Cour d'appel, chambre civile 1-7, 9 juillet 2026 — n° 26/04373
Synthèse de la décision
Question juridique
Le maintien de l'hospitalisation complète sans consentement est-il justifié au regard des conditions légales ?
Principe retenu
Une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être hospitalisée sans son consentement que si ses troubles rendent impossible son consentement et que son état mental impose des soins immédiats avec surveillance médicale constante ou régulière.
Faits clés
- Mme [I] [A] a été admise en soins psychiatriques sans consentement le 25 juin 2026
- Admission en urgence à la demande de son frère, M. [S] [A]
- Certificats médicaux de 24h et 72h et avis motivé du 29 juin 2026 attestent de troubles mentaux
- Avis médical motivé du 8 juillet 2026 persiste sur l'impossibilité de consentement et nécessité de surveillance constante
- La patiente est d'accord avec les soins mais son consentement est jugé impossible
Articles cités
article L3211-12-4 du Code de la Santé publique
article L3212-1 du Code de la Santé publique
article L3211-12-1 du Code de la Santé publique
Dispositif
Laissons les dépens à la charge de l'État.
Prononcé par mise à disposition au greffe de la cour, les parties en ayant été préalablement avisées selon les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du code de procédure civile.
Fait à [Localité 1], le jeudi 09 juillet 2026
Et ont signé la présente ordonnance, Florence DUBOIS-STEVANT, Présidente et Maëva VEFOUR, Greffier
Le Greffier, La Présidente,
Exposé du litige
Exposé des faits et de la procédure
Mme [I] [A] a été admise en soins psychiatriques sans consentement le 25 juin 2026 par une décision prise par le directeur d'établissement, en urgence à la demande de son frère, M. [S] [A].
Par requête enregistrée le 29 juin 2026 le directeur d'établissement a saisi le juge des libertés et de la détention dans le cadre du contrôle obligatoire de la mesure prévu à l'article L. 3211-12-1 du code de la santé publique.
Par ordonnance du 30 juin 2026, le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Pontoise a autorisé le maintien de l'hospitalisation complète de Mme [I] [A].
Mme [I] [A] a interjeté appel de cette ordonnance le 30 juin 2026.
Les parties ont été convoquées à l'audience du 8 juillet 2026.
L'audience s'est tenue au siège de la juridiction, en chambre du conseil.
L'avocat général est d'avis, dans son avis écrit du 3 juillet 2026, que l'ordonnance de maintien de l'hospitalisation complète de Mme [I] [A] soit confirmée.
Le certificat médical de situation du 8 juillet 2026, 9 heures 15, suggère le maintien de l'hospitalisation complète.
L'avocat de Mme [I] [A] s'en rapporte sur la régularité de la procédure et, sur le fond, fait valoir que la patiente est d'accord avec les soins.
Mme [I] [A] a pu s'exprimer en dernier.
Motivations de la décision
MOTIVATION
Aux termes de l'article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être hospitalisée en soins psychiatriques sans son consentement lorsque ses troubles mentaux rendent impossible son consentement et que son état mental impose des soins immédiats assortis soit d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d'une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous la forme de programme de soins.
Il ressort des certificats médicaux de 24 heures et de 72 heures et de l'avis motivé du 29 juin 2026 qu'il existe des troubles mentaux qui ne permettent pas un consentement réel aux soins et nécessitent une surveillance médicale constante.
Ressortent de l'avis médical motivé du 8 juillet 2026, établi préalablement à l'audience, la persistance de troubles mentaux rendant impossible le consentement de Mme [A] et un état mental imposant des soins immédiats assortis d'une surveillance médicale constante.
Il s'ensuit que l'ordonnance du 30 juin 2026 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Pontoise ayant autorisé le maintien de l'hospitalisation complète de Mme [I] [A] sera confirmée.
PAR CES MOTIFS
Le magistrat délégué du premier président, statuant en dernier ressort, publiquement, par décision réputée contradictoire mise à disposition au greffe
Confirmons l'ordonnance entreprise,
Questions fréquentes
Quelles sont les conditions pour une hospitalisation sans consentement ?
Il faut que la personne souffre de troubles mentaux rendant impossible son consentement et que son état impose des soins immédiats avec une surveillance médicale constante (hospitalisation complète) ou régulière (programme de soins).
Mon frère m'a fait hospitaliser contre mon gré, est-ce légal ?
Oui, c'est légal si les conditions sont remplies : troubles mentaux, impossibilité de consentir, nécessité de soins immédiats. La demande d'un tiers (comme un frère) est prévue par la loi.
Puis-je refuser les soins psychiatriques si je suis hospitalisé sous contrainte ?
Non, car l'hospitalisation sous contrainte suppose que votre consentement est impossible en raison de vos troubles. Les soins sont alors administrés sans votre accord.
Que faire si je suis d'accord avec les soins mais que l'hôpital me maintient de force ?
Vous pouvez contester la décision en faisant appel. Dans cette affaire, la patiente était d'accord mais les médecins estimaient que son consentement était impossible, ce qui a justifié le maintien.
Quels sont mes droits en cas d'hospitalisation forcée ?
Vous avez droit à un avocat, à un examen médical régulier, à un contrôle par le juge des libertés et de la détention, et à un appel de la décision de maintien.
Combien de temps dure une hospitalisation sous contrainte ?
La durée n'est pas fixe ; elle est réévaluée régulièrement par des certificats médicaux. Le juge contrôle le maintien au-delà de 12 jours, puis périodiquement.
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