Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Cour d'appel, pôle 1 - chambre 11, 9 juillet 2026 — n° 26/03880

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

La saisine anticipée des autorités consulaires avant le placement en rétention administrative constitue-t-elle une irrégularité justifiant la mainlevée de la rétention ?

Principe retenu

L'administration n'a obligation d'exercer des diligences qu'à compter du placement en rétention, mais aucun texte n'interdit de procéder à des diligences anticipées. Une saisine anticipée des autorités consulaires, même de 30 minutes, n'est pas illégale et est dans l'intérêt du retenu car elle peut réduire la durée de la rétention.

Faits clés

  • M. [P] [N], ressortissant algérien, a fait l'objet d'une OQTF le 3 juillet 2026.
  • Il a été placé en rétention administrative le 3 juillet 2026 à 15h25.
  • Les autorités consulaires ont été saisies le 3 juillet 2026 à 15h00, soit 25 minutes avant le placement.
  • L'appelant conteste la régularité de la rétention en raison de cette saisine anticipée.
  • L'ordonnance du premier juge a rejeté l'exception de nullité et prolongé la rétention.

Articles cités

article L. 743-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance. Fait à [Localité 3] le 09 juillet 2026 à LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT, REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS : Pour information : L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur. Le préfet ou son représentant L'intéressé L'interprète L'avocat de l'intéressé

Exposé du litige

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS COUR D'APPEL DE PARIS L. 742-1 et suivants du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ORDONNANCE DU 09 JUILLET 2026 (1 pages) Numéro d'inscription au répertoire général et de décision : B N° RG 26/03880 - N° Portalis 35L7-V-B7K-CNQC5 Décision déférée : ordonnance rendue le 07 juillet 2026, à 16h46, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris Nous, Elise Thevenin-scott, conseillère à la cour d'appel de Paris, agissant par délégation du premier président de cette cour, assistée de Roxanne Therasse, greffière aux débats et au prononcé de l'ordonnance, APPELANT : M. [P] [N] né le 14 décembre 2001 à [Localité 1], de nationalité algérienne RETENU au centre de rétention : [Localité 2] assisté de Me Juliette Thibaud avocat de permanence au barreau de Paris et de M. [D] [Q] (Interprète en arabe) tout au long de la procédure devant la cour et lors de la notification de la présente ordonnance, serment préalablement prêté INTIMÉ : LE PREFET DE POLICE représenté par Me Hedi Rahmouni du cabinet Tomasi, avocat au barreau de Lyon MINISTÈRE PUBLIC, avisé de la date et de l'heure de l'audience ORDONNANCE : - contradictoire - prononcée en audience publique - Vu le décret n° 2024-799 du 2 juillet 2024 pris pour l'application du titre VII de la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration, relatif à la simplification des règles du contentieux ; Constatant qu'aucune salle d'audience attribuée au ministère de la justice spécialement aménagée à proximité immédiate du lieu de rétention n'est disponible pour l'audience de ce jour ; - Vu l'ordonnance du 07 juillet 2026 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris rejetant l'exception de nullité soulevée et ordonnant la prolongation du maintien de M. [P] [N], dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire, pour une durée maximale de 26 jours, soit jusqu'au 02 août 2026 ; - Vu l'appel motivé interjeté le 08 juillet 2026, à 10h33, par M. [P] [N] ; - Après avoir entendu les observations : - de M. [P] [N], assisté de son avocat, qui demande l'infirmation de l'ordonnance ; - du conseil du préfet de police tendant à la confirmation de l'ordonnance ;

