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Cour d'appel, rétention administrative, 12 juillet 2026 — n° 26/00729

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Synthèse de la décision

Question juridique

L'appel du ministère public contre une ordonnance de remise en liberté d'un étranger retenu doit-il être déclaré suspensif en raison de l'absence de garanties de représentation ?

Principe retenu

L'appel du ministère public contre une décision mettant fin à la rétention administrative peut être déclaré suspensif si l'étranger ne dispose pas de garanties de représentation effectives ou en cas de menace grave pour l'ordre public. En l'espèce, l'absence de document d'identité ou de voyage en cours de validité constitue une absence de garanties de représentation justifiant la suspension de l'exécution de l'ordonnance de remise en liberté.

Faits clés

  • M. [X] [M], de nationalité tunisienne, né le 13 septembre 2001, est placé en rétention administrative.
  • Le juge du tribunal judiciaire de Metz a ordonné sa remise en liberté le 12 juillet 2026.
  • Le procureur de la République a interjeté appel de cette ordonnance le même jour à 16h02, avec demande d'effet suspensif.
  • M. [X] [M] ne dispose d'aucun document d'identité ou de voyage en cours de validité, seulement d'une photocopie de son passeport.
  • Aucune observation n'a été formulée par l'étranger ou son conseil dans le délai légal.

Articles cités

article L 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R 743-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

REPUBLIQUE FRANCAISE AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS COUR D'APPEL DE METZ ORDONNANCE DU 12 JUILLET 2026 Nous, François-Xavier KOEHL, Conseiller, agissant sur délégation de Monsieur le premier président de la cour d'appel de Metz, Dans l'affaire N° RG 26/00729 - N° Portalis DBVS-V-B7K-GS4F ETRANGER entre : Le procureur de la République Et M. [X] [M] né le 13 Septembre 2001 à [Localité 1] (TUNISIE) de nationalité Tunisienne Actuellement en rétention administrative. Vu l'ordonnance rendue le 12 juillet 2026 à 13h14 par le juge du tribunal judiciaire ordonnant la remise en liberté immédiate de M. [X] [M] à l'issue des formalités administratives au centre de rétention administrative de [Etablissement 1] et notifiée le même jour à 13h20 à M. Le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Metz ; Vu l'appel de cette décision de M. Le procureur de la République près le tribunal judiciaire le 12 juillet 2026 à 16h02, réceptionné au greffe de la chambre des libertés le même jour à 16h03 ; Vu la demande d'effet suspensif de l'appel de l'ordonnance de refus de prolongation de la mesure de rétention administrative formulée dans l'acte d'appel ; Vu la notification de la déclaration d'appel avec demande d'appel suspensif faite à M. [X] [M] le 12 juillet 2026 à 16h19 avec indication des modalités et du délai des observations en réponse à la demande de déclaration d'effet suspensif à éventuellement formuler auprès du magistrat devant statuer sur cette demande, Vu les notifications du recours suspensif du 12 juillet 2026 effectuées par le parquet: - à Me Amadou CISSE, avocat au barreau de Metz, conseil de M. [X] [M], par courriel à 16h03 - au préfet de [Localité 2]-et-[Localité 3], par courriel à 16h03 Constatant l'absence d'observations faite par l'étranger ou son conseil dans le délai prévu à l'article R 743-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

