Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Cour d'appel, retentions, 12 juillet 2026 — n° 26/05515

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

L'appel contre une ordonnance de prolongation de rétention administrative peut-il être rejeté sans audience en l'absence de circonstance nouvelle et d'éléments nouveaux ?

Principe retenu

En application de l'article L. 743-23 alinéa 2 du CESEDA, le premier président ou son délégué peut rejeter la déclaration d'appel sans convocation préalable des parties s'il apparaît qu'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention ou son renouvellement, ou que les éléments fournis à l'appui de la demande ne permettent manifestement pas de justifier qu'il soit mis fin à la rétention.

Faits clés

  • M. [R] [L], ressortissant algérien, a été placé en rétention administrative le 6 juillet 2026 pour exécuter une interdiction du territoire français de 3 ans.
  • Le juge du tribunal judiciaire de Lyon a prolongé la rétention pour 26 jours le 10 juillet 2026.
  • M. [L] a interjeté appel le 11 juillet 2026 en invoquant l'insuffisance des diligences de la préfecture.
  • L'appel ne contenait aucun moyen nouveau ni pièce nouvelle par rapport à la première instance.
  • Le magistrat délégué a invité les parties à présenter leurs observations sur l'absence de circonstance nouvelle.

Articles cités

article L. 741-3 du CESEDA article L. 743-23 du CESEDA article L. 743-21 du CESEDA article R. 743-10 du CESEDA article L. 342-7 du CESEDA article L. 342-12 du CESEDA article L. 743-11 du CESEDA

Exposé du litige

FAITS ET PROCÉDURE M. [R] [L], né le 15 juin 2000 à Oran (Algérie), se disant de nationalité algérienne, a été placé en rétention administrative à compter du 6 juillet 2026 par arrêté de la préfecture de l'Ain, et conduit en centre de rétention administrative de LYON [Adresse 3] afin de permettre l'exécution de la peine complémentaire d'interdiction du territoire français d'une durée de 3 ans prononcée par le tribunal correctionnel de Toulouse le 5 novembre 2025. Saisi par requête du préfet de l'Ain déposée le 9 juillet 2026 à 14h56, tendant à ce que soit prolongée la mesure de rétention mise en 'uvre, le juge du tribunal judiciaire de Lyon, par ordonnance du 10 juillet 2026 à 14h28, a notamment déclaré recevable cette requête, régulière la décision de placement en rétention administrative prononcée à l'encontre du requérant et ordonné la prolongation de la mesure de rétention administrative pour une durée de 26 jours. Par déclaration au greffe le 11 juillet 2026 à 11h21, M. [R] [L] a interjeté appel de cette ordonnance dont il demande l'infirmation outre sa mise en liberté au visa de l'article L 741-3 du CESEDA, au motif de l'insuffisance des diligences de la préfecture. Par courriel adressé le 11 juillet 2026 à 13h24, les parties ont été informées que le magistrat délégué par le premier président envisageait de faire application des dispositions du deuxième alinéa de l'article L. 743-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les a invitées à faire part, le 12 juillet 2026 à 9h00 au plus tard, de leurs observations éventuelles sur l'absence de circonstance nouvelle de fait ou de droit depuis le placement en rétention administrative, ou sur l'absence d'éléments fournis à l'appui de la requête d'appel permettant de justifier qu'il soit mis fin à la rétention. Vu les observations du conseil de la préfecture de l'Ain, reçues par courriel le 11 juillet 2026 à 19h14 tendant à la confirmation de l'ordonnance déférée, et rappelant les diligences entreprises par l'autorité préfectorale. Vu l'absence d'observations formées par M. [R] [L] et son conseil dans le délai imparti.

