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Cour d'appel, retentions, 16 juillet 2026 — n° 26/05586

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Synthèse de la décision

Question juridique

La prolongation de la rétention administrative d'un étranger est-elle justifiée lorsque l'administration a effectué des diligences pour obtenir un laissez-passer consulaire dès le placement en rétention ?

Principe retenu

La rétention administrative ne peut être prolongée que si l'administration a exercé toutes les diligences nécessaires pour organiser l'éloignement de l'étranger dans les plus brefs délais. Le non-respect de précédentes mesures d'assignation à résidence caractérise un risque de soustraction à la mesure d'éloignement.

Faits clés

  • M. [H] [P] est de nationalité algérienne, né le 27 mai 2002.
  • Il fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai avec interdiction de retour de 18 mois prise le 18 septembre 2025.
  • Il a déjà fait l'objet de deux mesures d'assignation à résidence qu'il n'a pas respectées.
  • Placement en rétention le 9 juillet 2026.
  • La préfecture a adressé un courriel aux autorités consulaires algériennes dès le 9 juillet 2026 pour solliciter un laissez-passer consulaire.

Articles cités

article L.741-3 du CESEDA article L.742-1 du CESEDA article L.743-21 du CESEDA article R.743-10 du CESEDA article R.743-11 du CESEDA article L.612-3 du CESEDA

Exposé du litige

FAITS ET PROCÉDURE Par décision du 9 juillet 2026 notifiée le même jour, M. Le Préfet du Rhône a ordonné le placement de M. [H] [P] en rétention dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire pour l'exécution d'une décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai assorti d'une interdiction de retour pendant 18 mois prise le 18 septembre 2025. Suivant requête du 10 juillet 2026 reçue au greffe le 12 juillet 2026 à 15 heures 01, M. Le Préfet du Rhône a saisi le juge du tribunal judiciaire de Lyon aux fins de voir ordonner la prolongation de la rétention pour une durée de vingt-six jours. Par ordonnance rendue le 13 juillet 2026 à 15 heures 30, le juge du tribunal judiciaire de Lyon, a statué ainsi : Déclarons la requête en prolongation de la rétention administrative recevable, Déclarons la procédure diligentée à l'encontre de M. [H] [P] régulière, Ordonnons la prolongation de la rétention de M. [H] [P] pour une durée de vingt-six jours. Par déclaration au greffe le 15 juillet 2026 à 10 heures 16, M. [H] [P] a interjeté appel de cette ordonnance dont il demande l'infirmation, outre sa remise en liberté. Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 16 juillet 2026 à 10 heures 30. M. [H] [P] a comparu et a été assisté d'un interprète et de son avocat. Le conseil de M. [H] [P] a été entendu en sa plaidoirie pour soutenir les termes de la requête d'appel. M. Le Préfet du Rhône, représenté par son conseil, a demandé la confirmation de l'ordonnance déférée. M. [H] [P] a eu la parole en dernier.

