Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Cour d'appel, jurid. premier président, 6 juillet 2026 — n° 26/05237

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

Le maintien de l'hospitalisation complète d'un patient en soins psychiatriques sans consentement est-il justifié au regard des conditions légales ?

Principe retenu

L'hospitalisation complète sans consentement est maintenue si les troubles mentaux rendent impossible le consentement du patient et imposent des soins immédiats avec surveillance médicale constante, conformément à l'article L. 3212-3 du code de la santé publique.

Faits clés

  • M. [F] a été hospitalisé en urgence le 15 juin 2026 à la demande de sa fille.
  • Il présente des troubles psychotiques chroniques avec délire de persécution et rupture de traitement.
  • Les certificats médicaux des 16, 18 juin et 3 juillet 2026 attestent de la persistance des troubles et de l'absence de consentement.
  • Le patient a verbalisé des envies hétéro-agressives envers ses voisins et leur chien.
  • Le patient a montré une ébauche de conscience des troubles mais le délire reste actif et systématisé.

Articles cités

article L.3211-12 du code de la santé publique article L.3212-3 du code de la santé publique article 450 du code de procédure civile

Dispositif

Laissons les dépens à la charge du trésor public. La greffière, La présidente de chambre,

Exposé du litige

COUR D'APPEL DE LYON JURIDICTION DU PREMIER PRÉSIDENT ORDONNANCE DU 06 Juillet 2026 statuant en matière de soins psychiatriques N° RG 26/05237 - N° Portalis DBVX-V-B7K-Q7E5 Appel contre une décision rendue le 25 juin 2026 par le Juge judiciaire de [Localité 1]. APPELANT : M. [D] [F] né le 11 Novembre 1983 Actuellement hospitalisé au CPA de l'Ain Non comparant, représenté par Maître Fanny CIONCO, avocat au barreau de LYON, commis d'office INTIME : CENTRE PSYCHOTHÉRAPIQUE DE [Adresse 1] [Adresse 2] [Localité 2] Non comparant, ni représenté, régulièrement avisé AUTRES PARTIES : [F] ép. [S] [N] (tiers demandeur - fille) Non comparant, ni représenté, régulièrement avisé Le dossier a été préalablement communiqué au Ministère Public qui a fait valoir ses observations écrites. ********************** Nous, Delphine LAVERGNE-PILLOT, la présidente de chambre, désignée par ordonnance de Madame la première présidente de la cour d'appel de Lyon du 02 juillet 2026 pour statuer à l'occasion des procédures ouvertes en application des articles L.3211-12 et suivants du code de la santé publique, statuant contradictoirement et en dernier ressort, Assistée de Judith DOS SANTOS ANTUNES, greffier, pendant les débats tenus en audience publique, Ordonnance prononcée le 06 Juillet 2026 par mise à disposition de l'ordonnance au greffe de la cour, les parties ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du code de procédure civile, Signée par Delphine LAVERGNE-PILLOT, la présidente de chambre, et par Judith DOS SANTOS ANTUNES,greffier, auquel la minute de la décision a été remise par le magistrat signataire. ********************** Vu la décision d`admission en soins psychiatriques contraints prise par le directeur du centre psychothérapique de l`Ain le 15/06/2026, à la demande de Mme [N] [S] ; Vu la saisine par le directeur du centre psychothérapique de l'Ain du juge des libertés et de la détention le 22 juin 2026 et les pièces jointes à la saisine ; Vu l'ordonnance du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Bourg-en-Bresse du 25 juin 2026 qui maintient l'hospitalisation complète de M. [F] ; Vu la déclaration d'appel formée contre cette ordonnance par M. [F] le 26 juin 2026, reçue au greffe de la cour le 1er juillet 2026 ; Vu l'avis du médecin psychiatre du Centre Psychothérapique de l'Ain reçu au greffe le 3 juillet 2026 ; Vu l'avis écrit du Ministère Public reçu au greffe le 3 juillet 2026 concluant à la confirmation de l'ordonnance entreprise ;

