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Cour d'appel, chambre des rétentions, 8 juillet 2026 — n° 26/02182

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

La prolongation de la rétention administrative d'un étranger est-elle légale en l'absence de perspectives raisonnables d'éloignement et de diligences suffisantes de l'administration ?

Principe retenu

La requête en prolongation de la rétention doit être accompagnée des pièces justifiant des diligences de l'administration. L'absence de perspectives raisonnables d'éloignement peut être invoquée, mais elle s'apprécie au regard du délai légal de 90 jours. En l'espèce, l'administration a justifié de ses diligences et les perspectives d'éloignement demeurent raisonnables.

Faits clés

  • Monsieur [I] [M] est de nationalité algérienne
  • Il est placé en rétention administrative dans un centre non pénitentiaire
  • Le préfet a demandé la prolongation de la rétention pour 30 jours
  • L'appelant conteste l'absence de production des pièces prouvant les diligences
  • Il invoque l'absence de perspectives raisonnables d'éloignement en raison de sa nationalité

Articles cités

article L. 743-7 du CESEDA articles L. 743-21 à L. 743-23 du CESEDA articles R. 743-10 à R. 743-20 du CESEDA article R743-2 du CESEDA

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate d'une expédition de la présente ordonnance à LE PREFET D'INDRE ET LOIRE à Monsieur [I] [M] et son conseil et à Monsieur le procureur général près la cour d'appel d'Orléans ; Et la présente ordonnance a été signée par Ferréole DELONS, conseiller, et Julie LACÔTE, greffière présent lors du prononcé. Fait à [Localité 6] le HUIT JUILLET DEUX MILLE VINGT SIX, à heures LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT, Julie LACÔTE Ferréole DELONS Pour information : l'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation constitué par le demandeur. NOTIFICATIONS, le 08 juillet 2026 : LE PREFET D'[Localité 4] ET [Localité 5], par courriel Monsieur [I] [M] , copie remise par transmission au greffe du CRA d'[Localité 3] Maître Karima HAJJI, avocat au barreau d'ORLEANS, par PLEX Monsieur le procureur général près la cour d'appel d'Orléans, par courriel

