à la contestation initiale

Articles cités

article L. 743-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R. 743-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

FAITS ET PROCÉDURE Une obligation de quitter le territoire français avec interdiction de retour pendant deux ans prise le 30 janvier 2026 a été notifiée à [P] [G] le 30 janvier 2026. Le 7 juillet 2026, l'autorité administrative a ordonné le placement de [P] [G] en rétention dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire afin de permettre l'exécution de la mesure d'éloignement. Suivant requête du 10 juillet 2026, le préfet du Rhône a saisi le juge du tribunal judiciaire de Lyon aux fins de voir ordonner la prolongation de la rétention pour une durée de vingt-six jours. Suivant requête du 9 juillet 2026 enregistrée par le greffier le 9 juillet 2026, [P] [G] a contesté la décision de placement en rétention administrative prise par le préfet du Rhône. Dans son ordonnance du 11 juillet 2026 à 16h25, le juge du tribunal judiciaire de Lyon a, prenant acte de l'abandon du moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué, ordonné la jonction des deux procédures, déclaré régulière la décision de placement en rétention et ordonné la prolongation de la rétention de [P] [G] dans les locaux du centre de rétention administrative de [Etablissement 1] pour une durée de vingt-six jours. Le 13 juillet 2026 à 12h37, [P] [G] a interjeté appel de cette ordonnance dont il demande l'infirmation et sollicite sa mise en liberté. Il fait valoir que la décision de placement en rétention est irrégulière à raison de : - le défaut d'examen individuel et sérieux de sa situation et plus spécialement quant à sa situation de vulnérabilité, - l'erreur manifeste d'appréciation de la menace pour l'ordre public et quant à ses garanties de représentation, Par courriel adressé le 13 juillet 2026 à 14 heures 10, les parties ont été informées que le magistrat délégué par le premier président envisageait de faire application des dispositions des articles L. 743-21,  L. 743-23 et R. 743-15 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) et les a invitées à faire part, le 14 juillet 2026 à 9 heures au plus tard, de leurs observations éventuelles sur l'absence de circonstance nouvelle de fait ou de droit depuis le placement en rétention administrative, ou sur l'absence d'éléments fournis à l'appui de la requête d'appel permettant de justifier qu'il soit mis fin à la rétention. Vu les observations du conseil de [P] [G] reçues par courriel le 13 juillet 2026 à 17h25 tendant à l'infirmation de l'ordonannce querellée maintenant sa critique de l'arrêté de placement en rétention, irrégulier en ce que l'examen de vulnérabilité auquel l'administration est tenue, demeure inexistant à la procédure. Monsieur [P] [G] rappelle avoir été questionné sur sa santé, en fin de garde à vue, à l'aide d'un questionnaire à cocher par un fonctionnaire de police, sans autre possibilité de développement par le ressortissant sur les soins reçus ou à recevoir, notamment dans le cadre de l'audition préalablement conduite (aucune question en ce sens n'ayant été posée). Monsieur [P] [G] souligne à ce titre que son état de santé nécessite des soins de kinésithérapie, suite à une opération du dos survenue un an plus tôt avec pose de plaques et vis. Vu les observations de l'avocat de la préfecture reçues par courriel le 13 juillet 2026 à 18h48 tendant à la confirmation de la décision entreprise.

