Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Cour d'appel, rétention administrative, 16 juillet 2026 — n° 26/00747

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

L'administration a-t-elle exercé toutes les diligences nécessaires pour obtenir un laissez-passer consulaire, notamment en transmettant les documents requis (photographies, empreintes) au consulat tunisien, justifiant ainsi la prolongation de la rétention ?

Principe retenu

Aux termes de l'article L. 741-3 du CESEDA, un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ ; l'administration doit exercer toute diligence à cet effet. Il appartient au juge d'apprécier, à chaque stade de la procédure, s'il existe une perspective raisonnable d'éloignement. L'absence de transmission de certains documents (photographies, empreintes) n'est pas de nature à invalider la demande de laissez-passer si l'administration a saisi les autorités consulaires et transmis les pièces essentielles.

Faits clés

  • M. [W] [C], ressortissant tunisien, placé en rétention administrative le 10 juillet 2026.
  • L'administration a saisi les autorités tunisiennes par courriel du 10 juillet 2026 pour obtenir un laissez-passer consulaire.
  • Le courriel mentionnait que les empreintes seraient transmises 'très rapidement' et joignait la décision de placement, la lettre de demande, l'audition et la planche photographique.
  • M. [C] contestait l'absence de transmission de trois photographies et du relevé d'empreintes au consulat.
  • L'ordonnance de première instance avait prolongé la rétention jusqu'au 7 août 2026.

Articles cités

article L. 741-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R. 743-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R. 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article 3 de l'annexe II de l'accord cadre franco-tunisien de 2008

Exposé du litige

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS COUR D'APPEL DE METZ ORDONNANCE DU 16 JUILLET 2026 1ère prolongation Nous, Delphine CHOJNACKI, Conseiller, agissant sur délégation de Monsieur le premier président de la cour d'appel de Metz, assistée de Alexandre VAZZANA, greffière ; Dans l'affaire N° RG 26/00747 - N° Portalis DBVS-V-B7K-GS6I ETRANGER : M. [W] [C] né le 10 Septembre 2001 à de nationalité Tunisienne Actuellement en rétention administrative. Vu la décision de M. [D] [O] [I] prononçant le placement en rétention de l'intéressé ; Vu la requête de M. [D] [O] [I] saisissant le juge du tribunal judiciaire de Metz tendant à la prolongation du maintien de l'intéressé dans des locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire pour une première prolongation ; Vu l'ordonnance rendue le 15 juillet 2026 à 13 heures 46 par le juge du tribunal judiciaire de Metz ordonnant la prolongation de la rétention dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire jusqu'au 7 août 2026 inclus ; Vu l'acte d'appel de l'association assfam ' groupe sos pour le compte de M. [W] [C] interjeté par courriel du le 15 juillet 2026 à 16 heures 58 contre l'ordonnance ayant statué sur la prolongation de la mesure de rétention administrative ; Vu l'avis adressé à Monsieur le procureur général de la date et l'heure de l'audience ; A l'audience publique de ce jour, à 14 H 00, en visioconférence se sont présentés : - M. [W] [C], appelant, assisté de Me Anne BICHAIN, avocat de permanence commis d'office, présent lors du prononcé de la décision et de M. [R] [E], interprète assermenté en langue Arabe présent lors du prononcé de la décision - M. [D] [O] [I], intimé, représenté par Me Caterina BARBERI, avocat au barreau de Paris substituant la selarl centaure avocats du barreau de Paris, présente lors du prononcé de la décision Me Anne BICHAIN et M. [W] [C], par l'intermédiaire de l'interprète ont présenté leurs observations ; M. [D] [O] [I], représenté par son avocat a sollicité la confirmation de l'ordonnance entreprise ; M. [W] [C], par l'intermédiaire de l'interprète, a eu la parole en dernier.

