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Cour d'appel, pôle 6 - chambre 9, 9 juillet 2026 — n° 26/01183

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Synthèse de la décision

Question juridique

Une erreur matérielle dans le dispositif d'un arrêt (mention d'une date erronée) peut-elle être rectifiée sur le fondement de l'article 462 du code de procédure civile ?

Principe retenu

En application de l'article 462 du code de procédure civile, les erreurs et omissions matérielles qui affectent un jugement peuvent toujours être réparées par la juridiction qui l'a rendu. La décision rectificative doit être motivée et mentionnée sur la minute et les expéditions du jugement.

Faits clés

  • Arrêt du 12 février 2026 condamnait l'employeur à attribuer le statut cadre à compter du 1er janvier 2015 dans son dispositif.
  • La motivation de l'arrêt fixait pourtant la date au 17 mai 2019 en raison de la prescription.
  • Le salarié avait saisi le conseil de prud'hommes le 17 mai 2021.
  • L'employeur a présenté une requête en rectification d'erreur matérielle le 19 février 2026.
  • Le salarié s'en est rapporté à la sagesse de la cour.

Articles cités

article 462 du code de procédure civile article L.1471-1 alinéa 1er du code du travail

Dispositif

PAR CES MOTIFS La cour, Ordonne la rectification de l'erreur matérielle affectant le dispositif de son arrêt du 12 février 2026 (N° RG 23/00780) et conséquence le remplacement de la date du "1er janvier 2015" par la date du "17 mai 2019" dans le quatrième alinéa du dispositif de l'arrêt du 12 février 2026 qui se lira dorénavant ainsi : "Condamne la SA [1] à attribuer à Monsieur [C] statut cadre niveau H à compter du 17 mai 2019 et à régulariser la situation du salarié au sein de la société et auprès de qui de droit en ce sens ", Laisse les dépens à la charge du Trésor public. LE GREFFIER LE PRESIDENT

Exposé du litige

Par requête en date du 19 février 2026, la [1] demande à la cour d'appel de Paris de : - RECTIFIER l'erreur matérielle affectant le dispositif de son arrêt du 12 février 2026 (N° RG 23/00780), En conséquence, - REMPLACER la date du 1er janvier 2015 par la date du 17 mai 2019 dans le quatrième alinéa du dispositif de l'arrêt du 12 février 2026 qui se lira dorénavant ainsi : " Condamne la SA [1] à attribuer à Monsieur [C] statut cadre niveau H à compter du 17 mai 2019 et à régulariser la situation du salarié au sein de la société et auprès de qui de droit en ce sens ", - LAISSER les dépens à la charge du Trésor public. Par message RPVA en date du 4 mars 2026, Monsieur [C] s'en rapporte à la sagesse de la cour.

Motivations de la décision

MOTIFS En vertu de l'article 462 du code de procédure civile : "Les erreurs et omissions matérielles qui affectent un jugement, même passé en force de chose jugée, peuvent toujours être réparées par la juridiction qui l'a rendu ou par celle à laquelle il est déféré, selon ce que le dossier révèle ou, à défaut, ce que la raison commande. Le juge est saisi par simple requête de l'une des parties, ou par requête commune ; il peut aussi se saisir d'office. Le juge statue après avoir entendu les parties ou celles-ci appelées. Toutefois, lorsqu'il est saisi par requête, il statue sans audience, à moins qu'il n'estime nécessaire d'entendre les parties. La décision rectificative est mentionnée sur la minute et sur les expéditions du jugement. Elle est notifiée comme le jugement. Si la décision rectifiée est passée en force de chose jugée, la décision rectificative ne peut être attaquée que par la voie du recours en cassation." En l'espèce, le salarié, Monsieur [C], sollicitait l'obtention du statut cadre à compter du 1er janvier 2015, demande à laquelle s'était opposée [1] à raison de la prescription tirée de l'article L.1471-1 alinéa 1er du code du travail. Dans son arrêt du 12 février 2026, la cour d'appel a tranché cette question aux termes d'une motivation claire (arrêt page 8) : "S'agissant de la date à partir de laquelle ce statut doit lui être reconnu, le salarié sollicite sa fixation au 1er janvier 2015, date à laquelle il a intégré son service en qualité de collaborateur. Toutefois, ainsi que le relève l'employeur, la demande de Monsieur [C] est soumise à la prescription de l'article L.1471-1 alinéa 1er du code du travail selon lequel : "Toute action portant sur l'exécution ou la rupture du contrat de travail se prescrit par deux ans à compter du jour où celui qui l'exerce à connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d'exercer son droit. " Monsieur [C] ne peut donc solliciter le bénéfice du statut cadre à compter du 1er janvier 2015. Sa requête de saisine du conseil de prud'hommes datant du 17 mai 2021, il convient de fixer la date de prise d'effet de la reconnaissance du statut cadre au 17 mai 2019, et d'ordonner à l'employeur de régulariser le statut cadre niveau H de Monsieur [C] à compter de cette date, le jugement étant infirmé sur ces points. " Or, le dispositif de l'arrêt rendu le 12 février 2026 condamne [1] à attribuer à Monsieur [C] le statut cadre à compter du "1er janvier 2015" comme le sollicitait Monsieur [C] et non du "17 mai 2019" comme l'a pourtant décidé la cour dans la motivation de son arrêt en page 8. Ce faisant, le dispositif de l'arrêt est entaché d'une erreur matérielle dont il convient d'ordonner la rectification sur le fondement de l'article 462 du code de procédure civile.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une erreur matérielle dans un arrêt ?
Une erreur matérielle est une erreur purement matérielle, comme une date erronée dans le dispositif, qui ne correspond pas à la motivation de la décision. Elle peut être rectifiée sur le fondement de l'article 462 du code de procédure civile.
Comment demander la rectification d'une erreur matérielle ?
Il faut présenter une requête en rectification d'erreur matérielle à la juridiction qui a rendu la décision. La requête doit exposer l'erreur et la correction demandée. Le juge statue après avoir entendu les parties ou les avoir appelées, mais peut statuer sans audience si la requête est suffisamment claire.
Quel est le délai pour demander la rectification d'une erreur matérielle ?
L'article 462 du code de procédure civile ne fixe pas de délai spécifique. La demande peut être faite tant que la décision n'est pas passée en force de chose jugée, et même après, mais la décision rectificative ne peut alors être attaquée que par la voie du recours en cassation.
Dans cette affaire, quelle était l'erreur matérielle ?
L'arrêt du 12 février 2026, dans son dispositif, condamnait l'employeur à attribuer le statut cadre à compter du 1er janvier 2015, alors que la motivation fixait cette date au 17 mai 2019 en raison de la prescription. La cour a rectifié le dispositif pour le faire correspondre aux motifs.
La rectification d'erreur matérielle modifie-t-elle le fond de la décision ?
Non, la rectification ne peut que corriger une erreur matérielle sans modifier le fond de la décision. Elle doit se limiter à rétablir la cohérence entre les motifs et le dispositif.
Quels sont les frais d'une procédure en rectification d'erreur matérielle ?
Dans cette affaire, la cour a laissé les dépens à la charge du Trésor public. En général, les frais sont à la charge de la partie qui succombe ou peuvent être répartis selon les circonstances.
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