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Cour d'appel, retentions, 8 juillet 2026 — n° 26/05358

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Synthèse de la décision

Question juridique

L'administration a-t-elle exercé des diligences suffisantes pour justifier la prolongation de la rétention administrative d'un étranger dépourvu de document d'identité et ayant exprimé le souhait de retourner en Espagne ?

Principe retenu

Un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ, et l'administration doit exercer toutes diligences à cet effet. En l'espèce, la demande de réadmission adressée aux autorités espagnoles dans les 96 heures constitue une diligence suffisante. L'absence d'adresse stable et effective sur le territoire national justifie le rejet de la demande d'assignation à résidence.

Faits clés

  • M. [H] [J], ressortissant algérien né le 31 octobre 2005, a été placé en rétention administrative le 2 juillet 2026.
  • Il était dépourvu de document d'identité.
  • Il a indiqué souhaiter retourner en Espagne où il dispose d'un droit au séjour.
  • La préfecture a sollicité les autorités espagnoles pour une demande de réadmission le 4 juillet 2026.
  • Il a été interpellé alors qu'il était en transit entre l'Espagne et la Suisse.

Articles cités

article L.741-3 du CESEDA article L.743-21 du CESEDA article R.743-10 du CESEDA article 564 du code de procédure civile article 471 du code de procédure pénale

Dispositif

Déclarons recevable l'appel formé par M. [H] [J] le 7 juillet 2026 ; Confirmons l'ordonnance prononcée à l'égard de M. [H] [J] par le juge du tribunal judiciaire de Lyon le 6 juillet 2026 (requête n° 26/2247). Le greffier, Le conseiller délégué , Inès BERTHO Antoine-Pierre D'USSEL

Exposé du litige

FAITS ET PROCEDURE M. [H] [J], né le 31 octobre 2005 à [Localité 1] (Algérie), de nationalité algérienne, a été placé en rétention administrative à compter du 2 juillet 2026 par arrêté de la préfecture de l'Ain, et conduit en centre de rétention administrative de [Etablissement 1] afin de permettre l'exécution de la peine d'interdiction du territoire français pour une durée de 10 ans, prononcée à l'encontre de l'intéressé par le tribunal correctionnel d'Annecy le 25 janvier 2025, cette peine étant assortie de l'exécution provisoire sur le fondement de l'article 471 du code de procédure pénale. Saisi par requête du préfet de l'Ain déposée le 5 juillet 2026 à 15h02, tendant à ce que soit prolongée la mesure de rétention mise en 'uvre, le juge du tribunal judiciaire de Lyon, par ordonnance du 6 juillet 2026 à 14h42, a notamment déclaré recevable la requête précitée et régulière la décision de placement en rétention administrative prononcée à l'encontre du requérant et ordonné la prolongation de la mesure de rétention administrative pour une durée de 26 jours. M. [H] [J] a relevé appel de cette ordonnance par courrier électronique reçu au greffe de la présente juridiction le 7 juillet 2026 à 8h40, motif pris de l'insuffisance des diligences engagées par l'administration, et de l'absence de prise en compte de sa situation personnelle et de la possibilité de l'assigner à résidence. Les parties ont été convoquées à l'audience du 8 juillet 2026 à 10h30. A l'audience, M. [H] [J], assisté de son conseil et de son interprète, sollicite la réformation de l'ordonnance déférée, et sollicite qu'il soit dit n'y avoir lieu à aucune mesure de surveillance, et prononcé sa mise en liberté immédiate. Le préfet de l'Ain, représenté, conclut à l'irrégularité de la déclaration d'appel en ce qu'aucune prétention n'avait été soulevée en première instance, et, à titre subsidiaire, à la confirmation de l'ordonnance déférée.

Motivations de la décision

MOTIVATION Sur la recevabilité de l'appel : L'appel de M. [H] [J] a été relevé dans les formes et délais légaux prévus par les dispositions des articles L. 743-21 et R. 743-10 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, l'article 564 du code de procédure civile dispose qu'à « peine d'irrecevabilité relevée d'office, les parties ne peuvent soumettre à la cour de nouvelles prétentions si ce n'est pour opposer compensation, faire écarter les prétentions adverses ou faire juger les questions nées de l'intervention d'un tiers, ou de la survenance ou de la révélation d'un fait ». En l'espèce, s'il ressort de l'ordonnance du premier juge comme de la note d'audience que Monsieur [J] n'a présenté aucune demande en première instance, le moyen qu'il soulève sur le fondement de l'article L 741-3 du CESEDA doit s'analyser comme une défense au fond en réponse à la demande de prolongation présentée par l'autorité préfectorale, et ne peut, à ce titre être déclaré irrecevable. Il convient d'en constater la recevabilité. Sur le moyen tiré de l'insuffisance des diligences de l'administration : Aux termes de l'article L 741-3 du CESEDA, « un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ. L'administration exerce toute diligence à cet effet ». En l'occurrence, il ressort de la procédure soumise à la cour que l'intéressé est dépourvu de document d'identité ; que, dans la mesure où il a indiqué souhaiter retourner en Espagne où il dispose d'un droit au séjour, la préfecture a sollicité, le 4 juillet 2026, les autorités espagnoles d'une demande de réadmission, pour laquelle il reste en attente d'une réponse. Dès lors, il convient de considérer que ces éléments manifestent des diligences suffisantes de l'administration dans les 96 premières heures de la rétention, pour parvenir à l'éloignement de l'intéressé dans les meilleurs délais. Par ailleurs, si l'intéressé a évoqué dans sa déclaration d'appel l'absence de prise en compte de sa situation personnelle et notamment de la possibilité de l'assigner à résidence, il n'a pas repris ces éléments à l'audience devant la cour ; au surplus, il est constant qu'il n'a justifié d'aucune adresse stable et effective sur le territoire national, dans la mesure où il a été interpellé alors qu'il se trouvait en transit entre l'Espagne et la Suisse. En conséquence, l'ordonnance entreprise sera confirmée en toutes ses dispositions. PAR CES MOTIFS

Questions fréquentes

Quelles sont les diligences que l'administration doit accomplir pour justifier une rétention ?
L'administration doit exercer toutes diligences pour parvenir à l'éloignement de l'étranger dans les meilleurs délais. En l'espèce, elle a sollicité les autorités espagnoles pour une demande de réadmission dans les 96 heures, ce qui a été jugé suffisant.
Puis-je être assigné à résidence plutôt que maintenu en rétention ?
L'assignation à résidence peut être demandée, mais elle nécessite une adresse stable et effective. Dans cette affaire, l'étranger n'avait pas d'adresse en France, donc la demande a été rejetée.
Que se passe-t-il si je souhaite retourner dans un autre pays où j'ai un droit au séjour ?
L'administration peut solliciter une demande de réadmission auprès des autorités de ce pays. En l'espèce, une telle demande a été faite à l'Espagne, et la rétention a été prolongée en attendant la réponse.
Quels sont les délais pour faire appel d'une ordonnance de prolongation de rétention ?
L'appel doit être formé dans les formes et délais légaux prévus par les articles L. 743-21 et R. 743-10 du CESEDA. En l'espèce, l'appel a été jugé recevable car il respectait ces conditions.
Qu'est-ce qu'une interdiction du territoire français ?
C'est une peine prononcée par un tribunal qui interdit à une personne de séjourner en France pour une durée déterminée. En l'espèce, l'étranger avait une interdiction de 10 ans, ce qui justifiait son éloignement.
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