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Cour d'appel, retentions, 16 juillet 2026 — n° 26/05585

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Synthèse de la décision

Question juridique

La prolongation de la rétention administrative d'un étranger faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français est-elle justifiée en l'absence de diligences suffisantes de l'administration pour organiser son éloignement ?

Principe retenu

La rétention administrative ne peut être prolongée que si l'administration justifie de diligences suffisantes pour organiser l'éloignement de l'étranger. En l'espèce, l'envoi d'une demande de laissez-passer consulaire aux autorités algériennes constitue une diligence utile, et le maintien sur le territoire malgré une OQTF caractérise un risque de soustraction à la mesure d'éloignement.

Faits clés

  • M. [T] [I], ressortissant algérien né le 20 décembre 2007, a fait l'objet d'une OQTF sans délai avec interdiction de retour de 24 mois le 1er avril 2026.
  • Il a été placé en rétention administrative le 9 juillet 2026.
  • Le préfet a saisi le juge pour prolonger la rétention de 26 jours.
  • Le juge a prolongé la rétention le 13 juillet 2026.
  • M. [T] [I] a interjeté appel le 15 juillet 2026, invoquant un défaut de diligences de l'administration.

Articles cités

article L.342-7 du CESEDA article L.342-12 du CESEDA article L.743-11 du CESEDA article L.743-21 du CESEDA article L.741-3 du CESEDA article L.742-1 du CESEDA article L.612-3 du CESEDA article R.743-10 du CESEDA article R.743-11 du CESEDA

Exposé du litige

FAITS ET PROCÉDURE Par décision du 9 juillet 2026 notifiée le même jour, M. Le Préfet de [Localité 1] a ordonné le placement de M. [T] [I] en rétention dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire pour l'exécution d'une décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai assorti d'une interdiction de retour pendant 24 mois prise le 1er avril 2026 par M. le Préfet de [Localité 3]. Suivant requête reçue au greffe le 12 juillet 2026 reçue au greffe le 12 juillet 2026 à 15 heures 01, M. Le Préfet de [Localité 1] a saisi le juge du tribunal judiciaire de Lyon aux fins de voir ordonner la prolongation de la rétention pour une durée de vingt-six jours. Par ordonnance rendue le 13 juillet 2026 à 15 heures 10, le juge du tribunal judiciaire de Lyon, a statué ainsi : Déclarons la requête en prolongation de la rétention administrative recevable, Déclarons la procédure diligentée à l'encontre de M. [T] [I] régulière, Ordonnons la prolongation de la rétention de M. [T] [I] pour une durée de vingt-six jours. Par déclaration au greffe le 15 juillet 2026 à 10 heures 02, M. [T] [I] a interjeté appel de cette ordonnance dont il demande l'infirmation, outre sa remise en liberté. Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 16 juillet 2026 à 10 heures 30. M. [T] [I] a comparu et a été assisté d'un interprète et de son avocat. Le conseil de M. [T] [I] a été entendu en sa plaidoirie pour soutenir les termes de la requête d'appel. M. Le Préfet de [Localité 1], représenté par son conseil, a demandé la confirmation de l'ordonnance déférée. M. [T] [I], qui a eu la parole en dernier, a expliqué qu'il a été contrôlé pour conduite sans permis car il était le seul à pouvoir emmener un ami handicapé à l'hôpital et il ajoute qu'il s'est maintenu sur le territoire français pour pouvoir comparaître devant les juridictions appelées à le convoquer prochainement.