Motivations de la décision

SUR QUOI, Monsieur [P] [N], né le 14 décembre 2001 à [Localité 1], de nationalité algérienne, a été placé en rétention par arrêté préfectoral en date du 03 juillet 2026, sur la base d'un arrêté préfectoral portant OQTF en date du même jour. Par ordonnance en date du 07 juillet 2026, le magistrat du siège en charge du contrôle des mesures restrictives et privatives de liberté de [Localité 3] a fait droit à la requête de la préfecture aux fins de prolongation de la mesure de rétention. Monsieur [P] [N] a interjeté appel, il sollicite l'infirmation de la décision en soulevant une irrégularité tenant au fait que la saisine des autorités consulaires a eu lieu le 03 juillet 2026 à 15h26 alors que l'OQTF lui a été notifiée à 15h25. Sur ce, Sur les diligences de l'administration A titre liminaire, il doit être rappelé qu'aux termes de l'article L. 743-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en cas de violation des formes prescrites par la loi à peine de nullité ou d'inobservation des formalités substantielles, toute juridiction, y compris la Cour de cassation, qui est saisie d'une demande d'annulation ou qui relève d'office une telle irrégularité ne peut prononcer la mainlevée de la mesure de placement en rétention que lorsque celle-ci a eu pour effet de porter substantiellement atteinte aux droits de l'étranger dont l'effectivité n'a pu être rétablie par une régularisation intervenue avant la clôture des débats. Il ressort de l'article L.741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que « L'autorité administrative peut placer en rétention, pour une durée de quarante-huit heures, l'étranger qui se trouve dans l'un des cas prévus à l'article L. 731-1 lorsqu'il ne présente pas de garanties de représentation effectives propres à prévenir un risque de soustraction à l'exécution de la décision d'éloignement et qu'aucune autre mesure n'apparaît suffisante à garantir efficacement l'exécution effective de cette décision. » L'article L.741-3 du même code énonce que « Un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ. L'administration exerce toute diligence à cet effet. » L'administration n'a obligation d'exercer des diligences qu'à compter du placement en rétention. Ajoute une condition à la loi le premier président qui exige de l'administration qu'elle justifie de l'accomplissement de diligences nécessaires à l'éloignement de l'étranger durant la période incarcération ayant précédé le placement en rétention (1re Civ., 17 octobre 2019, pourvoi n° 1950.002, publié). Toutefois, aucun texte n'interdit de procéder à des diligences anticipées. En l'espèce, Monsieur [P] [N] a été placé en rétention administrative le 03 juillet 2026 à 15h25. Les autorités consulaires ont été saisie à 15h00. Toutefois, il ne peut être reproché à l'administration une saisine anticipée des autorités consulaires qui est dans l'intérêt même du retenu en ce sens qu'elle est de nature à réduire la durée de sa rétention administrative, étant précisé qu'en l'espèce l'anticipation est de l'ordre de 30 minutes. En l'absence de toute illégalité susceptible d'affecter les conditions (découlant du droit de l'Union) de légalité de la rétention, et à défaut d'autres moyens présentés en appel, il y a lieu confirmer l'ordonnance du premier juge. PAR CES MOTIFS CONFIRMONS l'ordonnance

Questions fréquentes

La saisine des autorités consulaires avant le placement en rétention est-elle légale ?
Oui, la cour d'appel a jugé qu'aucun texte n'interdit les diligences anticipées. Une saisine 30 minutes avant le placement n'est pas illégale et peut même réduire la durée de la rétention.
Puis-je contester ma rétention si le consulat a été contacté avant mon placement ?
Non, dans cette affaire, la saisine anticipée n'a pas été considérée comme une irrégularité. Pour obtenir la mainlevée, il faut démontrer une violation substantielle des droits, ce qui n'est pas le cas ici.
Qu'est-ce qu'une diligence anticipée de l'administration en matière de rétention ?
Une diligence anticipée est une démarche effectuée avant le placement en rétention, comme la saisine des autorités consulaires. La cour a précisé que cela n'est pas interdit et peut être bénéfique pour l'étranger.
Quels sont les recours contre une ordonnance de prolongation de rétention ?
L'ordonnance peut faire l'objet d'un appel dans les 24 heures. En l'espèce, l'appel a été rejeté car la saisine anticipée n'était pas illégale. Le pourvoi en cassation est possible dans les deux mois.
La saisine anticipée des autorités consulaires est-elle une cause de nullité de la rétention ?
Non, la cour a estimé que l'anticipation de 30 minutes n'est pas une illégalité. Pour qu'il y ait nullité, il faut une violation substantielle des droits, ce qui n'a pas été démontré.
L'administration doit-elle attendre le placement pour saisir le consulat ?
Non, la cour a rappelé que l'administration n'a d'obligation de diligences qu'à compter du placement, mais rien n'interdit de le faire avant. Une saisine anticipée est donc possible.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.