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DECISION M. [F] a été hospitalisé en urgence, le 15 juin 2026, sous la forme d'une mesure d'hospitalisation complète à la demande d'un tiers, dans un contexte de dégradation de sa pathologie psychiatrique au regard des constatations médicales suivantes : tension interne, troubles du comportement à type d'agitation, propos délirants à type de persécution et interprétatifs, avec verbalisation d'envies hétéro-agressives inquiétantes envers ses voisins et leur chien. Le patient se trouvait par ailleurs en rupture de traitements depuis plusieurs semaines. Les certificats médicaux versés au dossier établissent que M. [F] présente des troubles psychotiques chroniques avec un vécu persécutoire prégnant, sans conscience du caractère pathologique de ses troubles et opposé à la mise en place d'un traitement neuroleptique de fond. Depuis son hospitalisation, les docteurs [V] et [M], médecins psychiatres, ont constaté, par certificats médicaux des 16 et 18 juin 2026, la persistance d'une tension intrapsychique notable avec un refus régulier de prise des traitements de sorte que la rupture thérapeutique perdure, ayant entraîné des troubles du comportement dans l'unité avec une désorganisation psycho-comportementale de plus en plus marquée (composante hallucinatoire, angoisses majeures, altérations du jugement et du discernement). Le mouvement d'impulsivité persiste avec un risque de passage à l'acte hétéro-agressif. Il ressort du certificat médical établi par le docteur [J], le 3 juillet 2026, reçu au greffe le même jour, que le patient présente un discours globalement organisé et cohérent sur le plan formel mais qu'au cours de l'entretien, apparaissent rapidement des idées délirantes de persécution, systématisées, centrées sur la conviction que ses voisins comploteraient avec ses parents à son encontre. Le discours comporte également des thématiques délirantes concernant une ancienne compagne, intégrées à ce système interprétatif. Le délire demeure actuellement actif, avec une reconstruction mnésique des événements antérieurs de manière congruente avec les convictions délirantes, témoignant d'un remaniement interprétatif persistant de la réalité. Ces éléments restent investis avec une adhésion importante. Toutefois, le patient manifeste une ébauche de conscience des troubles, reconnaissant l'existence possible d'une dimension pathologique de son vécu et exprimant la nécessité d'une prise en charge thérapeutique. Au total, malgré cette amorce d'insight, la persistance d'un délire actif, systématisé et encore fortement investi témoigne de troubles psychiatriques non stabilisés, justifiant la poursuite de la prise en charge en soins sans consentement sous la forme d'une hospitalisation complète, à ce stade de l'évolution clinique. En conséquence, compte tenu des troubles du patient qui rendent impossible son consentement aux soins et qui imposent des soins immédiats assortis d'une surveillance médicale constante, les soins contraints doivent se poursuivre sous la forme d'une hospitalisation complète, selon les dispositions de l'article L. 3212-3 du code de santé publique, dans le cadre de soins psychiatriques sur demande d'un tiers. L'ordonnance déférée sera donc confirmée en ce qu'elle ordonne le maintien de M. [F] en hospitalisation complète. PAR CES MOTIFS Le magistrat délégué par le premier président de la cour d'appel, Confirmons l'ordonnance du 25 juin 2026, Constatons que le maintien de l'hospitalisation complète de M. [D] [F].

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour maintenir une hospitalisation complète sans consentement ?
L'hospitalisation complète sans consentement est maintenue si les troubles mentaux rendent impossible le consentement du patient et imposent des soins immédiats avec surveillance médicale constante, conformément à l'article L. 3212-3 du code de la santé publique. Dans cette affaire, le patient présentait un délire actif et une rupture de traitement, justifiant le maintien.
Mon proche est hospitalisé sous contrainte, peut-il faire appel ?
Oui, le patient ou son avocat peut interjeter appel de l'ordonnance du juge des libertés et de la détention (JLD) dans un délai de 10 jours. Dans cette affaire, M. [F] a fait appel le 26 juin 2026, mais la cour a confirmé le maintien de l'hospitalisation.
Qu'est-ce qu'une hospitalisation à la demande d'un tiers ?
C'est une mesure de soins psychiatriques sans consentement initiée par un proche (tiers) en raison de troubles mentaux rendant impossible le consentement du patient et nécessitant des soins immédiats. Ici, la fille de M. [F] a demandé son hospitalisation le 15 juin 2026.
Quels sont les critères pour qu'un juge confirme une hospitalisation sans consentement ?
Le juge vérifie que les conditions légales sont remplies : troubles mentaux, impossibilité de consentir, nécessité de soins immédiats avec surveillance constante. Dans cette affaire, les certificats médicaux ont attesté de la persistance du délire et de l'absence de consentement, justifiant la confirmation.
Mon voisin a des propos menaçants, peut-il être interné ?
Oui, si ses propos traduisent des troubles mentaux graves et qu'il représente un danger pour lui-même ou autrui. Dans cette affaire, M. [F] avait verbalisé des envies hétéro-agressives envers ses voisins, ce qui a motivé son hospitalisation.
Quels sont les droits d'un patient hospitalisé sans consentement ?
Le patient a le droit d'être informé, de contester la mesure devant le juge, d'être assisté par un avocat, et de bénéficier d'examens médicaux réguliers. Dans cette affaire, M. [F] a été représenté par un avocat commis d'office et a pu faire appel.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.