Exposé du litige

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS COUR D'APPEL D'ORLÉANS Rétention Administrative des Ressortissants Étrangers ORDONNANCE du 08 JUILLET 2026 Minute N° 591/2026 N° RG 26/02182 - N° Portalis DBVN-V-B7K-HOLI (1 pages) Décision déférée : ordonnance du tribunal judiciaire d'Orléans en date du 06 juillet 2026 à 14h35 Nous, Ferréole DELONS, conseiller à la cour d'appel d'Orléans, agissant par délégation de la première présidente de cette cour, assistée de Julie LACÔTE, greffière, aux débats et au prononcé de l'ordonnance, APPELANT : Monsieur [I] [M] né le 07 Octobre 1996 à [Localité 1] (ALGERIE) [Localité 2], de nationalité algérienne, actuellement en rétention administrative dans les locaux ne dépendant pas de l'administration pénitentiaire du centre de rétention administrative d'[Localité 3], comparant par visioconférence, assisté de Maître Karima HAJJI, avocat au barreau d'ORLEANS, n'ayant pas sollicité l'assistance d'un interprète ; INTIMÉ : LE PREFET D'[Localité 4] ET [Localité 5] non comparant, non représenté ; MINISTÈRE PUBLIC : avisé de la date et de l'heure de l'audience ; À notre audience publique tenue en visioconférence au Palais de Justice d'Orléans le 08 juillet 2026 à 14 H 00, conformément à l'article L. 743-7 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), aucune salle d'audience attribuée au ministère de la justice spécialement aménagée à proximité immédiate du lieu de rétention n'étant disponible pour l'audience de ce jour ; Statuant en application des articles L. 743-21 à L. 743-23 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), et des articles R. 743-10 à R. 743-20 du même code ; Vu l'ordonnance rendue le 06 juillet 2026 à 14h35 par le tribunal judiciaire d'Orléans ordonnant la prolongation du maintien de Monsieur [I] [M] dans les locaux non pénitentiaires pour un délai maximum de trente jours ; Vu l'appel de ladite ordonnance interjeté le 06 juillet 2026 à 17h59 par Monsieur [I] [M] ; Après avoir entendu : - Maître Karima HAJJI en sa plaidoirie, - Monsieur [I] [M] en ses observations, ayant eu la parole en dernier ; AVONS RENDU ce jour l'ordonnance publique et réputée contradictoire suivante : Procédure : Par une ordonnance du 6 juillet 2026, rendue en audience publique à 14h35 le magistrat du siège du tribunal judiciaire d'Orléans a ordonné la prolongation de la rétention administrative de Monsieur [I] [M] pour une durée de trente jours. Par un courriel transmis au greffe de la chambre du contentieux des étrangers de la cour d'appel d'Orléans le 6 juillet 2026 à 17h59 ,Monsieur [I] [M] a interjeté appel de cette décision. Moyens des parties : Dans sa déclaration d'appel, Monsieur [I] [M] indique reprendre en cause d'appel l'intégralité des moyens de nullité et de rejet soulevés devant le premier juge, tels qu'ils ressortent de la décision dont appel, de la note d'audience, des moyens développés oralement lors de l'audience et auxquels il est expressément référé pour un plus ample exposé. Ainsi, Monsieur [I] [M] soulève l'irrecevabilité de la requête en raison de l'absence de la production des pièces prouvant les diligences de l'administration, ainsi que l'absence de perspectives raisonnables d'éloignement eu égard à sa nationalité Algérienne. A l'audience, Monsieur [I] [M] confirme l'irrecevabilité de la requête en raison du défaut de motivation portant sur la menace à l'ordre public et le défaut de production des pièces utiles.La prefecture n'a par ailleurs pas été diligente dans ses démarches. La prefecture d'[Localité 4] et [Localité 5] n'a pas formulé d'observation complémentaire.

Motivations de la décision

Motifs de la décision: Sur l'irrégularité de la requête en prolongation de la mesure de rétention Il résulte de l'article R743-2 du CESEDA lorsque la requête est formée par l'autorité administrative, elle est accompagnée de toutes pièces justificatives utiles, notamment une copie du registre. La requête de la prefecture de seine maritime est motivée et accompagnée des pièces justificatives utiles qui illustrent les éléments développés dans la motivation de la requête. Aussi, il ne peut être fait grief à la décision de première instance d'avoir fondé sa décision sur des éléments non repris dans la requête en prolongation, mais issus des pièces ainsi fournies, telle que la fiche pénale de l'intéressé. Ce moyen sera rejeté Sur la demande de prolongation et les diligences de l'administration : Aux termes de l'article L. 741-3 du CESEDA, doivent être contrôlées d'une part les diligences de l'administration aux fins de procéder à l'éloignement effectif de l'étranger placé en rétention, celle-ci étant tenue à une obligation de moyens et non de résultat, et d'autre part l'existence de perspectives raisonnables d'éloignement. Ces dispositions trouvent leur traduction en droit de l'Union au sein de l'article 15 de la directive 2008/115/CE du parlement européen et du conseil du 16 décembre 2008, dites directive retour : Selon l'article 15.1, quatrième alinéa : « Toute rétention est aussi brève que possible et n'est maintenue qu'aussi longtemps que le dispositif d'éloignement est en cours et exécuté avec toute la diligence requise ». Aux termes de l'article 15.4 : « Lorsqu'il apparait qu'il n'existe plus de perspective raisonnable d'éloignement pour des considérations d'ordre juridique ou autres ou que les conditions énoncées au paragraphe 1 ne sont plus réunies, la rétention ne se justifie plus et la personne concernée est immédiatement remise en liberté ». Ainsi, dans le cadre des règles édictées par le CESEDA et le droit de l'Union, l'objectif manifeste du législateur est d'empêcher le maintien d'un étranger en rétention si celui-ci n'est plus justifié par la mise en 'uvre de son éloignement. La cour rappelle toutefois qu'il n'y a pas lieu d'imposer à l'administration d'effectuer des actes sans réelle effectivité, tels que des relances auprès des consulats, dès lors que celle-ci ne dispose d'aucun pouvoir de contrainte sur les autorités consulaires (1ère Civ. 9 juin 2010, pourvoi n° 09-12.165). En revanche, le juge est tenu de vérifier que les autorités étrangères ont été requises de manière effective. En l'espèce, il convient de considérer que c'est par une analyse circonstanciée et des motifs pertinents, qu'il y a lieu d'adopter, sans y ajouter ni y substituer, que le premier juge a statué sur le moyen relatif aux diligences de l'administration aux fins de mise à exécution de la mesure d'éloignement, soulevé devant lui et repris devant la cour, ce dernier étant manifestement in susceptible de prospérer. Dès lors, il n'est pas établi, à ce stade, que l'éloignement de Monsieur [I] [M] ne puisse intervenir avant l'expiration du délai légal de 90 jours, de sorte que les perspectives d'éloignement demeurent raisonnables en l'espèce. Ce moyen sera rejeté. Aussi, en l'absence de toute illégalité susceptible d'affecter les conditions, découlant du droit de l'Union, de la légalité de la rétention et à défaut d'autres moyens présentés en appel, il y a lieu de confirmer l'ordonnance attaquée. PAR CES MOTIFS , DECLARONS recevable l'appel de Monsieur [I] [M] ; CONFIRMONS l'ordonnance du tribunal judiciaire d'Orléans du 6 juillet 2026 ayant ordonné la prolongation de la rétention administrative de Monsieur Monsieur [I] [M] pour une durée de trente jours ; LAISSONS les dépens à la charge du Trésor ;

