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Cour d'appel, rétention administrative, 9 juillet 2026 — n° 26/00718

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Synthèse de la décision

Question juridique

L'appel du ministère public contre une ordonnance de remise en liberté d'un étranger en rétention administrative peut-il être déclaré suspensif en raison de l'absence de garanties de représentation ?

Principe retenu

L'appel du ministère public contre une décision mettant fin à la rétention administrative peut être déclaré suspensif si l'étranger ne dispose pas de garanties de représentation effectives ou en cas de menace grave pour l'ordre public. En l'espèce, l'absence d'activité professionnelle, de ressources, de domicile stable et de charge de famille constitue une absence de garanties de représentation justifiant la suspension de l'exécution de l'ordonnance de remise en liberté.

Faits clés

  • M. [U] [A] [L] [R] est de nationalité espagnole et né au Maroc
  • Il a indiqué être célibataire, sans enfant à charge, sans activité professionnelle, sans ressources et résidant dans un foyer
  • Le juge du tribunal judiciaire a ordonné sa remise en liberté le 9 juillet 2026
  • Le procureur de la République a interjeté appel le même jour avec demande d'effet suspensif
  • L'étranger et son conseil n'ont pas présenté d'observations dans le délai légal

Articles cités

article L 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R 743-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance. Le président,

Exposé du litige

REPUBLIQUE FRANCAISE AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS COUR D'APPEL DE METZ ORDONNANCE DU 09 JUILLET 2026 Nous, Pierre CASTELLI, Président de chambre, agissant sur délégation de Monsieur le premier président de la cour d'appel de Metz, Dans l'affaire N° RG 26/00718 - N° Portalis DBVS-V-B7K-GS2U ETRANGER entre : Le procureur de la République Et M. [U] [A] [L] [R] né le 09 Mars 1993 à [Localité 1] AU MAROC de nationalité espagnole Actuellement en rétention administrative. Vu l'ordonnance rendue le 9 juillet 2026 à 09h49 par le juge du tribunal judiciaire ordonnant la remise en liberté immédiate de M. [U] [A] [L] [R] à l'issue des formalités administratives au centre de rétention administrative de [Etablissement 1] et notifiée le même jour à 9 heures 55 à M. Le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Metz ; Vu l'appel de cette décision de M. Le procureur de la République près le tribunal judiciaire le 9 juillet 2026 à 15h45, réceptionné au greffe de la chambre des libertés le même jour à 15h49 ; Vu la demande d'effet suspensif de l'appel de l'ordonnance de refus de prolongation de la mesure de rétention administrative formulée dans l'acte d'appel ; Vu la notification de la déclaration d'appel avec demande d'appel suspensif faite à M. [U] [A] [L] [R] le 9 juillet 2026 à 16h20 avec indication des modalités et du délai des observations en réponse à la demande de déclaration d'effet suspensif à éventuellement formuler auprès du magistrat devant statuer sur cette demande, Vu les notifications du recours suspensif du 9 juillet 2026 effectuées par le parquet: - à Me Laurent PETIT, avocat au barreau de Metz, conseil de M. [U] [A] [L] [R], par courriel à 15h49 - au préfet de la Moselle, par courriel à 15h49 Constatant l'absence d'observations faite par l'étranger ou son conseil dans le délai prévu à l'article R 743-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