Motivations de la décision

SUR CE, Vu le dossier de la procédure, Vu l'article L 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui dispose que l'appel n'est pas suspensif, mais que toutefois, le ministère public peut demander au premier président de la cour d'appel ou à son délégué de déclarer son recours suspensif lorsqu'il lui apparaît que l'intéressé ne dispose pas de garanties de représentation effectives ou en cas de menace grave pour l'ordre public. Dans ce cas, l'appel, accompagné de la demande qui se réfère à l'absence de garanties de représentation effectives ou à la menace grave pour l'ordre public, est formé dans un délai de 6 heures (décision n°2025-11158 du Conseil Constitutionnel du 12/09/2025 publié au JO le 13/09/2025) à compter de la notification de l'ordonnance au procureur de la République et transmis au premier président de la cour d'appel ou à son délégué. Celui-ci décide, sans délai, s'il y a lieu de donner à cet appel un effet suspensif, en fonction des garanties de représentation dont dispose l'étranger ou de la menace grave pour l'ordre public, par une ordonnance motivée rendue contradictoirement et qui n'est pas susceptible de recours. Par dérogation au présent article, l'appel interjeté contre une décision mettant fin à la rétention est suspensif lorsque l'intéressé a été condamné à une peine d'interdiction du territoire pour des actes de terrorisme prévus au titre II du livre IV du code pénal ou s'il fait l'objet d'une mesure d'éloignement édictée pour un comportement lié à des activités à caractère terroriste. L'intéressé est maintenu à la disposition de la justice jusqu'à ce que cette ordonnance soit rendue et, si elle donne un effet suspensif à l'appel du ministère public, jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond. En l'espèce, M. [X] [M], ne dispose d'aucun document d'identité ou de voyage en cours de validité, la détention d'une simple photocopie de son passeport étant insuffisante comme garantie de représentation. Il se déduit de ces circonstances que l'intimé ne présente pas de garanties suffisantes de représentation et risque de se soustraire, si elle lui est défavorable à la décision d'appel, de sorte qu'il y a lieu de suspendre les effets de l'ordonnance déférée. PAR CES MOTIFS Statuant sans délai par décision insusceptible de recours, PRONONÇONS LA SUSPENSION DE L'EXÉCUTION de l'ordonnance rendue par le juge du tribunal judiciaire de Metz en date du 12 juillet 2026 ayant rejeté la requête aux fins de prolongation de la rétention dans des locaux ne dépendant pas de l'administration pénitentiaire de M. [X] [M] et ordonné sa mise en liberté, ORDONNONS LE MAINTIEN A LA DISPOSITION DE LA JUSTICE de M. [X] [M] jusqu'au prononcé de la décision à intervenir statuant sur l'appel, les conditions du maintien étant déterminées comme le prévoit l'article R 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; DISONS que la présente décision conférant un caractère suspensif à l'appel du ministère public sera portée à la connaissance de l'étranger et de son conseil par le greffe de la cour d'appel et communiquée au procureur de la république, qui veillera à son exécution et en informera l'autorité administrative qui a prononcé la rétention, AVISONS les parties que l'audience d'appel aura lieu le lundi 13 juillet 2026 à 14h00 ;

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance. Le conseiller,

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'appel suspensif du procureur en matière de rétention administrative ?
L'appel suspensif permet au procureur de demander au premier président de la cour d'appel de suspendre l'exécution d'une ordonnance de remise en liberté d'un étranger retenu, afin de maintenir celui-ci en rétention jusqu'à ce que la cour statue sur l'appel. Cette demande doit être fondée sur l'absence de garanties de représentation ou une menace grave pour l'ordre public.
Quels sont les motifs pour que l'appel du procureur soit suspensif ?
Les motifs sont l'absence de garanties de représentation effectives (par exemple, absence de document d'identité ou de voyage en cours de validité) ou une menace grave pour l'ordre public. Dans cette affaire, l'absence de passeport valide (seulement une photocopie) a été retenue comme absence de garanties de représentation.
Que se passe-t-il si le juge ordonne ma libération mais que le parquet fait appel ?
Si le parquet fait appel avec demande d'effet suspensif, vous êtes maintenu à la disposition de la justice jusqu'à ce que le premier président statue sur cette demande. Si l'effet suspensif est accordé, vous restez en rétention jusqu'à l'audience d'appel. Dans le cas contraire, vous êtes libéré.
Suis-je considéré comme ayant des garanties de représentation si j'ai une photocopie de mon passeport ?
Non, une simple photocopie de passeport est insuffisante pour constituer une garantie de représentation effective. Il faut un document d'identité ou de voyage en cours de validité original. Dans cette affaire, la photocopie a été jugée insuffisante.
Combien de temps le procureur a-t-il pour demander l'effet suspensif ?
Le procureur doit former son appel avec demande d'effet suspensif dans un délai de 6 heures à compter de la notification de l'ordonnance de remise en liberté. Ce délai a été fixé par une décision du Conseil Constitutionnel.
Puis-je être libéré pendant l'appel du parquet ?
Non, tant que le premier président n'a pas statué sur la demande d'effet suspensif, vous êtes maintenu à la disposition de la justice. Si l'effet suspensif est accordé, vous restez en rétention jusqu'à l'audience d'appel. Si refusé, vous êtes libéré immédiatement.
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