Motivations de la décision

MOTIVATION Sur la recevabilité de l'appel': L'appel de M. [H] [P] a été formé dans les formes et délais prévus par les dispositions des articles L. 743-21, R. 743-10 et R. 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA). L'appel est déclaré recevable. Sur la requête en prolongation de rétention': M. [H] [P] considère que la Préfecture n'a pas effectué les diligences nécessaires afin d'organiser son départ pendant les quatre premiers jours de sa rétention. M. Le Préfet du Rhône fait valoir que le temps de rétention serait écourté si M. [H] [P] justifiait de documents d'identité. Il en conclut que l'intéressé est en partie responsable du temps nécessaire pour organiser son éloignement, outre que son placement en rétention administrative s'impose en raison de l'absence de garanties de représentation et de ses nombreuses signalisations des pour faits délictueux commis sous différentes identités. Sur ce, Aux termes de l'article L.741-1 du CESEDA, l'autorité administrative peut placer en rétention, pour une durée de quatre-vingt-seize heures, l'étranger qui se trouve dans l'un des cas prévus à l'article L.731-1 lorsqu'il ne présente pas de garanties de représentation effectives propres à prévenir un risque de soustraction à l'exécution de la décision d'éloignement et qu'aucune autre mesure n'apparaît suffisante à garantir efficacement l'exécution effective de cette décision. Le risque mentionné au premier alinéa est apprécié selon les mêmes critères que ceux prévus à l'article L. 612-3 ou au regard de la menace pour l'ordre public que l'étranger représente. L'article L.742-1 prévoit que le maintien en rétention au-delà de quatre-vingt-seize heures à compter de la notification de la décision de placement initiale peut être autorisé, dans les conditions prévues au présent titre, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire saisi à cette fin par l'autorité administrative. Selon l'article L.741-3, un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que le temps strictement nécessaire à son départ et l'administration doit exercer toute diligence à cet effet. En l'espèce, il est constant que M. [H] [P] se maintient sur le territoire français malgré une obligation de quitter le territoire français du 18 septembre 2025 et de deux précédentes mesures d'assignation à résidence qu'il n'a pas mis à profit pour partir par ses propres moyens. Le non-respect de ces précédentes mesures d'assignation à résidence, justifié par les procès-verbaux de carence figurant au dossier, caractérise le risque de soustraction à la mesure d'éloignement. Le défaut de diligences que M. [H] [P] reproche à l'administration pour organiser son éloignement ne résiste pas à l'analyse puisque M. Le Préfet du Rhône justifie d'un courriel adressé dès le 9 juillet 2026 aux autorités consulaires algériennes pour solliciter un laisser-passer consulaire. Dans ces conditions, la préfecture justifie que la durée de la rétention de M. [H] [P] a été mise à profit pour organiser, dans les plus brefs délais, son éloignement et dans la mesure où l'intéressé se déclare de nationalité algérienne, les diligences entreprises sont manifestement utiles. L'appel doit dès lors être rejeté et l'ordonnance attaquée, en ce qu'elle a ordonné la prolongation de la rétention de M. [H] [P] pour une durée de 26 jours, est confirmée. PAR CES MOTIFS

Dispositif

Déclarons recevable l'appel formé par M. [H] [P], Confirmons l'ordonnance attaquée en toutes ses dispositions. Le greffier, La conseillère déléguée, Judith DOS SANTOS ANTUNES Véronique DRAHI

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour prolonger une rétention administrative au-delà de 96 heures ?
La prolongation est possible si l'administration justifie de diligences pour organiser l'éloignement et s'il existe un risque de soustraction à la mesure d'éloignement, par exemple en cas de non-respect d'assignations à résidence antérieures.
L'administration doit-elle faire des démarches concrètes pour obtenir un laissez-passer consulaire ?
Oui, l'administration doit exercer toute diligence dès le placement en rétention. Dans cette affaire, la préfecture a envoyé un courriel aux autorités consulaires algériennes le jour même du placement, ce qui a été jugé suffisant.
Mon non-respect d'une assignation à résidence peut-il justifier la prolongation de ma rétention ?
Oui, le non-respect de précédentes mesures d'assignation à résidence caractérise un risque de soustraction à la mesure d'éloignement, ce qui peut justifier la prolongation de la rétention.
Puis-je contester une ordonnance de prolongation de rétention ?
Oui, vous pouvez interjeter appel dans les formes et délais prévus par le CESEDA. Dans cette affaire, l'appel a été déclaré recevable mais rejeté au fond.
Quels sont les délais pour que l'administration organise mon départ ?
La rétention ne peut durer que le temps strictement nécessaire à l'organisation du départ. L'administration doit agir rapidement ; ici, la demande de laissez-passer a été faite dès le premier jour.
Que se passe-t-il si l'administration ne fait pas les diligences nécessaires ?
Si l'administration ne justifie pas de diligences suffisantes, la prolongation de la rétention peut être refusée et l'étranger remis en liberté.
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