Motivations de la décision

SUR CE, Vu le dossier de la procédure, Vu l'article L 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui dispose que l'appel n'est pas suspensif, mais que toutefois, le ministère public peut demander au premier président de la cour d'appel ou à son délégué de déclarer son recours suspensif lorsqu'il lui apparaît que l'intéressé ne dispose pas de garanties de représentation effectives ou en cas de menace grave pour l'ordre public. Dans ce cas, l'appel, accompagné de la demande qui se réfère à l'absence de garanties de représentation effectives ou à la menace grave pour l'ordre public, est formé dans un délai de 6 heures (décision n°2025-11158 du Conseil Constitutionnel du 12/09/2025 publié au JO le 13/09/2025) à compter de la notification de l'ordonnance au procureur de la République et transmis au premier président de la cour d'appel ou à son délégué. Celui-ci décide, sans délai, s'il y a lieu de donner à cet appel un effet suspensif, en fonction des garanties de représentation dont dispose l'étranger ou de la menace grave pour l'ordre public, par une ordonnance motivée rendue contradictoirement et qui n'est pas susceptible de recours. Par dérogation au présent article, l'appel interjeté contre une décision mettant fin à la rétention est suspensif lorsque l'intéressé a été condamné à une peine d'interdiction du territoire pour des actes de terrorisme prévus au titre II du livre IV du code pénal ou s'il fait l'objet d'une mesure d'éloignement édictée pour un comportement lié à des activités à caractère terroriste. L'intéressé est maintenu à la disposition de la justice jusqu'à ce que cette ordonnance soit rendue et, si elle donne un effet suspensif à l'appel du ministère public, jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond. En l'espèce, M. [U] [A] [L] [R] a indiqué aux policiers le 3 juillet 2026 qu'il était célibataire, sans enfant à charge, qu'il n'exerçait aucune activité professionnelle, qu'il n'avait aucune ressource et qu'il résidait dans un foyer. Il se déduit de ces circonstances que l'intimé ne présente pas de garanties suffisantes de représentation et risque de se soustraire, si elle lui est défavorable à la décision d'appel, de sorte qu'il y a lieu de suspendre les effets de l'ordonnance déférée. PAR CES MOTIFS Statuant sans délai par décision in susceptible de recours, PRONONÇONS LA SUSPENSION DE L'EXÉCUTION de l'ordonnance rendue par le juge du tribunal judiciaire de Metz en date du 9 juillet 2026 ayant déclaré sans objet la requête aux fins de prolongation de la rétention dans des locaux ne dépendant pas de l'administration pénitentiaire de M. [U] [A] [L] [R] et ordonné sa mise en liberté, ORDONNONS LE MAINTIEN A LA DISPOSITION DE LA JUSTICE de M. [U] [A] [L] [R] jusqu'au prononcé de la décision à intervenir statuant sur l'appel, les conditions du maintien étant déterminées comme le prévoit l'article R 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; DISONS que la présente décision conférant un caractère suspensif à l'appel du ministère public sera portée à la connaissance de l'étranger et de son conseil par le greffe de la cour d'appel et communiquée au procureur de la république, qui veillera à son exécution et en informera l'autorité administrative qui a prononcé la rétention, AVISONS les parties que l'audience d'appel aura lieu le vendredi 10 juillet 2026 à 14h30 ;

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'appel suspensif du procureur en matière de rétention administrative ?
L'appel suspensif permet au ministère public de demander au premier président de la cour d'appel de suspendre l'exécution d'une ordonnance de remise en liberté d'un étranger, afin qu'il reste en rétention pendant l'examen de l'appel.
Quelles sont les conditions pour que l'appel du parquet soit suspensif ?
L'appel peut être déclaré suspensif si l'étranger ne présente pas de garanties de représentation effectives (absence de domicile stable, de ressources, d'emploi, de famille) ou en cas de menace grave pour l'ordre public.
Que se passe-t-il si l'étranger n'a pas de domicile fixe ?
L'absence de domicile fixe est un indice d'absence de garanties de représentation. Dans cette affaire, l'étranger résidait dans un foyer, sans activité professionnelle ni ressources, ce qui a justifié la suspension de la remise en liberté.
Puis-je être maintenu en rétention pendant l'appel du procureur ?
Oui, si le premier président ou son délégué déclare l'appel suspensif, vous êtes maintenu à la disposition de la justice jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond de l'appel.
Quel est le délai pour que le procureur fasse un appel suspensif ?
L'appel avec demande d'effet suspensif doit être formé dans un délai de 6 heures à compter de la notification de l'ordonnance au procureur de la République.
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