Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Cour d'appel, chambre etrangers/hsc, 8 juillet 2026 — n° 26/00398

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

Le maintien d'une hospitalisation complète sous contrainte est-il justifié lorsque le patient présente des troubles mentaux graves avec absence de consentement et risque pour lui-même ou autrui ?

Principe retenu

L'hospitalisation complète sous contrainte peut être maintenue si les conditions de l'article L. 3212-1 du code de la santé publique sont réunies, à savoir des troubles mentaux imposant des soins immédiats avec surveillance médicale constante, rendant impossible le consentement du patient, et si une sortie en programme de soins serait prématurée.

Faits clés

  • M. [W] [T] [M] a été interpellé pour outrage à personne dépositaire de l'autorité publique en tenant des propos délirants.
  • Il présente des troubles de la personnalité avec traits persécutifs et un délire de persécution.
  • Le certificat médical de saisine du magistrat décrit un sentiment de persécution, une conscience partielle des troubles et une adhésion partielle aux soins.
  • Le patient a été hospitalisé sous contrainte depuis le 14 juin 2026.
  • À l'audience, le patient a exprimé son désaccord avec l'hospitalisation, mais les certificats médicaux récents indiquent une absence de conscience des troubles et une ambivalence vis-à-vis des soins.

Articles cités

article L. 3211-12-4 du code de la santé publique article L. 3212-1 du code de la santé publique

Dispositif

Laissons les dépens à la charge du trésor public, Fait à Rennes, le 08 Juillet 2026 à 10 h 00 LE GREFFIER, PAR DÉLÉGATION,Sébastien PLANTADE, Conseiller Notification de la présente ordonnnance a été faite ce jour à [W] [T] [M] , à son avocat, au CH et ARS/tiers demandeur/curateur-tuteur Le greffier, Cette ordonnance est susceptible d'un pourvoi en cassation dans les deux mois suivant la présente notification et dans les conditions fixées par les articles 973 et suivants du code de procédure civile. Communication de la présente ordonnance a été faite ce même jour au procureur général, PR et magistrat en charge des hospitalisations sous contrainte Le greffier

