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Cour d'appel, etrangers, 15 juillet 2026 — n° 26/00670

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Synthèse de la décision

Question juridique

La deuxième prolongation de la rétention administrative est-elle justifiée au regard des diligences de l'administration et de l'absence de perspectives d'éloignement ?

Principe retenu

La rétention administrative ne peut être prolongée que si l'administration justifie de diligences suffisantes pour exécuter la mesure d'éloignement. L'absence de perspectives raisonnables d'éloignement peut faire obstacle à la prolongation. En l'espèce, l'administration a accompli des diligences (saisine du consulat, obtention d'un laissez-passer) et les perspectives d'éloignement existent, justifiant la prolongation.

Faits clés

  • M. [U] [W], ressortissant algérien, placé en rétention administrative
  • Première prolongation de 30 jours autorisée le 16 juin 2026
  • Requête de l'administration pour une deuxième prolongation le 9 juillet 2026
  • Appel de l'ordonnance de prolongation par le retenu le 13 juillet 2026
  • Moyen soulevé : insuffisance des diligences et absence de perspectives d'éloignement

Articles cités

article L741-3 du CESEDA article L. 742-4 du CESEDA article L. 742-1 du CESEDA article L. 743-13 du CESEDA article L. 743-21 du CESEDA article L.342-12 du CESEDA article R.743-10 du CESEDA article R743-20 du CESEDA article 455 du code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSE DES FAITS ET DE LA PROCEDURE Vu les dispositions de l'article 455 du code de procédure civile et des articles L. 740-1 à L744-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile'; Vu l'ordonnance rendue le 16 juin 2026 par le magistrat délégué du Tribunal judiciaire de Toulouse autorisant la première prolongation de la mesure de rétention administrative, Vu la requête de l'autorité administrative enregistrée au greffe le 9 juillet 2026 à 9h02 sollicitant une deuxième prolongation de la mesure de rétention administrative'de M.[U] [W] ; Vu l'ordonnance rendue par le'magistrat délégué du tribunal judiciaire de Toulouse le 10 juillet 2026 à 14h59 ordonnant la prolongation de la rétention administrative de M.[U] [W] pour une durée de 30 jours ; Vu l'appel interjeté par M.[U] [W] par mémoire de son conseil reçu au greffe de la cour le 13 juillet 2026 à 14h02 , aux termes duquel il sollicite l'infirmation de l'ordonnance frappée d'appel et sa remise en liberté ou à défaut son assignation à résidence en soutenant les éléments suivants': - l'insuffisance des diligences de l'administration et l'absence de perspectives d'éloignement'; Les parties convoquées à l'audience du 15 juillet 9h45 ; Entendues les explications fournies par le conseil de l'appelant, Me [D], lequel a soutenu oralement à l'audience les moyens exposés dans son mémoire, auquel il est renvoyé pour le détail de son argumentation en application de l'article 455 du code de procédure civile, Entendues les explications de l'appelant, présent, qui a bénéficié de l'assistance d'un interprète et a eu la parole en dernier, Vu l'absence de la préfecture de Haute Garonne, Vu l'absence du ministère public qui, avisé de la date d'audience, n'a pas formulé d'observations.