Questions fréquentes

Quels sont les motifs pour contester une prolongation de rétention administrative ?
Vous pouvez contester la prolongation si l'administration n'a pas prouvé ses diligences pour organiser votre éloignement, ou s'il n'existe pas de perspectives raisonnables d'éloignement. Dans cette affaire, le requérant a invoqué l'absence de pièces justifiant les diligences et l'impossibilité d'éloignement en raison de sa nationalité algérienne, mais la cour a rejeté ces moyens.
L'administration doit-elle prouver ses diligences pour prolonger la rétention ?
Oui, selon l'article R743-2 du CESEDA, la requête en prolongation doit être accompagnée des pièces justifiant des diligences de l'administration. En l'espèce, la cour a estimé que l'administration avait produit les pièces nécessaires, contrairement à ce que soutenait l'appelant.
Que sont des perspectives raisonnables d'éloignement ?
Il s'agit de la probabilité que l'éloignement de l'étranger puisse être réalisé dans un délai raisonnable, notamment dans le délai légal de 90 jours de rétention. Dans cette décision, la cour a jugé que les perspectives d'éloignement étaient raisonnables car le recours de l'intéressé contre le refus de visa était manifestement infondé.
La nationalité algérienne peut-elle justifier l'absence de perspectives d'éloignement ?
Non, la nationalité algérienne en elle-même ne suffit pas à démontrer l'absence de perspectives d'éloignement. Dans cette affaire, l'appelant invoquait sa nationalité, mais la cour a considéré que cela n'établissait pas l'impossibilité d'éloignement avant l'expiration du délai légal.
Quel est le délai pour faire appel d'une ordonnance de prolongation de rétention ?
L'appel doit être interjeté dans un délai très court, généralement 24 heures. Dans cette affaire, l'appel a été formé le jour même de l'ordonnance, à 17h59 pour une ordonnance rendue à 14h35.
Que se passe-t-il si l'administration ne fait pas assez de démarches pour m'éloigner ?
Vous pouvez contester la prolongation en invoquant le défaut de diligences. Si l'administration ne prouve pas avoir accompli les démarches nécessaires, la prolongation peut être refusée. Dans cette affaire, la cour a estimé que les diligences étaient suffisantes.
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