Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Cour d'appel, pôle 6 - chambre 8, 9 juillet 2026 — n° 26/00319

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

La cour peut-elle rectifier une erreur matérielle affectant le montant des indemnités allouées dans un arrêt précédent ?

Principe retenu

En application de l'article 462 du code de procédure civile, la cour peut rectifier les erreurs matérielles entachant une décision, à condition qu'elles soient purement matérielles et non juridiques. En l'espèce, les montants erronés de l'indemnité compensatrice de préavis et de l'indemnité de licenciement constituent des erreurs matérielles rectifiables.

Faits clés

  • Arrêt du 23 mai 2024 avait alloué 1 500 € d'indemnité compensatrice de préavis et 375 € d'indemnité de licenciement
  • Requête en rectification déposée le 13 mai 2026 par M. [L]
  • Erreur matérielle : les montants auraient dû être 3 000 € et 3 375 €
  • L'arrêt rectifié modifie également les congés payés afférents (150 € → 300 €)
  • La cour statue sur requête unilatérale sans débat contradictoire

Articles cités

article 462 du code de procédure civile article R. 1234-2 du code du travail

Dispositif

PAR CES MOTIFS La cour, statuant publiquement, par arrêt mis à disposition au greffe, ORDONNE la rectification des erreurs matérielles entachant l'arrêt n°1178 rendu par la cour d'appel de Paris le 23 mai 2024 dans l'affaire RG 22/09367 ayant opposé M. [L] à la société [1], ' en ce que dans la partie 'MOTIFS DE L'ARRET' en page 7 , les paragraphes : '[Localité 3] égard à l'ancienneté de Monsieur [L], il convient d'accueillir sa demande d'indemnité compensatrice de préavis à hauteur de 1500 €, ainsi que les congés payés y afférents. L'indemnité de licenciement (soit un quart de mois de salaire par année d'ancienneté, selon l'article R.1234-2 du code du travail, en l'absence de toute disposition plus favorable invoquée) s'élève à 375 €' doivent être remplacés par les paragraphes suivants: '[Localité 3] égard à l'ancienneté de Monsieur [L], il convient d'accueillir sa demande d'indemnité compensatrice de préavis à hauteur de 3 000 €, ainsi que les congés payés y afférents. L'indemnité de licenciement (soit un quart de mois de salaire par année d'ancienneté, selon l'article R.1234-2 du code du travail, en l'absence de toute disposition plus favorable invoquée) s'élève à 3 375 €', ' en ce que dans la partie PAR CES MOTIFS ou dispositif, en page 8, le paragraphe ' CONDAMNE la société [1] à payer à Monsieur [L] les sommes de : - 1 500 € à titre d'indemnité compensatrice de préavis, - 150 € au titre des congés payés y afférents, - 375 € à titre d'indemnité de licenciement,' doit être remplacé par : ' CONDAMNE la société [1] à payer à Monsieur [L] les sommes de : - 3 000 € à titre d'indemnité compensatrice de préavis, - 300 € au titre des congés payés y afférents, - 3 375 € à titre d'indemnité de licenciement,' DIT que le présent arrêt rectificatif sera notifié comme l'arrêt rectifié, DIT que mention de ces rectifications sera portée sur la minute de l'arrêt rendu le 23 mai 2024 et sur les expéditions qui en seront délivrées, DIT que les dépens resteront à la charge du Trésor public. LE GREFFIER LA PRÉSIDENTE

