Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Cour d'appel, retentions, 14 juillet 2026 — n° 26/05576

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

L'appel contre une ordonnance de prolongation de rétention administrative peut-il être rejeté sans audience en l'absence de circonstance nouvelle de fait ou de droit depuis le placement en rétention ?

Principe retenu

En application de l'article L. 743-23 alinéa 2 du CESEDA, le magistrat délégué peut rejeter l'appel sans audience lorsqu'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est invoquée depuis le placement en rétention et que les éléments fournis ne permettent pas de justifier qu'il soit mis fin à la rétention.

Faits clés

  • Obligation de quitter le territoire français sans délai avec interdiction de retour de deux ans notifiée le 20 mai 2026
  • Placement en rétention administrative le 12 juin 2026
  • Première prolongation de 26 jours ordonnée le 16 juin 2026, confirmée en appel le 18 juin 2026
  • Seconde prolongation de 30 jours ordonnée le 11 juillet 2026
  • Appel interjeté le 13 juillet 2026 sans argument critiquant l'ordonnance de prolongation

Articles cités

article L. 743-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 742-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 342-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 342-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R. 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R. 743-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

FAITS ET PROCÉDURE Une obligation de quitter le territoire français sans délai avec interdiction de retour durant deux ans en date du 20 mai 2026 a été notifiée à [L] [Z] le 20 mai 2026. Par décision en date du 12 juin 2026, notifiée le 12 juin 2026, l'autorité administrative a ordonné le placement de [L] [Z] en rétention dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire afin de permettre l'exécution de la mesure d'éloignement à compter du 12 juin 2026. Par décision en date du 16 juin 2026, le juge du tribunal judiciaire de Lyon a ordonné la prolongation de la rétention administrative de [L] [Z] pour une durée de vingt-six jours, décision confirmée par la cour d'appel de Lyon le 18 juin 2026. Par requête en date du 10 juillet 2026, reçue le 10 juillet 2026, l'autorité administrative a saisi le juge du tribunal judiciaire de Lyon aux fins de voir ordonner la prolongation de la rétention de l'intéressé pour une durée de trente jours. Par ordonnance du 11 juillet 2026 à 16 heures 25, le juge du tribunal judiciaire de Lyon a fait droit à cette requête et a ordonné la prolongation de la rétention pour une durée de trente jours. Par déclaration reçue au greffe de la cour d'appel de Lyon le13 juillet 2026 à 13h54, [L] [Z] a relevé appel de cette ordonnance dont il demande l'infirmation outre sa mise en liberté soutenant une méconnaissance des dispositions de l'article L742-4 du CESEDA et un défaut de diligences de l'administration. Par courriel adressé le 13 juillet 2026 à 16h21, les parties ont été informées que le magistrat délégué par le premier président envisageait de faire application des dispositions du deuxième alinéa de l'article L. 743-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) et les a invitées à faire part, le 14 juillet 2026 à 9 heures au plus tard, de leurs observations éventuelles sur l'absence de circonstance nouvelle de fait ou de droit depuis le placement en rétention administrative, ou sur l'absence d'éléments fournis à l'appui de la requête d'appel permettant de justifier qu'il soit mis fin à la rétention. Vu les observations de la préfecture du Rhône reçues par courriel le 13 juillet 2026 à 18h39 tendant à la confirmation de la décision entreprise. Vu les observation du conseil de [L] [Z] reçues par courriel le 13 juillet 2026 à 17h14 tendant à l'infirmation de l'ordonannce contestée et rappelant que [L] [Z] souhaiterait bénéficier d'une reprise en charge par l'un des Etats membres dans lequels il a sollicité l'asile. Il est également souligné les difficultés d'intéraction actuelles avec le Consulat d'Algérie de [Localité 4], dont le mutisme obère toute perspective d'éloignement. Il est enfin rappelé à ce titre que l'intéressé a déjà connu, en mars 2026, une rétention administrative inefficace, sans autre éloignement.