Motivations de la décision

SUR CE,' Sur la prolongation de la rétention et les diligences de l'administration Aux termes de l'article L741-3 du CESEDA un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ. L'administration exerce toute diligence à cet effet. L'article L. 742-4 du CESEDA prévoit qu'une nouvelle prolongation de la mesure de rétention peut être sollicitée, dans les mêmes conditions qu'à l'article L. 742-1 du même code, dans les cas suivants : 1°) urgence absolue ou menace pour l'ordre public'; 2°) impossibilité d'exécuter la mesure d'éloignement résultant de la perte ou de la destruction des documents de voyage de l'intéressé, de la dissimulation par celui-ci de son identité ou de l'obstruction volontaire faite à son éloignement';'3°) impossibilité d'exécuter la mesure d'éloignement en raison': du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'étranger ou délivrance tardive des documents de voyage ne permettant pas de procéder à l'exécution de la décision d'éloignement ; de l'absence de moyen de transport. L'étranger peut être maintenu à disposition de la justice dans les conditions prévues à l'article L.742-2. Si le juge ordonne la prolongation de la rétention, celle-ci court à compter de l'expiration de la précédente période de rétention et pour une nouvelle période d'une durée maximale de trente jours. La durée maximale de la rétention n'excède alors pas soixante jours. A tout stade de la rétention, les diligences de l'administration doivent présenter un caractère suffisant. Il appartient au juge judiciaire d'apprécier concrètement au regard des données de chaque situation à la date où il statue, si la mesure de rétention et sa poursuite sont justifiées par des perspectives raisonnables de mise à exécution de la mesure d'éloignement, étant précisé que ces perspectives doivent s'entendre comme celles qui peuvent être réalisées dans le délai maximal de rétention soit 90 jours. En l'espèce, la préfecture fonde sa requête en deuxième prolongation sur l'alinéa' 3 de l'article L742-4 du CESEDA . Elle justifie avoir saisi les autorités consulaires dès le 16 février 2026 puis avoir effectué de nombreuses relances qui ont abouti à l'audition consulaire. Il est de jurisprudence constante que l'administration, n'ayant aucun pouvoir coercitif sur les autorités consulaires pour les forcer à lui répondre ou accélérer le délai de traitement des demandes d'identification, ne peut être tenue responsable du délai de réponse observé par celles-ci ou de leur absence de réponse à partir du moment où elles ont été effectivement et valablement saisies, ce qui est le cas en l'espèce. Dès lors, les diligences de l'administration présentent un caractère suffisant et l'absence de délivrance d'un laissez-passer à ce jour est bien imputable au défaut de réponse des autorités saisies à cette fin. Par ailleurs, la prolongation de la rétention administrative du retenu s'impose toujours à ce jour compte tenu de l'absence de garanties de représentation et des risques trouble à l'ordre public. La prolongation de la rétention administrative est donc justifiée et l'ordonnance déférée sera confirmée en toutes ses dispositions. Sur la demande d'assignation à résidence L.743-13 du CESEDA dispose que le juge peut ordonner l'assignation à résidence de l'étranger lorsque celui-ci dispose de garanties de représentation effectives. Toutefois, cette assignation à résidence ordonnée par l'autorité judiciaire suppose que soit remis préalablement aux services de police ou à une unité de gendarmerie, l'original d'un passeport ou d'un document d'identité. Ce texte encadre donc strictement la possibilité pour l'autorité judiciaire d'assigner à résidence une personne en situation irrégulière. En l'espèce, faute pour M.[U] [W] d'avoir remis préalablement à la présente décision un passeport original valide aux autorités, sa demande d'assignation à résidence ne peut qu'être rejetée.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Statuant par ordonnance mise à disposition au greffe après avis aux parties, CONFIRMONS l'ordonnance rendue par le'magistrat délégué'du tribunal judiciaire de Toulouse en date du 10 juillet 2026 à 14h59 en toutes ses dispositions, DISONS que la présente ordonnance sera notifiée à la préfecture de Haute Garonne, à M.[U] [W] ainsi qu'à son conseil et communiquée au ministère public. ' LE GREFFIER LE MAGISTRAT DELEGUE ORDONNANCE 26/672 NOTIFICATION DU DISPOSITIF DE L'ORDONNANCE DE LA COUR D'APPEL RELATIF A UN RECOURS EN MATIERE DE RETENTION ADMINISTRATIVE Monsieur X se disant [U] [W], Vous avez été placé au centre de rétention administative de [Localité 3] [Adresse 1]. - Vous avez formé appel de la décision du magistrat du siège du tribnal judiciaire de [Localité 3] qui a décidé de la prolongation de votre placement, - ou la Préfecture compétente /le Ministère Public a formé appel de votre remise en liberté. Vous avez été entendu en audience à la cour d'appel. Madame-Monsieur le conseiller, délégué par ordonnance de la première présidente, a rendu ce jour, par ordonnance, la décision suivante : ' PROLONGATION DE LA MESURE DE RÉTENTION (maintien au centre de rétention). Art. R743-20 du CESEDA : Cette décision est susceptible de POURVOI EN CASSATION qui doit être formé, dans un délai de deux mois à compter de la date de signature de l'accusé de réception de la présente notification, par déclaration déposée au greffe de la COUR DE CASSATION ([Adresse 2]) par un AVOCAT au CONSEIL D'ETAT et à la COUR DE CASSATION, la représentation étant obligatoire, à peine d'irrecevabilité prononcée d'office --------------------------- ' MAINLEVÉE DE LA MESURE DE RÉTENTION : LIBÉRATION (sortie du centre de rétention) Vous allez pouvoir quitter le centre de rétention, nous vous rappelons que vous avez l'obligation de quitter le territoire français Art L611-1 du CESEDA La présente notification est accompagnée d'une traduction conforme, ci-après.

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour une deuxième prolongation de la rétention administrative ?
La deuxième prolongation est possible en cas d'urgence absolue, de menace pour l'ordre public, ou d'impossibilité d'exécuter la mesure d'éloignement malgré les diligences de l'administration. Dans cette affaire, l'administration avait saisi le consulat et obtenu un laissez-passer, ce qui a justifié la prolongation.
Que faire si l'administration ne fait pas assez de diligences pour mon éloignement ?
Vous pouvez contester la prolongation en invoquant l'insuffisance des diligences. Le juge vérifie si l'administration a accompli les démarches nécessaires (saisine du consulat, obtention de documents de voyage). En l'espèce, les diligences ont été jugées suffisantes.
Puis-je demander une assignation à résidence à la place de la rétention ?
Oui, mais cela nécessite de remettre un passeport original valide aux autorités. Dans cette affaire, l'appelant n'a pas remis de passeport, donc sa demande d'assignation à résidence a été rejetée.
Quel est le délai pour faire appel d'une ordonnance de prolongation de rétention ?
L'appel doit être formé dans un délai de 24 heures suivant la notification de l'ordonnance. Dans cette affaire, l'appel a été interjeté le 13 juillet 2026, soit dans les délais.
Qu'est-ce qu'un laissez-passer consulaire et pourquoi est-il important ?
Un laissez-passer consulaire est un document délivré par le consulat du pays d'origine permettant le retour de l'étranger. Son obtention démontre que l'administration fait des diligences et qu'il existe des perspectives d'éloignement, ce qui justifie la prolongation de la rétention.
L'absence de perspectives d'éloignement peut-elle mettre fin à la rétention ?
Oui, si l'administration ne peut pas démontrer qu'un éloignement est possible à court terme, la rétention peut être levée. Dans cette affaire, l'obtention d'un laissez-passer a établi des perspectives suffisantes.
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