Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Cour d'appel, rétention administrative, 16 juillet 2026 — n° 26/01184

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

Les diligences de l'administration pour obtenir un laissez-passer consulaire sont-elles suffisantes pour justifier le maintien en rétention ?

Principe retenu

L'administration doit exercer toute diligence pour que la rétention soit strictement nécessaire au départ de l'étranger. La réalisation d'actes sans effectivité, comme des relances auprès des consulats, n'est pas requise dès lors que l'administration ne dispose d'aucun pouvoir de contrainte sur les autorités consulaires.

Faits clés

  • Monsieur [G] [F], de nationalité algérienne, a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 20 janvier 2026.
  • Il a été placé en rétention administrative le 10 juillet 2026.
  • L'administration a sollicité un laissez-passer consulaire auprès des autorités algériennes.
  • Une relance a été effectuée le 13 juillet 2026.
  • L'appelant conteste le maintien en rétention pour insuffisance de diligences.

Articles cités

article L741-3 du CESEDA article L743-7 du CESEDA articles L 740-1 et suivants du CESEDA

Exposé du litige

PROCÉDURE ET MOYENS Vu les articles L 740-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ; Vu l'arrêté portant obligation de quitter le territoire national avec une interdiction de retour de deux ans pris le 20 janvier 2026 par PREFECTURE DES BOUCHES DU RHONE , notifié le 21 janvier 2026 à 11 heures 55 ; Vu la décision de placement en rétention prise le 10 juillet 2026 par PREFECTURE DES BOUCHES DU RHONE notifiée le 11 juillet 2026 à 8 heures 31 ; Vu l'ordonnance du 15 Juillet 2026 rendue par le magistrat désigné pour le contrôle des mesures d'éloignement et de rétention décidant le maintien de Monsieur [G] [F] dans des locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire ; Vu l'appel interjeté le 15 Juillet 2026 à 16 heures 03 par Monsieur [G] [F] ; Monsieur [G] [F] a comparu et a été entendu en ses explications ; il déclare n'avoir rien à ajouter à la plaidoierie de son avocat. Son avocat a été régulièrement entendu ; il conclut à l'infirmation de la décision déférée, faute de diligences suffisantes faites par l'administration. Le représentant de la préfecture sollicite la confirmation de la décision déférée.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DÉCISION La recevabilité de l'appel contre l'ordonnance du magistrat désigné pour le contrôle des mesures d'éloignement et de rétention n'est pas contestée et les éléments du dossier ne font pas apparaître d'irrégularité. Aux termes de l'article L741-3 du CESEDA, "Un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ. L'administration exerce toute diligence à cet effet." Il appartient au juge des libertés et de la détention, en application de l'article L. 741-3 du CESEDA de rechercher concrètement les diligences accomplies par l'administration pour permettre que l'étranger ne soit maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ. Cela induit, sauf circonstances insurmontables, la production de pièces par l'administration qui établissent ces diligences, en fonction de la situation de l'étranger. Par ailleurs, il convient de rappeler que la réalisation d'actes sans véritable effectivité, tels que des relances auprès des consulats n'est pas requis dès lors que l'administration ne dispose d'aucun pouvoir de contrainte sur les autorités consulaires. En l'espèce, il résulte de la procédure que l'administration a formé une demande de laissez-passer consulaire auprès des autorités algériennes, nationalité revendiquée par l'intéressé, et les a relancées pour une réponse le 13 juillet 2026. Ces diligences sont suffisantes et la cour confirme la décision attaquée.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Statuant publiquement par décision Contradictoire en dernier ressort, après débats en audience publique, Confirmons l'ordonnance du magistrat désigné pour le contrôle des mesures d'éloignement et de rétention en date du 15 Juillet 2026. Les parties sont avisées qu'elles peuvent se pourvoir en cassation contre cette ordonnance dans un délai de 2 mois à compter de cette notification, le pourvoi devant être formé par déclaration au greffe de la Cour de cassation, signé par un avocat au conseil d'Etat ou de la Cour de cassation. Le greffier Le président Reçu et pris connaissance le : Monsieur [G] [F] Assisté d'un interprète COUR D'APPEL D'AIX-EN-PROVENCE Chambre 1-11, Rétentions Administratives Palais Verdun , bureau 443 Téléphone : [XXXXXXXX01] - [XXXXXXXX02] - [XXXXXXXX03] Courriel : [Courriel 1] Aix-en-Provence, le 16 Juillet 2026 À - PREFECTURE DES BOUCHES DU RHONE - Monsieur le directeur du centre de rétention administrative de [Localité 1] - Monsieur le procureur général - Monsieur le greffier du Juge des libertés et de la détention de [Localité 1] - Maître Lucie BRACA NOTIFICATION D'UNE ORDONNANCE J'ai l'honneur de vous notifier l'ordonnance ci-jointe rendue le 16 Juillet 2026, suite à l'appel interjeté par : Monsieur [G] [F] né le 28 Février 2000 à [Localité 2] (ALGERIE) (99) de nationalité Algérienne Je vous remercie de m'accuser réception du présent envoi. Le greffier, VOIE DE RECOURS Nous prions Monsieur le directeur du centre de rétention administrative de bien vouloir indiquer au retenu qu'il peut se pourvoir en cassation contre cette ordonnance dans un délai de 2 mois à compter de cette notification, le pourvoi devant être formé par déclaration au greffe de la Cour de cassation.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la rétention administrative ?
La rétention administrative est une mesure privative de liberté visant à maintenir un étranger en situation irrégulière dans un centre spécialisé, dans l'attente de son éloignement du territoire français.
L'administration doit-elle faire des démarches pour obtenir un laissez-passer consulaire ?
Oui, l'administration doit exercer toute diligence pour que la rétention soit strictement nécessaire au départ. Cela inclut la demande de laissez-passer consulaire et, si nécessaire, des relances, mais elle n'a aucun pouvoir de contrainte sur les autorités consulaires.
Que se passe-t-il si le consulat ne répond pas à la demande de laissez-passer ?
L'administration n'est pas tenue de réaliser des actes sans effectivité, comme des relances répétées, si elle ne dispose d'aucun moyen de contraindre le consulat. Une seule demande et une relance peuvent être jugées suffisantes.
Puis-je contester mon maintien en rétention pour insuffisance de diligences ?
Oui, vous pouvez faire appel de l'ordonnance de maintien en rétention en invoquant le défaut de diligences de l'administration. Le juge vérifiera concrètement les démarches effectuées.
Quels sont les recours possibles contre une ordonnance de maintien en rétention ?
Vous pouvez interjeter appel devant la cour d'appel dans un délai de 24 heures, puis un pourvoi en cassation dans un délai de 2 mois à compter de la notification de l'ordonnance.
Dans cette affaire, pourquoi la cour a-t-elle confirmé le maintien en rétention ?
La cour a estimé que l'administration avait accompli des diligences suffisantes en formant une demande de laissez-passer consulaire auprès des autorités algériennes et en effectuant une relance le 13 juillet 2026, ce qui justifiait le maintien en rétention.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.