Motivations de la décision

Sur ce, Sur la recevabilité de l'acte d'appel : L'appel est recevable comme ayant été formé dans les formes et délai prévus par les dispositions des articles L. 743-21, R. 743-10 et R. 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Sur l'absence de diligences vers le consulat tunisien : M.[C] fait mention de ce que l'administration française n'a pas effectué les diligences nécessaires pour faciliter son identification par le consulat et le retour dans son pays d'origine. Les autorités françaises n'ont notamment pas transmis au consulat tunisien l'ensemble des documents qui sont à leur disposition (trois photographies/relevé d'empreintes). Il appartient au juge judiciaire de vérifier que tous les documents en possession de l'administration ont bien été transmis au consulat de son pays d'origine. La préfecture conclut au rejet du moyen en ce que la demande de laissez-passer a été faite immédiatement conformément au texte légal. Il a en outre plusieurs alias. Il est demandé la confirmation de la décision. Aux termes de l'article L. 741-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ ; l'administration doit exercer toute diligence à cet effet. Par conséquent il appartient au juge d'apprécier, à chaque stade de la procédure, s'il existe ou non une perspective raisonnable d'éloignement. L'article 3 de l'annexe II de l'accord cadre franco-tunisien de 2008 dispose que dans le respect des procédure et délais légaux et réglementaires en France et en Tunisie, les deux parties procèdent à l'identification de leurs ressortissants et à la délivrance des laissez-passer consulaires nécessaires à la réadmission sur la base des documents énumérés à l'annexe II. L'annexe II mentionne qu'à défaut de passeport en cours de validité, la nationalité est considérée comme établie au vu de certains documents notamment la carte nationale d'identité, et elle est présumée sur la base d'autres documents d'identité dont la liste est fixée par l'annexe. Il est précisé que dans ce cas, la partie requérante transmet à l'autorité requise les documents en sa possession ainsi que les empreintes et trois photographies d'identité. En l'espèce, il ressort des pièces de la procédure que l'administration a saisi les autorités tunisiennes par courriel du 10 juillet 2026 en sollicitant un laissez-passer consulaire en mentionnant que les empreintes seront transmises « très rapidement », et joignant à ce premier envoi la décision de placement en rétention, la lettre de demande faite au consulat, l'audition de l'intéressé ainsi que la planche photographique. En tout état de cause l'annexe visé par l'acte d'appel ne prescrit pas les actes et documents à transmettre à peine de nullité de la demande de laissez-passer ni n'empêche l'instruction de la demande, de sorte que le moyen tel qu'il est soulevé par M.[C] ne peut prospérer. L'ordonnance est confirmée.  PAR CES MOTIFS Statuant publiquement, contradictoirement, en dernier ressort, DÉCLARONS recevable l'appel de M. [W] [C] à l'encontre de l'ordonnance rendue le 15 juillet 2026 à 13 heures 46 par le juge du tribunal judiciaire de Metz ordonnant la prolongation de la rétention dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire jusqu'au 7 août 2026 inclus CONFIRMONS l'ordonnance rendue par le juge du tribunal judiciaire de Metz le 15 juillet 2026 à 13 heures 46 ;

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance ; DISONS n'y avoir lieu à dépens. Prononcée publiquement à [Localité 1], le 16 juillet 2026 à 14 heures 44. le greffier La conseillère, N° RG 26/00747 - N° Portalis DBVS-V-B7K-GS6I M. [W] [C] contre M. [D] [O] [I] Ordonnnance notifiée le 16 Juillet 2026 par courriel, par le greffe de la chambre des libertés de la cour d'appel à : - M. [W] [C] et son conseil, M. [D] [O] [I] et son représentant, au cra de Metz, au juge du tj de Metz, au procureur général de la cour d'appel de Metz

Questions fréquentes

L'administration doit-elle transmettre toutes les pièces (photos, empreintes) au consulat pour obtenir un laissez-passer ?
Oui, l'administration doit transmettre les documents en sa possession, dont les empreintes et trois photographies d'identité, conformément à l'annexe II de l'accord franco-tunisien de 2008. Cependant, l'absence de transmission de ces documents n'entraîne pas automatiquement la nullité de la demande de laissez-passer, si l'administration a saisi le consulat et fourni les pièces essentielles.
Quelles sont les diligences nécessaires pour justifier une prolongation de rétention ?
L'administration doit exercer toutes les diligences nécessaires pour permettre l'éloignement de l'étranger, notamment en saisissant rapidement les autorités consulaires pour obtenir un laissez-passer. Dans cette affaire, la préfecture a saisi le consulat tunisien dès le 10 juillet 2026, ce qui a été jugé suffisant pour justifier la prolongation.
Puis-je contester la prolongation de ma rétention si le consulat n'a pas reçu mes empreintes ?
Oui, vous pouvez contester, mais le juge apprécie l'ensemble des diligences. En l'espèce, le fait que les empreintes n'aient pas encore été transmises n'a pas empêché la confirmation de la prolongation, car l'administration avait déjà fourni d'autres documents et annoncé l'envoi prochain des empreintes.
Qu'est-ce qu'une perspective raisonnable d'éloignement ?
C'est la probabilité que l'étranger puisse effectivement quitter le territoire dans un délai raisonnable. Le juge vérifie à chaque stade si les démarches de l'administration (saisine du consulat, obtention d'un laissez-passer) permettent d'envisager un départ prochain. Dans cette affaire, la saisine rapide du consulat a été considérée comme établissant une perspective raisonnable.
L'accord franco-tunisien impose-t-il des documents spécifiques pour la demande de laissez-passer ?
Oui, l'annexe II de l'accord cadre franco-tunisien de 2008 prévoit que la partie requérante transmette les documents d'identité en sa possession, ainsi que les empreintes et trois photographies d'identité. Toutefois, cette annexe ne prescrit pas ces documents à peine de nullité, et l'administration peut compléter sa demande ultérieurement.
Que faire si l'administration tarde à transmettre les documents au consulat ?
Vous pouvez soulever ce moyen devant le juge pour contester la prolongation de la rétention. Le juge vérifiera si l'administration a fait preuve de diligence. Dans cette affaire, le retard dans la transmission des empreintes n'a pas été jugé suffisant pour remettre en cause la prolongation, car la demande initiale était complète et les empreintes annoncées.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.