Motivations de la décision

MOTIVATION Sur la recevabilité de l'appel': L'appel de M. [T] [I] a été formé dans les formes et délais prévus par les dispositions des articles L. 743-21, R. 743-10 et R. 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA). L'appel est déclaré recevable. Sur la requête en prolongation de rétention': M. [T] [I] considère que la Préfecture n'a pas effectué les diligences nécessaires afin d'organiser son départ pendant les quatre premiers jours de sa rétention M. Le Préfet de [Localité 1] souligne avoir saisi les autorités consulaires tunisiennes et fait valoir que le comportement de M. [T] [I] constitue une menace pour l'ordre public en raison de ses condamnations pénales. Sur ce, Aux termes de l'article L.741-1 du CESEDA, l'autorité administrative peut placer en rétention, pour une durée de quatre-vingt-seize heures, l'étranger qui se trouve dans l'un des cas prévus à l'article L.731-1 lorsqu'il ne présente pas de garanties de représentation effectives propres à prévenir un risque de soustraction à l'exécution de la décision d'éloignement et qu'aucune autre mesure n'apparaît suffisante à garantir efficacement l'exécution effective de cette décision. Le risque mentionné au premier alinéa est apprécié selon les mêmes critères que ceux prévus à l'article L. 612-3 ou au regard de la menace pour l'ordre public que l'étranger représente. L'article L.742-1 prévoit que le maintien en rétention au-delà de quatre-vingt-seize heures à compter de la notification de la décision de placement initiale peut être autorisé, dans les conditions prévues au présent titre, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire saisi à cette fin par l'autorité administrative. Selon l'article L.741-3, un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que le temps strictement nécessaire à son départ et l'administration doit exercer toute diligence à cet effet. En l'espèce, il est constant que M. [T] [I] se maintient sur le territoire français malgré une obligation de quitter le territoire français du 1er avril 2026. Le temps écoulé depuis cette décision, sans départ volontaire de l'intéressé, caractérise le risque de soustraction à la mesure d'éloignement. Le défaut de diligences que M. [T] [I] reproche à l'administration pour organiser son éloignement ne résiste pas à l'analyse puisque M. Le Préfet de [Localité 1] justifie d'un courrier daté du 10 juillet 2026 adressé aux autorités consulaires algériennes pour solliciter un laisser-passer consulaire. Dans ces conditions, la préfecture justifie que la durée de la rétention de M. [T] [I] a été mise à profit pour organiser, dans les plus brefs délais, l'éloignement de l'intéressé et dans la mesure où l'intéressé de déclare de nationalité algérienne, les diligences entreprises sont manifestement utiles. L'appel doit dès lors être rejeté et l'ordonnance attaquée, en ce qu'elle a ordonné la prolongation de la rétention de M. [T] [I] pour une durée de 26 jours, est confirmée. PAR CES MOTIFS

Dispositif

Déclarons recevable l'appel formé par M. [T] [I], Confirmons l'ordonnance attaquée en toutes ses dispositions. Le greffier, La conseillère déléguée, Judith DOS SANTOS ANTUNES Véronique DRAHI

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour prolonger une rétention administrative ?
La prolongation au-delà de 96 heures nécessite une autorisation du juge, qui vérifie que l'administration a accompli des diligences suffisantes pour organiser l'éloignement et qu'il existe un risque de soustraction à la mesure.
L'administration doit-elle prouver qu'elle fait des démarches pour mon éloignement ?
Oui, l'administration doit justifier de diligences utiles et réelles. Dans cette affaire, l'envoi d'une demande de laissez-passer consulaire aux autorités algériennes a été considéré comme une diligence suffisante.
Que faire si le préfet ne fait rien pour organiser mon départ ?
Vous pouvez contester la prolongation en invoquant le défaut de diligences. Le juge peut alors refuser la prolongation et ordonner votre remise en liberté.
Qu'est-ce qu'un laissez-passer consulaire et pourquoi est-il important ?
C'est un document délivré par le consulat de votre pays permettant votre retour. Sans lui, l'administration ne peut pas organiser votre éloignement. Sa demande constitue une diligence essentielle.
Mon appel contre la prolongation de rétention est-il recevable ?
Oui, l'appel est recevable s'il est formé dans les 24 heures suivant la notification de l'ordonnance du juge, comme en l'espèce où l'appel a été déclaré recevable.
Puis-je être libéré si l'administration tarde à obtenir un laissez-passer ?
Si l'administration ne justifie pas de diligences suffisantes, le juge peut ordonner votre remise en liberté. Mais si elle a fait les démarches nécessaires, la prolongation peut être confirmée.
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