Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Cour d'appel, referes 1° president, 10 juillet 2026 — n° 26/00082

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

Le premier président peut-il autoriser la consignation du montant des condamnations pécuniaires entre les mains du bâtonnier de l'ordre des avocats pour aménager l'exécution provisoire d'un jugement prud'homal ?

Principe retenu

L'article 521 du code de procédure civile permet à la partie condamnée au paiement de sommes autres que des aliments, des rentes indemnitaires ou des provisions d'éviter l'exécution provisoire en consignant, sur autorisation du juge, les espèces ou valeurs suffisantes pour garantir le montant de la condamnation. La Caisse des dépôts et consignations est la seule autorité légale habilitée à recevoir des fonds séquestrés à ce titre. Le premier président dispose d'un pouvoir discrétionnaire et n'est pas subordonné à la condition de conséquences manifestement excessives.

Faits clés

  • La SAS [1] a été condamnée par le conseil de prud'hommes à payer des sommes à M. [E] [Q].
  • La SAS [1] a saisi le premier président pour obtenir l'autorisation de consigner le montant des condamnations entre les mains du bâtonnier de l'ordre des avocats.
  • La SAS [1] n'a pas établi en quoi l'exécution de la décision ferait courir un risque justifiant la consignation.
  • La Caisse des dépôts et consignations est la seule autorité légale habilitée à recevoir des fonds séquestrés au titre de l'article 521 du code de procédure civile.

Articles cités

article 521 du code de procédure civile article 514-3 du code de procédure civile article 700 du code de procédure civile

Exposé du litige

FAITS ' PROCÉDURE ' PRÉTENTIONS : La SAS [1], créée en juin 2020, est une société qui a pour activité principale la gestion des cafés, glaciers, bars, brasseries et restaurants et fait application de la convention collective des hôtels, cafés, restaurants. Le gérant est M. [F] [G]. Cette société est notamment composée d'un établissement à [Localité 3], un bar, « la Caribe » tandis que M. [G] est également propriétaire par le biais d'une société tierce du fonds de commerce voisin à ce bar, l'Hôtel Ours Blanc. [K] [E] [Q] est entré au service de la société [S] à compter du 1er novembre 2011 en qualité de barman ([Localité 4] « le Caribe »). La société [S] a vendu son fonds de commerce à la société [2] le 30 octobre 2020. Dans le cadre de la cessation d'activité de la société [S], une procédure de licenciement pour motif économique a été engagée. M. [E] [Q] adhérait au dispositif du contrat de sécurisation professionnelle et voyait son contrat rompu le 21 novembre 2020 tandis que la société [S] lui remettait l'ensemble des documents de rupture. La rupture du contrat de travail entre la société [S] et M. [E] [Q] est définitive. A compter du 17 mai 2021, M. [E] [Q] était embauché par la société [1] par un contrat de travail à durée indéterminée en qualité de directeur, pour une rémunération de 3 170 euros bruts. A la date de rupture du contrat, la rémunération de M. [E] [Q] était portée à la somme de 3 670, 76 euros. Le 8 mai 2023, un avertissement était notifié à M. [E] [Q]. Ce dernier bénéficiait d'un congé paternité à compter du 15 juin 2023 jusqu'au 12 juillet 2023 et d'une période de congés dès le 13 juillet 2023 dans le prolongement de son congé paternité, jusqu'au 6 août 2023. Le 4 août 2023, un second avertissement était notifié à M. [E] [Q]. Il était placé en arrêt maladie le 8 août 2023 et ne reprenait jamais son poste de travail. A l'issue d'une visite médicale de reprise en date du 12 octobre 2023, M. [E] [Q] était déclaré inapte à son poste de travail et le médecin du travail optait pour une dispense de recherche de reclassement. M. [E] [Q] était convoqué à un entretien préalable pour le 27 octobre 2023, et il se voyait notifier son licenciement pour inaptitude définitive par un courrier recommandé avec accusé de réception en date du 31 octobre 2023. Par acte du 23 novembre 2023, M. [E] [Q] saisissait le Conseil des prud'hommes de [Localité 3]. Par jugement du 29 janvier 2026, le conseil a : - annulé l'avertissement du 8 mai 2023 ; - et en conséquence condamné la société [1] au paiement à M. [E] [Q] de la somme de 1 500 euros au titre de dommages et intérêts. - annulé l'avertissement du 4 août 2023 ; - et en conséquence condamné la société [1] au paiement à M. [E] [Q] de la somme de 1 500 euros au titre de dommages et intérêts. -constaté que le licenciement pour inaptitude de M. [D] [Q] est sans cause réelle et sérieuse ; - et en conséquence condamné la société [1], au paiement à M. [E] [Q] des sommes suivantes : 11 012,28 euros à titre de l'indemnité pour licenciement sans cause réelle et sérieuse ; 11 010, 78 euros bruts à titre de l'indemnité compensatrice de préavis ; outre 1 101, 07 euros de congés payés afférents. - condamné la société [1] à verser à M. [E] [Q] l'intégralité de la prime d'intéressement pour l'année 2022 soit 3 670, 26 euros bruts outre 367, 02 euros bruts au titre de congés payés afférents. - constaté que la société [1] a procédé au versement indu de 46,60 euros au titre du paiement de l'indemnité compensatrice de congés payés incluant la période d'arrêt maladie ; - condamné M.

