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Cour d'appel, pôle 1 - chambre 11, 10 juillet 2026 — n° 26/03912

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Synthèse de la décision

Question juridique

Le procureur de la République peut-il obtenir un effet suspensif de son appel contre une ordonnance mettant fin à la rétention administrative d'un étranger sans garanties de représentation ?

Principe retenu

En application de l'article L. 743-22 du CESEDA, le ministère public peut demander au premier président de la cour d'appel de déclarer son recours suspensif lorsqu'il apparaît que l'intéressé ne dispose pas de garanties de représentation effectives. En l'espèce, l'étranger étant sans domicile fixe, sans profession et sans ressources, il ne présente pas de garanties suffisantes et risque de se soustraire à la décision d'appel, justifiant l'effet suspensif.

Faits clés

  • M. [Y] [E], ressortissant roumain, né le 17 novembre 2004
  • Ordonnance du 9 juillet 2026 du TJ de Paris constatant l'irrégularité de la procédure et disant n'y avoir lieu à mesure de surveillance et de contrôle
  • Appel du procureur de la République le 9 juillet 2026 à 16h59 avec demande d'effet suspensif
  • M. [E] a indiqué pendant la garde à vue être sans domicile fixe, sans profession et sans ressources
  • Notification de l'appel aux parties dans les délais légaux

Articles cités

article L. 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS COUR D'APPEL DE PARIS Pôle 1 - Chambre 11 L. 743-22 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ORDONNANCE DU 10 juillet 2026 RECOURS SUSPENSIF (1 pages) Numéro d'inscription au numéro général et de décision : B N° RG 26/03912 - N° Portalis 35L7-V-B7K-CNQNT Décision déférée : ordonnance rendue le 09 juillet 2026, à 14h12, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris Nous, Stéphanie Gargoullaud, présidente de chambre, à la cour d'appel de Paris, agissant par délégation du premier président de cette cour, assistée de Roxanne Therasse, greffière au prononcé de l'ordonnance, APPELANT LE PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE PRÈS LE TRIBUNAL JUDICIAIRE DE PARIS INTIMÉ : M. [Y] [E] né le 17 Novembre 2004 à [Localité 1] de nationalité Roumaine ayant pour conseil en première instance, Me Hannah Fournier, avocat au barreau de Paris ORDONNANCE : contradictoire - Vu l'ordonnance du 09 juillet 2026, à 14h12, du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris constatant l'irrégularité de la procédure, disant n'y avoir lieu à mesure de surveillance et de contrôle, rappelant à l'intéressé qu'il a l'obligation de quitter le territoire national ; - Vu la notification de l'ordonnance au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Paris, le 09 Juillet 2026 , à 14h48 ; - Vu l'appel de ladite ordonnance interjeté le 09 Juillet 2026, à 16h59, par ledit procureur avec demande d'effet suspensif ; - Vu les notifications du recours suspensif du 09 juillet 2026, faites par le parquet : - à Monsieur [Y] [E] à 17h21, - à Me Hannah Fournier, avocat au barreau de Paris, à 16h59, - et au préfet de police, à 16h59 ; - En l'absence d'observations suite aux notifications ;

