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Cour d'appel, rétention administrative, 10 juillet 2026 — n° 26/00719

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Synthèse de la décision

Question juridique

L'administration a-t-elle accompli les diligences nécessaires pour justifier la prolongation de la rétention administrative d'un étranger en vue de son éloignement ?

Principe retenu

Un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ ; l'administration doit exercer toute diligence à cet effet. En l'espèce, la demande de laissez-passer a été adressée dès le surlendemain du placement, et les démarches ultérieures ont été effectuées sans délai, ce qui constitue des diligences suffisantes.

Faits clés

  • M. [N] [X], ressortissant marocain, placé en rétention administrative le 9 juin 2026.
  • Demande de laissez-passer adressée au consulat du Maroc le 11 juin 2026.
  • Réponse du consulat le 18 juin 2026 indiquant une procédure d'identification de droit commun.
  • Transmission de la demande à la direction générale des étrangers en France le 30 juin 2026.
  • Accusé de réception le 1er juillet 2026.

Articles cités

article L741-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L743-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R743-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS COUR D'APPEL DE METZ ORDONNANCE DU 10 JUILLET 2026 2ème prolongation Nous, Pierre CASTELLI, président de chambre, agissant sur délégation de Monsieur le premier président de la cour d'appel de Metz, assisté de Sonia DE SOUSA, greffière ; Dans l'affaire N° RG 26/00719 - N° Portalis DBVS-V-B7K-GS27 ETRANGER : M. [N] [X] né le 12 Novembre 1975 à MAROC de nationalité Marocaine Actuellement en rétention administrative. Vu la décision de M. LE PREFET DE SAONE-ET-LOIRE prononçant le placement en rétention de l'intéressé ; Vu l'ordonnance rendue par le juge du tribunal judiciaire ordonnant le maintien de l'intéressé dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire jusqu'au 08 juillet 2026 inclus; Vu la requête en prolongation de M. LE PREFET DE SAONE-ET-LOIRE; Vu l'ordonnance rendue le 09 juillet 2026 à 10h47 par le juge du tribunal judiciaire ordonnant la prolongation de la rétention dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire et ce pour une durée maximale de 30 jours jusqu'au 07 aout 2026 inclus ; Vu l'acte d'appel de l'association assfam ' groupe sos pour le compte de M. [N] [X] interjeté par courriel du 09 juillet 2026 à 14h20 contre l'ordonnance ayant statué sur la prolongation de la mesure de rétention administrative ; Vu l'avis adressé à Monsieur le procureur général de la date et l'heure de l'audience; A l'audience publique de ce jour, à 14 H 30, en visioconférence se sont présentés : - M. [N] [X], appelant, assisté de Me Anne BICHAIN, avocat de permanence commis d'office, présente lors du prononcé de la décision; - M. LE PREFET DE SAONE-ET-LOIRE, intimé, représenté par Me Adrien PHALIPPOU, avocat au barreau de Paris substituant la selarl centaure avocats du barreau de Paris, présent lors du prononcé de la décision Me Anne BICHAIN et M. [N] [X], ont présenté leurs observations ; M. LE PREFET DE SAONE-ET-LOIRE, représenté par son avocat a sollicité la confirmation de l'ordonnance entreprise ; M. [N] [X], a eu la parole en dernier.

Motivations de la décision

Sur ce, - Sur la recevabilité de l'acte d'appel L'appel est recevable comme ayant été formé dans les formes et délai prévus par les dispositions des articles L. 743-21, R. 743-10 et R. 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. - Sur l'absence de diligences Selon l'article L 741-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ, l'administration doit exercer toute diligence à cet effet. En l'espèce, il apparaît qu'une demande de laissez-passer a été adressée par courrier électronique dès le 11 juin 2026 au consul général du Maroc à [Localité 1], soit dès le surlendemain du placement en rétention administrative de M. [N] [X]. Le consul général du Maroc à [Localité 1] a répondu le 18 juin 2026 que le cas qui lui avait été soumis relevait de la procédure d'identification de droit commun. Compte tenu de cette réponse, la préfecture de Saône-et-Loire a alors transmis sa demande de laissez-passer le 30 juin 2026 à la direction générale des étrangers en France qui en a accusé réception le 1er juillet 2026. Au vu de ces éléments, il ne peut être reproché par M. [N] [X] à l'administration de ne pas avoir justifié de ce que les autorités marocaines avaient été saisies d'une demande laissez-passer alors que la demande de laissez-passer leur a été transmise dès le 11 juin 2026. Dès lors et en l'état, l'administration doit être regardée comme ayant accompli les diligences nécessaires en vue de l'éloignement de M. [N] [X] du territoire français dans le délai le plus bref possible. En conséquence, l'ordonnance entreprise est confirmée. PAR CES MOTIFS Statuant publiquement, contradictoirement, en dernier ressort, DÉCLARONS recevable l'appel de M. [N] [X] CONFIRMONS l'ordonnance rendue par le juge du tribunal judiciaire de Metz le 09 juillet 2026 à 10h47;

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance; DISONS n'y avoir lieu à dépens. Prononcée publiquement à Metz, le 10 Juillet 2026 à 15h50 La greffière, Le président de chambre, N° RG 26/00719 - N° Portalis DBVS-V-B7K-GS27 M. [N] [X] contre M. LE PREFET DE SAONE ET LOIRE Ordonnnance notifiée le 10 Juillet 2026 par courriel, par le greffe de la chambre des libertés de la cour d'appel à : - M. [N] [X] et son conseil, M. LE PREFET DE SAONE ET LOIRE et son représentant, au cra de Metz, au juge du tj de Metz, au procureur général de la cour d'appel de Metz

Questions fréquentes

Quelles sont les diligences que l'administration doit prouver pour prolonger ma rétention ?
L'administration doit démontrer qu'elle a accompli toutes les démarches nécessaires pour obtenir votre éloignement, notamment en sollicitant un laissez-passer consulaire dès que possible. Dans cette affaire, la demande a été faite le surlendemain du placement, ce qui a été jugé suffisant.
Puis-je contester la prolongation de ma rétention administrative ?
Oui, vous pouvez interjeter appel de l'ordonnance de prolongation dans les 24 heures suivant sa notification. Dans ce cas, l'appel a été déclaré recevable car formé dans les délais, mais l'ordonnance a été confirmée.
Combien de temps peut-on me retenir en centre de rétention ?
La durée maximale de rétention administrative est de 90 jours, renouvelable par périodes. Dans cette affaire, une prolongation de 30 jours a été accordée, jusqu'au 7 août 2026.
Que faire si l'administration ne fait pas assez de démarches pour mon éloignement ?
Vous pouvez contester la prolongation en invoquant l'absence de diligences. Le juge vérifie si l'administration a agi rapidement. Ici, les démarches ont été jugées suffisantes car la demande de laissez-passer a été envoyée dès le 11 juin.
La réponse du consulat marocain retarde-t-elle mon départ ?
Oui, le consulat a indiqué que votre cas relevait d'une procédure d'identification de droit commun, ce qui a nécessité une transmission supplémentaire à la direction générale des étrangers. Cela a été pris en compte, mais l'administration a été jugée diligente.
Quels sont mes droits pendant la rétention administrative ?
Vous avez droit à un avocat, à un interprète, à des soins médicaux, et à contester la mesure. Dans cette affaire, vous avez été assisté par un avocat commis d'office et avez pu présenter vos observations.
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