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DÉCISION Sur la recevabilité de l'appel : Aux termes de l'article R. 3211-18 du Code de la santé publique, le délai d'appel est de dix jours à compter de la notification de l'ordonnance. Selon l'article R. 3211-19 dudit Code, le premier président ou son délégué est saisi par une déclaration d'appel motivée transmise par tout moyen au greffe de la cour d'appel et la déclaration est enregistrée avec mention de la date et de l'heure. En l'espèce, Monsieur [W] [T] [M] a formé le 30 juin 2026 appel de la décision du magistrat en charge du contentieux des hospitalisations sous contrainte du tribunal judiciaire de Rennes, rendue le 24 juin 2026. Cet appel, régulier en la forme et dans les délais légaux, sera donc déclaré recevable. Sur la régularité de la procédure : La saisine du juge prévue par l'article L. 3211-12-1 du Code de la santé publique doit être accompagnée des avis et pièces tel que prévu par les articles R. 3211-12, -24 et -26 du même code afin de permettre au juge judiciaire de contrôler la régularité des décisions administratives et le cas échéant de statuer sur leur contestation. Aux termes de l'article L. 3216-1 du Code de la santé publique, la régularité des décisions administratives peut être contestée devant le juge, et en cas d'irrégularité, celle-ci n'entraîne la mainlevée de la mesure que s'il en est résulté une atteinte aux droits de la personne qui en faisait l'objet. Sur le bien-fondé de la mesure et la poursuite des soins : Aux termes du I de l'article L. 3212-1 du Code de la santé publique, " une personne atteinte de troubles mentaux ne peut faire l'objet de soins psychiatriques sur la décision du directeur d'un établissement mentionné à l'article L. 3222-1 du même code que lorsque les deux conditions suivantes sont réunies : 1° Ses troubles mentaux rendent impossible son consentement ; 2° Son état mental impose des soins immédiats assortis soit d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d'une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2° de l'article L. 3211-2-1 ". Il convient de rappeler que le contrôle de la régularité comprend notamment le contrôle du bien-fondé des décisions administratives, le juge judiciaire devant rechercher si les certificats médicaux produits sont suffisamment précis et circonstanciés au regard des conditions légales exigées pour justifier de la poursuite de la mesure d'hospitalisation complète. Cependant, le juge n'a pas à se substituer à l'autorité médicale, notamment sur l'évaluation du consentement, du diagnostic ou des soins. En l'espèce, les certificats des 24 heures et des 72 heures et l'avis motivé du 19 juin 2026 ont conclu de façon concordante à la nécessité de poursuivre les soins à prodiguer à Monsieur [W] [T] [M] sous la forme d'une hospitalisation complète, en raison de la persistance des éléments de persécution avec retentissement émotionnel important et adhésion totale à ces éléments, et d'une conscience de ces troubles et d'une adhésion aux soins partielles, et de la nécessité de parvenir à une stabilisation clinique. En outre, le certificat de situation établi le 06 juillet 2026 en vue de l'audience devant la Cour, rappelant les circonstances de l'hospitalisation de l'intéressé, fait état de la persistance chez le patient d'un envahissement délirant et hallucinatoire majeur avec éléments interprétatifs et intuitifs non critiquables, d'une absence de conscience de ses troubles et d'une ambivalence vis-à-vis des soins psychiques et de la prise de traitement, induisant la nécessité d'une poursuite de l'hospitalisation complète et continue. Ainsi, il résulte suffisamment de ce qui précède que l'état mental de Monsieur [W] [T] [M] impose toujours des soins immédiats assortis d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète et que ses troubles rendent impossible son consentement, alors qu'une sortie en programme de soins serait prématurée au regard de l'absence de conscience des troubles et des risques de mise en danger pour lui-même et pour autrui, les déclarations du patient à l'audience n'étant pas de nature à remettre en question le bien-fondé des appréciations médicales récentes. Dès lors, à ce jour, l'état de santé mentale de l'intéressé n'étant pas stabilisé, la mesure d'hospitalisation sous contrainte demeure nécessaire. Les conditions légales posées par l'article L. 3212-1 du Code de la santé publique pour la poursuite de l'hospitalisation se trouvant réunies, la décision déférée sera confirmée. PAR CES MOTIFS Statuant publiquement, Déclarons recevable l'appel de Monsieur [W] [T] [M], Confirmons l'ordonnance du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Nantes en date du 24 juin 2026,

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour maintenir une hospitalisation complète sous contrainte ?
Selon l'article L. 3212-1 du code de la santé publique, l'hospitalisation complète peut être maintenue si les troubles mentaux imposent des soins immédiats avec surveillance médicale constante, rendent impossible le consentement du patient, et si une sortie en programme de soins serait prématurée. Dans cette affaire, le patient présentait un délire de persécution avec absence de conscience des troubles, justifiant le maintien.
Comment contester une hospitalisation psychiatrique ?
Vous pouvez faire appel de l'ordonnance du juge des libertés et de la détention dans un délai de 10 jours. Dans cette affaire, M. [W] [T] [M] a fait appel, mais la cour a confirmé le maintien de l'hospitalisation en raison de la persistance des troubles et du risque pour lui-même et autrui.
Qu'est-ce qu'un danger imminent pour la sûreté des personnes ?
Un danger imminent est un risque grave et immédiat pour l'intégrité physique ou psychique d'autrui. Dans ce cas, le patient avait été interpellé pour outrage et tenait des propos délirants, ce qui a été considéré comme un danger pour l'ordre public.
Mon consentement est-il requis pour une hospitalisation psychiatrique ?
Non, si les troubles mentaux rendent impossible le consentement et que les conditions légales sont réunies, l'hospitalisation peut être imposée. Dans cette affaire, le patient avait une absence de conscience de ses troubles, ce qui rendait son consentement impossible.
Puis-je sortir de l'hôpital psychiatrique si je ne suis pas d'accord avec le diagnostic ?
Non, si le juge confirme le maintien de l'hospitalisation, vous devez rester hospitalisé. Dans cette affaire, malgré le désaccord du patient, la cour a estimé que les certificats médicaux récents justifiaient la poursuite de l'hospitalisation complète.
Quel est le rôle du juge dans le contrôle des hospitalisations psychiatriques ?
Le juge des libertés et de la détention contrôle la régularité de la mesure et vérifie que les conditions légales sont remplies. Dans cette affaire, le juge a ordonné le maintien, et la cour d'appel a confirmé cette décision.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.