Motivations de la décision

MOTIVATION L'appel de [P] [G], relevé dans les formes et délais légaux est recevable.  Aux termes de l'alinéa 2 de l'article L. 743-23 du CESEDA, le premier président ou son délégué peut, lorsqu'il est saisi d'un appel contre une décision rendue par le juge du tribunal judiciaire dans les cas prévus aux articles L. 741-10 et L. 742-8, rejeter la déclaration d'appel sans avoir préalablement convoqué les parties s'il apparaît qu'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention administrative ou son renouvellement, ou que les éléments fournis à l'appui de la demande ne permettent manifestement pas de justifier qu'il soit mis fin à la rétention. La requête d'appel de [P] [G] est une réplique de la requête en contestation déposée devant le premier juge et ne comprend aucune pièce nouvelle. L'appelant n'apporte aucune critique à l'ordonnance déférée et à la motivation retenue par le premier juge sauf à formuler son désaccord sur son analyse en relevant appel et en se bornant à réitérer sa requête initiale. Sur les observations formulées par le conseil de [P] [G], comme l'a justement retenu le premier juge, il ne saurait être reproché à l'administration de ne pas avoir tenu compte de l'état de santé de l'intéressé alors qu'a été prise en considération l'évaluation de celui-ci pour retenir qu'aucun élément ne faisait obstacle à son placement en rétention puisque [P] [G] s'est contenté de déclarer avoir des problèmes de dos et de pieds sans fournir d'avis ou de pièces médicales à l'appui de ses allégations. En l'absence de moyen nouveau et d'une discussion de leur contenu, les motifs particulièrement clairs, circonstanciés, complets et pertinents développés par le premier juge sont adoptés purement et simplement. En outre, [P] [G] ne démontre pas une atteinte disproportionnée à ses droits consécutive à son maintien en rétention. En conséquence, il y a lieu de considérer que les éléments invoqués par [P] [G] ne permettent pas de justifier qu'il soit mis fin à sa rétention administrative tandis qu'il n'invoque ni ne justifie d'aucune circonstance nouvelle de droit ou de fait depuis son placement en rétention. Son appel doit dès lors être rejeté sans audience et l'ordonnance entreprise est confirmée. PAR CES MOTIFS

Dispositif

Déclarons recevable l'appel formé par [P] [G], Confirmons en toutes ses dispositions l'ordonnance déférée. Le greffier, La conseillère déléguée, Ouided HAMANI Albane GUILLARD

Questions fréquentes

Le juge peut-il rejeter mon appel sans audience ?
Oui, si aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention ou si les éléments fournis ne permettent manifestement pas de justifier qu'il soit mis fin à la rétention. Dans cette affaire, l'appelant n'a apporté aucune pièce nouvelle et sa requête était identique à la contestation initiale, ce qui a conduit au rejet sans audience.
Qu'est-ce qu'une circonstance nouvelle de fait ou de droit ?
Une circonstance nouvelle est un élément qui n'existait pas au moment du placement en rétention ou de son renouvellement, par exemple un changement dans la situation personnelle, médicale ou juridique de l'intéressé. En l'espèce, l'appelant n'a invoqué aucun fait nouveau depuis son placement.
Puis-je contester une décision de placement en rétention pour des raisons médicales ?
Oui, mais vous devez fournir des pièces médicales justifiant que votre état de santé est incompatible avec la rétention. Dans cette affaire, l'appelant a simplement déclaré avoir des problèmes de dos et de pieds sans produire d'avis médical, ce qui n'a pas été retenu comme obstacle au placement.
Que se passe-t-il si je ne fournis pas de pièces nouvelles en appel ?
Le juge peut rejeter votre appel sans audience s'il estime que les éléments fournis ne permettent pas de justifier qu'il soit mis fin à la rétention. Dans cette décision, l'appelant a réitéré les mêmes arguments qu'en première instance sans aucune pièce nouvelle, ce qui a conduit au rejet.
Quels sont les délais pour faire appel d'une ordonnance de prolongation de rétention ?
L'appel doit être interjeté dans un délai de 24 heures suivant la notification de l'ordonnance. Dans cette affaire, l'appel a été formé le 13 juillet 2026 pour une ordonnance rendue le 11 juillet 2026, soit dans les délais.
L'appel est-il suspensif en matière de rétention administrative ?
Oui, l'appel est suspensif, ce qui signifie que la rétention se poursuit pendant l'examen de l'appel. Toutefois, le juge peut statuer sans audience et confirmer la prolongation, comme cela a été le cas ici.
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