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Cour d'appel, chambre civile 1-7, 9 juillet 2026 — n° 26/04405

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Synthèse de la décision

Question juridique

Le maintien de l'hospitalisation complète sans consentement est-il justifié malgré l'absence d'assistance d'un avocat en première instance due à un mouvement de grève du barreau ?

Principe retenu

L'hospitalisation complète sans consentement est maintenue si les troubles mentaux rendent impossible le consentement et imposent des soins immédiats avec surveillance médicale constante. L'absence d'avocat en première instance due à un mouvement de grève collectif constitue une circonstance insurmontable n'entachant pas la régularité de la procédure.

Faits clés

  • M. [K] [D] a été admis en soins psychiatriques sans consentement le 21 juin 2026 à la demande de sa sœur.
  • Le premier juge a autorisé le maintien de l'hospitalisation complète le 29 juin 2026.
  • M. [D] n'a pas été assisté d'un avocat en première instance en raison d'un mouvement de grève du barreau du Val d'Oise.
  • Le certificat médical du 6 juillet 2026 suggère le maintien de l'hospitalisation complète.
  • L'UDAF 95, tuteur de M. [D], a été convoquée aux audiences.

Articles cités

article L3211-12-4 du Code de la Santé publique article L3211-12-1 du Code de la Santé publique article L3212-1 du Code de la Santé publique

Dispositif

PAR CES MOTIFS Le magistrat délégué du premier président, statuant en dernier ressort, publiquement, par décision réputée contradictoire mise à disposition au greffe, Confirme l'ordonnance entreprise, Laisse les dépens à la charge de l'État. Prononcé par mise à disposition au greffe de la cour, les parties en ayant été préalablement avisées selon les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du code de procédure civile. Fait à [Localité 1], le jeudi 09 juillet 2026 Et ont signé la présente Florence DUBOIS-STEVANT, Présidente et Maëva VEFOUR, Greffier Le Greffier, La Présidente,

Exposé du litige

Exposé des faits et de la procédure M. [K] [D] a été admis en soins psychiatriques sans consentement le 21 juin 2026 par une décision prise par le directeur d'établissement, en urgence à la demande de sa s'ur, Mme [W] [D]. Par requête enregistrée le 26 juin 2026 le directeur d'établissement a saisi le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Pontoise dans le cadre du contrôle obligatoire de la mesure prévu à l'article L. 3211-12-1 du code de la santé publique. Par ordonnance du 29 juin 2026, le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Pontoise a autorisé le maintien de l'hospitalisation complète de M. [K] [D]. M. [K] [D] a interjeté appel de cette ordonnance le 3 juillet 2026. Les parties ont été convoquées à l'audience du 8 juillet 2026. L'avocat de M. [K] [D] a conclu, le 7 juillet 2026, à l'infirmation de l'ordonnance entreprise et à la mainlevée de l'hospitalisation sous contrainte faisant valoir qu'il n'était pas justifié des convocations, devant le premier juge puis en appel, du tuteur de M. [D] et qu'il n'avait pas été assisté d'un avocat en première instance à la suite d'un mouvement de grève. L'avocat général est d'avis, dans son avis écrit du 7 juillet 2026, que l'ordonnance de maintien de l'hospitalisation complète de M. [K] [D] soit confirmée. Le certificat médical de situation du 6 juillet 2026 suggère le maintien de l'hospitalisation complète de M. [K] [D]. L'audience s'est tenue au siège de la juridiction, en chambre du conseil. L'avocat de M. [K] [D] indique ne pas maintenir ses conclusions écrites s'agissant des convocations du tuteur de M. [K] [D], s'en rapporter à ses écritures sur la procédure et, sur le fond, s'en rapporter aux propos de M. [K] [D].

Motivations de la décision

MOTIVATION L'UDAF 95 a bien été convoquée à l'audience devant le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Pontoise puis en appel. M. [D] n'a pas été assisté d'un avocat devant le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Pontoise en raison de la décision prise collectivement par le barreau du Val d'Oise de suspendre toute participation des avocats au service des commissions d'office. Une telle décision constitue des circonstances insurmontables empêchant l'assistance d'un avocat. Aucune irrégularité n'entache donc la procédure devant le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Pontoise ni la procédure d'appel. Aux termes de l'article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être hospitalisée en soins psychiatriques sans son consentement lorsque ses troubles mentaux rendent impossible son consentement et que son état mental impose des soins immédiats assortis soit d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d'une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous la forme de programme de soins. Il résulte des certificats médicaux de 24 heures et de 72 heures et de l'avis motivé du 26 juin 2026 qu'il existe des troubles mentaux qui ne permettent pas un consentement réel aux soins et nécessitent une surveillance médicale constante. Ressortent de l'avis médical motivé du 6 juillet 2026 la persistance de troubles mentaux rendant impossible le consentement de M. [D] et un état mental imposant des soins immédiats assortis d'une surveillance médicale constante. Il s'ensuit que l'ordonnance du 30 juin 2026 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Pontoise ayant autorisé le maintien de l'hospitalisation complète de M. [D] sera confirmée.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'hospitalisation sous contrainte ?
L'hospitalisation sous contrainte est une mesure de soins psychiatriques sans consentement, décidée lorsque les troubles mentaux rendent impossible le consentement et imposent des soins immédiats avec surveillance médicale constante.
Puis-je être hospitalisé sans avocat ?
Oui, si des circonstances insurmontables, comme un mouvement de grève collectif des avocats, empêchent l'assistance d'un avocat en première instance, cela ne rend pas la procédure irrégulière.
Comment contester une hospitalisation sous contrainte ?
Vous pouvez interjeter appel de l'ordonnance du magistrat du siège du tribunal judiciaire autorisant le maintien de l'hospitalisation, dans un délai de 10 jours à compter de la notification.
Quels sont les critères pour le maintien de l'hospitalisation complète ?
Le maintien est justifié si les certificats médicaux récents attestent de la persistance de troubles mentaux rendant impossible le consentement et nécessitant une surveillance médicale constante.
Quel est le rôle du tuteur dans cette procédure ?
Le tuteur (ici l'UDAF 95) doit être convoqué aux audiences pour représenter les intérêts du patient, mais son absence ne bloque pas la procédure si la convocation a été faite.
Que se passe-t-il si mon état mental s'améliore ?
Si les certificats médicaux montrent une amélioration permettant le consentement ou une surveillance moins contraignante, le juge peut ordonner la mainlevée de l'hospitalisation complète.
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