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE Après un arrêt du 6 janvier 2021 rendu par la Cour de cassation, M. [L], ancien salarié de la société [1], a saisi le 7 novembre 2022 la cour d'appel de Paris qui, par arrêt du 23 mai 2024, a notamment : - infirmé le jugement de première instance, statuant à nouveau des chefs infirmés et y ajoutant - prononcé la résiliation judiciaire du contrat de travail de M. [L] aux torts de la société [1], - fixé la rupture des relations contractuelles à la date du licenciement pour inaptitude et impossibilité de reclassement, - condamné la société [1] à payer à M. [L] les sommes de : - 1 500 euros à titre d'indemnité compensatrice de préavis, - 150 euros au titre des congés payés y afférents, - 375 euros à titre d'indemnité de licenciement, - 5 000 euros de dommages-intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse - rejeté les autres demandes des parties, - condamné la société [1] aux dépens de première instance et d'appel. Par requête du 13 mai 2026, M. [L] demande à la cour de : - rectifier l'arrêt rendu le 23 mai 2024 dans l'affaire N° 22/09367 opposant M. [L] à la société [1], - remplacer dans cette décision en page 7 de l'arrêt, les mots : « l'indemnité de licenciement (soit un quart de mois de salaire par année d'ancienneté, selon l'article R. 1234-2 du code du travail, en l'absence de toute disposition plus favorable invoquée) s'élève à 375 euros » par « l'indemnité de licenciement (soit un quart de mois de salaire par année d'ancienneté, selon l'article R. 1234-2 du code du travail, en l'absence de toute disposition plus favorable invoquée) s'élève à 3 375 euros », - remplacer en page 7 de l'arrêt les mots : « eu égard à l'ancienneté de M. [L], il convient d'accueillir sa demande d'indemnité compensatrice de préavis à hauteur de 1500 euros, ainsi que les congés payés y afférents » par « eu égard à l'ancienneté de M. [L], il convient d'accueillir sa demande d'indemnité compensatrice de préavis à hauteur de 3 000 euros, ainsi que les congés payés y afférents », - remplacer en page 8 de l'arrêt les mots « 375 euros à titre d'indemnité de licenciement » par « 3 375 euros à titre d'indemnité de licenciement », - remplacer, en page 8 de l'arrêt les mots : « 1 500 euros à titre d'indemnité compensatrice de préavis» par « 3 000 euros à titre d'indemnité compensatrice de préavis », - remplacer, en page 8 de l'arrêt les mots : « 150 euros au titre des congés payés y afférents » par « 300 euros au titre des congés payés y afférents », - dire que la décision rectificative sera mentionnée sur la minute et sur les expéditions de l'arrêt rectifié. La société [1] n'ayant pas formulé d'observations, malgré la sollicitation faite en ce sens, l'affaire a été fixée à l'audience du 2 juin 2026, à laquelle les parties n'ont pas comparu. En cours de délibéré, les bulletins de salaire de M. [L] ont été demandés à son conseil qui les a produits le 25 juin 2026.

Motivations de la décision

MOTIFS DE L'ARRET: En application de l'article 462 du code de procédure civile, les erreurs et omissions matérielles qui affectent un jugement, même passé en force de chose jugée, peuvent toujours être réparées par la juridiction qui l'a rendu ou par celle à laquelle il est déféré, selon ce que le dossier révèle ou, à défaut, ce que la raison commande. Il résulte de ces mêmes dispositions que le juge statue après avoir entendu les parties ou celles-ci appelées. Toutefois, lorsqu'il est saisi par requête, il statue sans audience, à moins qu'il n'estime nécessaire d'entendre les parties. En l'espèce, il existe des erreurs matérielles affectant les motifs (page 7) ainsi que le dispositif (page 8) de l'arrêt relativement aux montants de l'indemnité de licenciement, de l'indemnité compensatrice de préavis et aux congés payés y afférents, aucune observation ayant trait à la requête du salarié et auxdites rectifications n'ayant été émise par la société. En l'état, il convient donc d'ordonner la rectification de l'arrêt entaché de ces erreurs matérielles, comme demandé par M. [L].

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une erreur matérielle dans un arrêt ?
Une erreur matérielle est une erreur purement factuelle ou de calcul, sans incidence sur le raisonnement juridique. Par exemple, une erreur dans le montant d'une indemnité.
Comment demander la rectification d'une erreur matérielle ?
Il faut déposer une requête en rectification auprès de la juridiction qui a rendu la décision, en vertu de l'article 462 du code de procédure civile. La requête doit préciser l'erreur et les corrections demandées.
Y a-t-il un délai pour demander la rectification ?
Oui, la requête doit être présentée dans un délai raisonnable après la découverte de l'erreur. En pratique, elle doit être faite avant que la décision ne soit exécutée ou frappée de pourvoi.
La rectification modifie-t-elle le fond de la décision ?
Non, la rectification ne peut que corriger une erreur matérielle, sans changer le sens de la décision. Elle ne peut pas remettre en cause le raisonnement juridique.
Quels sont les effets de l'arrêt rectificatif ?
L'arrêt rectificatif se substitue à l'arrêt initial pour les points corrigés. Mention de la rectification est portée sur la minute et les expéditions de l'arrêt initial.
Puis-je contester l'arrêt rectificatif ?
Oui, l'arrêt rectificatif peut faire l'objet des mêmes voies de recours que l'arrêt initial (pourvoi en cassation), mais uniquement sur la rectification elle-même.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.