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Cour d'appel, retentions, 9 juillet 2026 — n° 26/05407

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Synthèse de la décision

Question juridique

L'appel du ministère public contre une ordonnance rejetant la prolongation de rétention administrative doit-il être déclaré suspensif en l'absence de garanties de représentation et en raison d'une menace pour l'ordre public ?

Principe retenu

L'appel du ministère public peut être déclaré suspensif lorsque l'étranger ne présente pas de garanties de représentation effectives (absence de documents d'identité, de résidence stable) et constitue une menace pour l'ordre public (condamnations pénales).

Faits clés

  • M. [J] [U] est un ressortissant algérien né le 1er mars 2003.
  • Il ne dispose d'aucun document d'identité ou de voyage en cours de validité.
  • Il ne justifie pas d'une résidence stable et effective sur le territoire français.
  • Il a été condamné à plusieurs reprises à des peines d'emprisonnement ferme (notamment pour vol, maintien irrégulier).
  • Une interdiction judiciaire du territoire national de 5 ans a été prononcée à son encontre.

Articles cités

article L.743-22 du CESEDA article R.743-13 du CESEDA article R.743-12 du CESEDA

Dispositif

Ordonnons la notification de la présente décision par tous moyens à l'étranger et son conseil, ainsi qu'au centre de rétention et sa communication au procureur de la République qui veille à son exécution et en informe l'autorité administrative. Le greffier, La conseillère déléguée, Inès BERTHO Carole BATAILLARD

Exposé du litige

N° RG 26/05407 - N° Portalis DBVX-V-B7K-Q7OW Nom du ressortissant : [U] PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE C/ [U] COUR D'APPEL DE LYON JURIDICTION DU PREMIER PRÉSIDENT ORDONNANCE SUR APPEL SUSPENSIF EN DATE DU 09 JUILLET 2026 statuant en matière de Rétentions Administratives des Etrangers Le 09 JUILLET 2026 à 15h00, Etant en notre cabinet sis à la cour d'appel de Lyon, Nous, Carole BATAILLARD, conseillère à la cour d'appel de Lyon, déléguée par ordonnance de Monsieur le premier président de ladite Cour en date du 02 juillet 2026 pour statuer sur les procédures ouvertes en application des articles L.342-7, L. 342-12, L. 743-11, L. 743-21 et L.743-22 du code d'entrée et de séjour des étrangers en France et du droit d'asile, Assistée de Inès BERTHO, greffier, Avons rendu l'ordonnance dont la teneur suit dans la procédure concernant : APPELANT : Monsieur le Procureur de la République près le tribunal judiciaire de Lyon ET INTIME : M. [J] [U] né le 01 Mars 2003 à [Localité 1] (ALGERIE) Actuellement retenu au Centre de rétention administrative de [Localité 2] [Localité 3] ayant pour conseil Maître Melkide HOSSOU, avocat au barreau de LYON, commis d'office Vu la déclaration d'appel reçue le 8 juillet 2026 à 18 heures 10 du Procureur de la République de Lyon à l'encontre d'une ordonnance du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Lyon prononcée le même jour à 16 heures 33 qui a rejeté la requête du Préfet de la Savoie aux fins de prolongation de rétention administrative de [J] [U], accompagnée d'une demande d'effet suspensif, Vu les justificatifs de notification adressés à toutes les parties, Vu l'absence d'observations en réponse des parties,

Motivations de la décision

SUR CE L'appel du ministère public, se référant à l'absence de garanties de représentation effectives et à la menace pour l'ordre public, a été formé dans le délai de six heures et régulièrement notifié, est déclaré recevable. Il ressort de la procédure que l'intéressé ne dispose pas de garanties de représentation effectives en ce qu'il est démuni de tout document d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il ne peut justifier d'une résidence stable et effective sur le territoire français, et a été condamné à plusieurs reprises à des peines d'emprisonnement ferme, le 29 janvier 2024 par le tribunal correctionnel de Thonon-les-Bains à quatre mois d'emprisonnement, lequel a en outre prononcé à son encontre une interdiction judiciaire du territoire national pour une durée de cinq ans à titre complémentaire, le 7 février 2025 par le tribunal correctionnel de Lille à trois mois d'emprisonnement pour des faits de maintien irrégulier sur le territoire français après placement en rétention ou assignation à résidence d'un étranger ayant fait l'objet d'une interdiction judiciaire du territoire, le 3 août 2025 par le tribunal judiciaire de Paris à six mois d'emprisonnement pour des faits de récidive de vol, qu'il a été écroué en exécution de ces peines le 22 septembre 2025 au centre pénitentiaire d'[Etablissement 1], date à laquelle il a été condamné par le tribunal correctionnel d'Annecy à trois mois d'emprisonnement pour des faits de récidive de maintien irrégulier sur le territoire français après placement en rétention ou assignation à résidence d'un étranger ayant fait l'objet d'une interdiction judiciaire du territoire. Il convient donc en application des dispositions des articles L. 743-22 et R.743'13 du CESEDA de déclarer suspensif l'appel du ministère public afin d'assurer la représentation de [J] [U] devant le délégué du premier président. PAR CES MOTIFS Statuant par ordonnance non susceptible de recours, Vu les dispositions des articles R.743-12 et L.743-22 du CESEDA, Déclarons recevable l'appel du procureur de la République de [Localité 2], Déclarons suspensif l'appel du procureur de la République de [Localité 2]. Disons en conséquence que [J] [U] restera à la disposition de la justice jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond à l'audience de la Cour qui se tiendra le 10 juillet 2026 à 10 heures 30 (Salle Lambert)

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un appel suspensif en matière de rétention administrative ?
L'appel suspensif permet de maintenir l'étranger en rétention pendant que l'affaire est examinée par la cour d'appel, afin d'éviter qu'il ne se soustraie à la procédure.
Quelles sont les conditions pour qu'un appel soit suspensif ?
L'appel peut être déclaré suspensif si l'étranger ne présente pas de garanties de représentation effectives (absence de documents d'identité, de domicile stable) ou s'il constitue une menace pour l'ordre public (condamnations pénales).
Que signifie 'absence de garanties de représentation' ?
Cela signifie que l'étranger ne peut pas prouver qu'il restera à disposition de la justice, par exemple parce qu'il n'a pas de passeport valide ou de résidence fixe.
Un étranger condamné pénalement peut-il être maintenu en rétention ?
Oui, les condamnations pénales peuvent être considérées comme une menace pour l'ordre public, justifiant le maintien en rétention dans le cadre d'un appel suspensif.
Quels sont les recours contre une décision de prolongation de rétention ?
L'étranger peut faire appel de l'ordonnance du juge des libertés et de la détention devant le premier président de la cour d'appel, dans un délai de 24 heures.
L'interdiction judiciaire du territoire a-t-elle un impact sur la rétention ?
Oui, l'interdiction judiciaire du territoire renforce l'absence de garanties de représentation et peut être un élément pour justifier la rétention.
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