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Cour d'appel, pôle 6 - chambre 10, 9 juillet 2026 — n° 26/03876

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Synthèse de la décision

Question juridique

La cour d'appel peut-elle rectifier une omission de statuer sur une demande de remboursement de frais de nettoyage d'uniforme, alors que cette demande était mentionnée dans les motifs mais absente du dispositif de l'arrêt ?

Principe retenu

L'article 463 du code de procédure civile permet à la juridiction qui a omis de statuer sur un chef de demande de compléter son jugement sans porter atteinte à la chose jugée quant aux autres chefs. En l'espèce, la cour a omis de statuer dans le dispositif sur la demande de remboursement des frais de nettoyage d'uniforme, bien que les motifs y fassent droit. Il convient de rectifier l'arrêt en ajoutant la condamnation correspondante.

Faits clés

  • Mme [H] a formé une demande de remboursement des frais de nettoyage de son uniforme dans ses conclusions d'appel.
  • L'arrêt du 26 février 2026 mentionnait dans ses motifs qu'il serait fait droit à cette demande.
  • Le dispositif de l'arrêt ne reprenait pas cette condamnation.
  • Mme [H] a saisi la cour d'une requête en omission de statuer le 7 avril 2026.
  • La société [3] n'a pas présenté d'observations sur la requête.

Articles cités

article 462 du code de procédure civile article 463 du code de procédure civile article 450 du code de procédure civile

Dispositif

PAR CES MOTIFS La cour, Ordonne la rectification de l'arrêt du 26 février 2026 (RG 23/06539) comme suit: Ajouter au dispositif : 'Condamne la société [3] à payer à Mme [W] [H] la somme de 900 euros au titre des frais de nettoyage d'uniforme', Dit que le présent arrêt rectificatif sera mentionné en marge et annexé à l'arrêt du 26 février 2026, Laisse les dépens à la charge du Trésor Public. LA GREFFIÈRE LA PRÉSIDENTE

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE Selon déclaration de saisine du 10 octobre 2023, la société [2] a interjeté appel du jugement rendu par le conseil de prud'hommes de Paris le 4 septembre 2023 dans le litige l'opposant à Mme [D] [H]. Par arrêt du 26 février 2026, la cour a statué comme suit : Infirme le jugement sauf en ce qu'il a - débouté Mme [H] de : - sa demande au titre de la prime de panier, - sa demande au titre du temps d'habillage et de déshabillage - sa demande de rappel d'indemnité de congés payés - ses demandes au titre des déclarations URSSAF erronées - sa demande au titre du harcèlement moral - sa demande au titre de la discrimination - condamné la société [3] à la somme de 700 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile, Statuant à nouveau et y ajoutant, Condamne la société [3] à payer à Mme [W] [H] les sommes de : * 1 101,07 euros au titre des erreurs dans l'abondement du compte formation * 18 000 euros pour licenciement sans cause réelle et sérieuse * 3 000 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile pour l'instance d'appel, Condamne la société [3] aux dépens qui comprendront les éventuels frais d'exécution de la présente décision, Dit la demande d'exécution provisoire sans objet. Par requête du 7 avril 2026, Mme [H] a saisi la cour d'une requête en omission de statuer. Elle fait valoir qu'elle avait formé dans ses conclusions devant la cour une demande au titre des frais de nettoyage de son uniforme et que la cour a, dans les motifs de l'arrêt, retenu qu'il y serait fait droit mais n'a pas repris la condamnation dans le dispositif de l'arrêt. La société [4] n'a pas présenté d'observations sur cette requête.

Motivations de la décision

MOTIFS Sur l'omission de statuer et la rectification d'erreur matérielle L'article 463 du code de procédure civile dispose que la juridiction qui a omis de statuer sur un chef de demande peut également compléter son jugement sans porter atteinte à la chose jugée quant aux autres chefs, sauf à rétablir, s'il y a lieu, le véritable exposé des prétentions respectives des parties et de leurs moyens. La demande doit être présentée un an au plus tard après que la décision est passée en force de chose jugée ou, en cas de pourvoi en cassation de ce chef, à compter de l'arrêt d'irrecevabilité. Le juge est saisi par simple requête de l'une des parties, ou par requête commune. Il statue après avoir entendu les parties ou celles-ci appelées. La décision est mentionnée sur la minute et sur les expéditions du jugement. Elle est notifiée comme le jugement et donne ouverture aux mêmes voies de recours que celui-ci. En l'espèce, le dispositif de la décision ne fait pas mention de la condamnation de l'employeur au titre des frais de nettoyage de l'uniforme qui figure dans les motifs de l'arrêt. Il convient de compléter le dispositif et d'ajouter que la société [3] à la somme de 900 euros à ce titre.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une omission de statuer ?
L'omission de statuer est le fait pour une juridiction de ne pas se prononcer dans le dispositif de sa décision sur une demande qui a été formulée par une partie et examinée dans les motifs. L'article 463 du code de procédure civile permet de demander à la juridiction de compléter son jugement.
Comment demander la rectification d'un arrêt pour omission de statuer ?
Il faut saisir la juridiction qui a rendu la décision par une requête, dans un délai d'un an à compter du passage en force de chose jugée de la décision. La requête doit exposer la demande omise et demander au juge de compléter le dispositif.
Mon employeur doit-il rembourser les frais de nettoyage de mon uniforme ?
Oui, si le port d'un uniforme est imposé par l'employeur et que son entretien incombe au salarié, l'employeur doit rembourser les frais de nettoyage. Dans cette affaire, la cour a condamné l'employeur à verser 900 euros à ce titre.
Quels sont les délais pour demander une rectification d'erreur matérielle ?
Pour une omission de statuer, le délai est d'un an à compter du moment où la décision est passée en force de chose jugée. Pour une erreur matérielle, le délai est également d'un an, mais court à compter de la notification de la décision.
La cour d'appel peut-elle ajouter une condamnation après avoir rendu son arrêt ?
Oui, si elle a omis de statuer sur une demande dans le dispositif, elle peut, sur requête, compléter l'arrêt en ajoutant la condamnation, sans modifier les autres chefs de décision. C'est ce qui a été fait dans cette affaire.
Quelle est la différence entre omission de statuer et erreur matérielle ?
L'omission de statuer concerne l'absence de décision sur une demande, tandis que l'erreur matérielle est une inexactitude dans la rédaction de la décision (ex: erreur de nom, de chiffre). Les deux peuvent être corrigées par voie de requête, mais les conditions et délais diffèrent légèrement.
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