Motivations de la décision

SUR QUOI, Aux termes de l'article L. 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, "le ministère public peut demander au premier président de la cour d'appel ou à son délégué de déclarer son recours suspensif lorsqu'il lui apparaît que l'intéressé ne dispose pas de garanties de représentation effectives ou en cas de menace grave pour l'ordre public. Dans ce cas, l'appel est accompagné de la demande qui se réfère à l'absence de garanties de représentation effectives ou à la menace grave pour l'ordre public, et transmis au premier président de la cour d'appel ou à son délégué. Celui-ci décide, sans délai, s'il y a lieu de donner à cet appel un effet suspensif, en fonction des garanties de représentation dont dispose l'étranger ou de la menace grave pour l'ordre public, par une ordonnance motivée rendue contradictoirement et qui n'est pas susceptible de recours./ L'intéressé est maintenu à la disposition de la justice jusqu'à ce que cette ordonnance soit rendue et, si elle donne un effet suspensif à l'appel du ministère public, jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond. / Par dérogation au présent article, l'appel interjeté contre une décision mettant fin à la rétention est suspensif lorsque l'intéressé a été condamné à une peine d'interdiction du territoire pour des actes de terrorisme prévus au titre II du livre IV du code pénal ou s'il fait l'objet d'une mesure d'éloignement édictée pour un comportement lié à des activités à caractère terroriste. L'intéressé est maintenu à la disposition de la justice jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond." A titre liminaire, il est rappelé qu'aux termes de la décision n° 2025-1158 QPC du 12 septembre2025, l'étranger ne peut, sans que le procureur de la République ait formé ppel de cette ordonnance et saisi le premier président de la cour d'appel ou son délégué d'une demande tendant à voir déclarer son recours suspensif, être maintenu à la disposition de la justice au-delà de six heures à compter de la notification de l'ordonnance à ce magistrat, durée prévue par la loi du 16 juin 2011 dont le Conseil constitutionnel a jugé, par sa décision du 9 juin 2011 mentionnée ci-dessus, qu'elle ne méconnaît pas la Constitution. En l'expèce, la déclaration d'appel est intervenue dans les délais impartis. L'appel du procureur de la République a été notifié aux parties conformément aux dispositions légales et règlementaires du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La demande tendant à ce que soit ordonné l'effet suspensif de l'appel vise l'absence de garanties de représentation de l'intimé, élément déterminant pour l'appréciation du juge. Or il résulte des pièces de la procédure que M. [E] a indiqué pendant la garde à vue être sans domicile fixe, sans profession et sans ressources. Ainsi, indépendamment de toute appréciation sur la légalité de la décision de placement en rétention administrative, il se déduit de ces circonstances que l'intimé ne présente pas de garanties suffisantes et risque de se soustraire, si elle lui est défavorable, à la décision d'appel. Il y a donc lieu de suspendre les effets de l'ordonnance déférée. PAR CES MOTIFS DÉCLARONS suspensif l'appel du procureur de la République près le tribunal judiciaire de Paris, ORDONNONS le maintien à la disposition de la justice de Monsieur [Y] [E], jusqu'à ce qu'il soit statué au fond, à l'audience du 11 juillet 2026, à 11h00, INFORMONS Monsieur [Y] [E], de ce qu'il sera statué au fond, à l'audience du 11 juillet 2026, à 11h00, DISONS que la présente ordonnance vaut convocation à ladite audience

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance. Fait à [Localité 2], le 10 juillet 2026 LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT, LA PRÉSENTE DÉCISION N'EST PAS SUSCEPTIBLE DE RECOURS.

Questions fréquentes

Le procureur peut-il faire appel d'une décision qui met fin à la rétention ?
Oui, le procureur de la République peut interjeter appel de l'ordonnance du juge qui constate l'irrégularité de la procédure et dit n'y avoir lieu à mesure de surveillance et de contrôle. Dans ce cas, il peut demander que son appel soit déclaré suspensif.
Qu'est-ce que l'effet suspensif de l'appel en matière de rétention administrative ?
L'effet suspensif permet de maintenir l'étranger à la disposition de la justice jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur l'appel. Cela signifie que l'ordonnance de mainlevée n'est pas exécutée immédiatement et que l'étranger reste en rétention.
Quelles sont les conditions pour que l'appel du parquet soit suspensif ?
L'appel du parquet peut être déclaré suspensif si l'étranger ne dispose pas de garanties de représentation effectives (comme un domicile fixe, un emploi, des ressources) ou en cas de menace grave pour l'ordre public. Le juge apprécie ces éléments au vu des pièces du dossier.
Un étranger sans domicile fixe peut-il être maintenu en rétention ?
Oui, si l'étranger est sans domicile fixe, sans profession et sans ressources, cela peut être considéré comme une absence de garanties de représentation, justifiant le maintien en rétention dans l'attente de l'appel du parquet.
Que se passe-t-il après un appel suspensif du parquet ?
L'étranger est maintenu à la disposition de la justice jusqu'à l'audience au fond, qui doit avoir lieu dans un délai très court (ici, le 11 juillet 2026). À cette audience, la cour d'appel statuera sur la validité de la rétention.
Qu'est-ce que l'article L. 743-22 du CESEDA ?
Cet article permet au ministère public de demander au premier président de la cour d'appel de déclarer son recours suspensif lorsqu'il apparaît que l'étranger ne dispose pas de garanties de représentation effectives ou en cas de menace grave pour l'ordre public. Il encadre la procédure d'appel en matière de rétention administrative.
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