Motivations de la décision

MOTIVATION : Aux termes de l'article 521 du code de procédure civile, la partie condamnée au paiement de sommes autres que des aliments, des rentes indemnitaires ou des provisions peut éviter que l'exécution provisoire soit poursuivie en consignant, sur autorisation du juge, les espèces ou les valeurs suffisantes pour garantir, en principal, intérêts et frais, le montant de la condamnation. La possibilité d'aménagement prévue à l'article précité n'est pas subordonnée à la condition de l'existence de conséquences manifestement excessives posée par l'article 514-3 du code de procédure civile et le premier président dispose, en la matière, d'un pouvoir discrétionnaire. En l'espèce, la SAS [1] sollicite l'aménagement de l'exécution provisoire du jugement en requérant l'autorisation de consigner le montant des condamnations pécuniaires prononcées à son encontre entre les mains du bâtonnier de l'ordre des avocats de [Localité 5]. Cependant, elle n'établit pas en quoi l'exécution de la décision ferait courir un risque tel qu'il justifierait la consignation des sommes, objet des condamnations. Au surplus, il convient de rappeler que la Caisse des dépôts et consignations constitue la seule autorité légale habilitée à recevoir des fonds séquestrés au titre de l'article 521 du code de procédure civile. Il conviendra donc de rejeter la demande de consignation formulée par la SAS [1]. Comme elle succombe, elle supportera la charge des dépens de la présente instance et sera condamnée à payer à M. [E] [Q], la somme de 1 000 euros du chef de l'article 700 du code de procédure civile.

Dispositif

PAR CES MOTIFS : Rejetons demande formulée par la SAS [1] d'aménagement de l'exécution provisoire du jugement du 29 janvier 2026 sous la forme d'une consignation entre les mains du bâtonnier de l'ordre des avocats de [Localité 5], Condamnons la SAS [1] aux dépens de la présente instance de référé, Condamnons la SAS [1] à payer à [K] [E] [Q] la somme de 1 000 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile. LA GREFFIERE LE MAGISTRAT DELEGUE K. DJENANE P. MAZIERES

Questions fréquentes

Puis-je demander à consigner les sommes dues pour éviter l'exécution provisoire d'un jugement prud'homal ?
Oui, en vertu de l'article 521 du code de procédure civile, vous pouvez demander au premier président l'autorisation de consigner les espèces ou valeurs suffisantes pour garantir le montant de la condamnation. Cette demande n'est pas subordonnée à la condition de conséquences manifestement excessives.
Le bâtonnier peut-il être le séquestre des fonds consignés ?
Non, la Caisse des dépôts et consignations est la seule autorité légale habilitée à recevoir des fonds séquestrés au titre de l'article 521 du code de procédure civile. Le bâtonnier de l'ordre des avocats n'est pas compétent pour recevoir ces fonds.
Quelles sont les conditions pour obtenir l'autorisation de consigner ?
Vous devez établir que l'exécution de la décision ferait courir un risque justifiant la consignation. Le premier président dispose d'un pouvoir discrétionnaire pour apprécier votre demande.
Quel est le rôle de la Caisse des dépôts et consignations dans l'exécution provisoire ?
La Caisse des dépôts et consignations est l'organisme légal habilité à recevoir les fonds consignés en garantie des condamnations pécuniaires, conformément à l'article 521 du code de procédure civile.
Le premier président peut-il refuser une demande de consignation ?
Oui, le premier président peut refuser la demande s'il estime que le risque invoqué n'est pas suffisamment établi. Dans cette affaire, la demande a été rejetée car la société n'a pas démontré en quoi l'exécution ferait courir un risque.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.