Motivations de la décision

MOTIVATION L'article R743-11 précité dispose que « à peine d'irrecevabilité, la déclaration d'appel est motivée. Elle est transmise par tout moyen au greffe de la cour d'appel qui l'enregistre avec mention de la date et de l'heure. Le greffier de la cour d'appel avise immédiatement le greffier du tribunal judiciaire qui lui transmet sans délai le dossier » Aux termes de l'alinéa 2 de l'article L 743-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le premier président ou son délégué peut, lorsqu'il est saisi d'un appel contre une décision rendue par le juge du tribunal judiciaire dans les cas prévus aux articles L741-10 et L742-8, rejeter la déclaration d'appel sans avoir préalablement convoqué les parties s'il apparaît qu'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention administrative ou son renouvellement, ou que les éléments fournis à l'appui de la demande ne permettent manifestement pas de justifier qu'il soit mis fin à la rétention. Si la cour de cassation dans son arrêt rendu le 7 janvier 2026 a jugé que la déclaration d'appel motivée par des arguments critiquant l'ordonnance de prolongation de la rétention administrative ne pouvait faire l'objet d'une irrecevabilité sans convocation préalable des parties au regard des dispositions des articles L743-23, R743-11 et R743-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, force est de constater qu'il ne résulte pas des énonciations de la déclaration d'appel de [L] [Z] qu'elle soit motivée par un quelconque argument critiquant l'ordonannce rendue par le premier juge. Le juge du tribunal judiciaire a ordonné la prolongation de la rétention de [L] [Z] pour une durée de trente jours afin de permettre l'exécution de la mesure d'éloignement alors que l'autorité préfectorale justifie des démarches engagées auprès des autorités consulaires algériennes régulièrement saisies le 12 juin 2026 puis relancées le 9 juillet 2026 et envoi des éléments d'identification le 18 juin 2026. Il est donc établi que les diligences utiles et nécessaires ont été effectuées et que l'autorité administrative est dans l'attente des documents de voyage. En l'état, les moyens soutenus ainsi que la prétention qui leur est associée tendent uniquement à solliciter une mise en liberté et à obtenir de manière claire la mainlevée de la rétention administrative ce qui relève manifestement des prévisions de l'article L. 743-23 alinéa 2 du CESEDA. Il y a lieu de considérer que les éléments invoqués par [L] [Z] ne permettent pas de justifier qu'il soit mis fin à sa rétention administrative tandis qu'il n'invoque ni ne justifie d'aucune circonstance nouvelle de droit ou de fait depuis son placement en rétention. Enfin, il subsiste au regard de la durée restante de rétention des perspectives raisonnables d'éloignement. Son appel doit dès lors être rejeté sans audience et l'ordonnance entreprise est confirmée. PAR CES MOTIFS

Dispositif

Déclarons recevable l'appel formé par [L] [Z] . Confirmons l'ordonnance déférée. Le greffier, La conseillère déléguée, Ouided HAMANI Albane GUILLARD

Questions fréquentes

Puis-je faire appel d'une ordonnance de prolongation de rétention sans motif nouveau ?
Oui, vous pouvez faire appel, mais le magistrat peut rejeter votre appel sans audience s'il estime qu'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est invoquée depuis votre placement en rétention et que les éléments fournis ne justifient pas qu'il soit mis fin à la rétention.
Qu'est-ce qu'une circonstance nouvelle de fait ou de droit en matière de rétention administrative ?
Une circonstance nouvelle est un élément qui n'existait pas au moment du placement en rétention ou de la dernière décision de prolongation, par exemple un changement dans votre situation personnelle, une nouvelle offre de prise en charge par un autre État, ou une décision de justice postérieure.
Mon appel contre la prolongation de ma rétention peut-il être rejeté sans audience ?
Oui, si votre déclaration d'appel ne contient aucun argument critiquant l'ordonnance de prolongation et se limite à demander votre mise en liberté sans invoquer de circonstance nouvelle, le magistrat peut rejeter l'appel sans audience en application de l'article L. 743-23 alinéa 2 du CESEDA.
L'administration doit-elle justifier de diligences pour obtenir la prolongation de la rétention ?
Oui, l'administration doit démontrer qu'elle a accompli des diligences utiles et nécessaires pour exécuter la mesure d'éloignement, comme la saisine des autorités consulaires et l'envoi des documents d'identification. Dans cette affaire, la préfecture avait saisi les autorités algériennes et relancé, ce qui a été jugé suffisant.
Que faire si je n'ai pas de nouveaux arguments pour contester la prolongation de ma rétention ?
Si vous n'avez pas de circonstance nouvelle, il est difficile d'obtenir l'infirmation de l'ordonnance de prolongation. Vous pouvez néanmoins contester les diligences de l'administration ou invoquer des perspectives d'éloignement irraisonnables, mais sans élément nouveau, l'appel risque d'être rejeté sans audience.
Quels sont les délais pour faire appel d'une décision de prolongation de rétention ?
L'appel doit être formé dans un délai très court, généralement 24 heures à compter de la notification de l'ordonnance de prolongation. Dans cette affaire, l'appel a été interjeté le lendemain de l'ordonnance.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.