Motivations de la décision

MOTIFS Sur la recevabilité de l'appel. L'appel de M. [R] [L] a été relevé dans les formes et délais légaux prévus par les dispositions des articles L. 743-21 et R. 743-10 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il convient donc d'en constater la recevabilité. Sur la demande tendant à voir infirmer l'ordonnance. Aux termes de l'alinéa 2 de l'article L. 743-23 du CESEDA, le premier président ou son délégué peut, lorsqu'il est saisi d'un appel contre une décision rendue par le juge dans les cas prévus aux articles L. 741-10 et L. 742-8, rejeter la déclaration d'appel sans avoir préalablement convoqué les parties s'il apparaît qu'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention administrative ou son renouvellement, ou que les éléments fournis à l'appui de la demande ne permettent manifestement pas de justifier qu'il soit mis fin à la rétention. En l'espèce, M. [R] [L] ne fonde sa déclaration d'appel que sur l'insuffisance de diligences de l'autorité préfectorale au cours des quatre premiers jours de sa rétention, reprenant ses contestations de première instance sans critiquer la motivation du premier juge ni produire de nouveaux arguments ou de nouvelles pièces. En l'absence de moyen nouveau et d'une discussion de leur contenu, les motifs particulièrement clairs, circonstanciés, complets et pertinents développés par le premier juge, relatifs aux diligences effectuées par l'administration dans les 96 premières heures de la rétention, sont adoptés purement et simplement. Dès lors, il y a lieu de considérer que les éléments invoqués par M. [R] [L] ne permettent pas de justifier qu'il soit mis fin à sa rétention administrative tandis qu'il n'invoque ni ne justifie d'aucune circonstance nouvelle de droit ou de fait depuis son placement en rétention, et que les diligences de l'administration en vue de permettre son éloignement sont, au regard de la durée de la mesure de rétention, suffisantes. En conséquence, son appel sera rejeté et l'ordonnance déférée confirmée en toutes ses dispositions. PAR CES MOTIFS

Dispositif

Déclarons recevable l'appel formé par M. [R] [L] le 11 juillet 2026 ; Confirmons l'ordonnance prononcée à l'égard de M. [R] [L] par le juge du tribunal judiciaire de Lyon le 10 juillet 2026 (requête n° 26/2294) en toutes ses dispositions. Le greffier, Le conseiller délégué, Inès BERTHO Antoine-Pierre D'USSEL

Questions fréquentes

Puis-je faire appel d'une décision de prolongation de rétention administrative ?
Oui, vous pouvez interjeter appel dans les formes et délais légaux (articles L. 743-21 et R. 743-10 du CESEDA). Dans cette affaire, l'appel a été déclaré recevable car formé dans les délais.
Qu'est-ce qu'une circonstance nouvelle pour contester une rétention ?
Une circonstance nouvelle est un fait ou un élément de droit survenu après le placement en rétention ou son renouvellement. En l'espèce, M. [L] n'a invoqué aucune circonstance nouvelle, ce qui a permis au juge de rejeter l'appel sans audience.
L'appel en rétention administrative peut-il être jugé sans audience ?
Oui, selon l'article L. 743-23 alinéa 2 du CESEDA, le juge peut rejeter l'appel sans convocation préalable s'il n'y a pas de circonstance nouvelle ou si les éléments fournis ne justifient manifestement pas la fin de la rétention. C'est ce qui s'est produit dans cette décision.
Que faire si je n'ai pas de nouveaux arguments pour mon appel ?
Si vous n'avez pas de nouveaux arguments ou pièces, votre appel risque d'être rejeté sans audience, comme dans cette affaire où M. [L] a simplement repris ses contestations de première instance sans critiquer la motivation du premier juge.
Comment contester l'insuffisance des diligences de la préfecture ?
Vous devez démontrer que l'administration n'a pas accompli les démarches nécessaires à votre éloignement dans les délais. Dans cette affaire, le juge a estimé que les diligences étaient suffisantes au regard de la durée de la rétention, et l'appel a été rejeté faute d'éléments nouveaux.
Quels sont les délais pour faire appel d'une ordonnance de prolongation ?
L'appel doit être formé dans les 24 heures suivant la notification de l'ordonnance, selon les articles L. 743-21 et R. 743-10 du CESEDA. Dans cette affaire, l'appel a été déclaré recevable car respectant ces délais.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.