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Cour d'appel, retentions, 16 juillet 2026 — n° 26/05602

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Synthèse de la décision

Question juridique

La prolongation de la rétention administrative de M. [O] [B] pour une durée de 26 jours est-elle justifiée au regard des diligences de l'administration et des conditions légales ?

Principe retenu

La rétention administrative ne peut être prolongée que si l'administration justifie de diligences suffisantes pour organiser l'éloignement de l'étranger. Le juge vérifie que la durée de la rétention est strictement nécessaire et que les démarches entreprises sont utiles.

Faits clés

  • M. [O] [B] a été placé en rétention le 10 juillet 2026 après avoir purgé plusieurs peines d'emprisonnement.
  • Il ne déclare aucune adresse sur le territoire national.
  • La préfecture a adressé un courriel aux autorités consulaires marocaines le 10 juillet 2026 pour solliciter un laisser-passer consulaire.
  • Les autorités marocaines ont reconnu M. [B] comme ressortissant marocain par un courrier du 3 novembre 2023.
  • M. [B] se déclare de nationalité libyenne, mais cette déclaration est contredite par les autorités marocaines.

Articles cités

article L.342-7 du code d'entrée et de séjour des étrangers en France et du droit d'asile article L.342-12 du code d'entrée et de séjour des étrangers en France et du droit d'asile article L.743-11 du code d'entrée et de séjour des étrangers en France et du droit d'asile article L.743-21 du code d'entrée et de séjour des étrangers en France et du droit d'asile article L.612-3 du code d'entrée et de séjour des étrangers en France et du droit d'asile article L.742-1 du code d'entrée et de séjour des étrangers en France et du droit d'asile article L.741-3 du code d'entrée et de séjour des étrangers en France et du droit d'asile

Exposé du litige

FAITS ET PROCÉDURE Par décision du 10 juillet 2026, M. Le Préfet du Rhône a ordonné le placement de M. [O] [B] en rétention dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire pour l'exécution d'une décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai assorti d'une interdiction de retour pendant cinq ans prise le 10 juillet 2026 également. Suivant requête du 10 juillet 2026 reçue au greffe le 13 juillet 2026 à 15 heures 05, M. Le Préfet du Rhône a saisi le juge du tribunal judiciaire de Lyon aux fins de voir ordonner la prolongation de la rétention pour une durée de vingt-six jours. Par ordonnance rendue le 14 juillet 2026 à 13 heures 13, le juge du tribunal judiciaire de Lyon, a statué ainsi : Déclarons la requête en prolongation de la rétention administrative recevable, Déclarons la procédure diligentée à l'encontre de M. [O] [B] régulière, Ordonnons la prolongation de la rétention de M. [O] [B] pour une durée de vingt-six jours. Le juge a retenu en substance': que M. [O] [B] ne remplit pas les conditions pour bénéficier d'une assignation à résidence à défaut d'avoir préalablement remis à un service de police ou à une unité de gendarmerie son passeport en cours de validité, quelque soit les mérites de ses garanties de représentation ; que l'intéressé s'est précédemment soustrait à l'exécution de trois obligations de quitter le territoire français et de précédentes assignations à résidence'; que pour ces deux motifs, outre l'absence de garanties de représentation, il ne remplit pas les conditions d'une assignation à résidence. Par déclaration au greffe le 15 juillet 2026 à 12 heures 21, M. [O] [B] a interjeté appel de cette ordonnance dont il demande l'infirmation, outre sa remise en liberté. Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 16 juillet 2026 à 10 heures 30. M. [O] [B] a comparu et a été assisté d'un interprète et de son avocat. Le conseil de M. [O] [B] a été entendu en sa plaidoirie pour soutenir les termes de la requête d'appel. M. Le Préfet du Rhône, représenté par son conseil, a demandé la confirmation de l'ordonnance déférée. M. [O] [B], qui a eu la parole en dernier, a expliqué qu'il veut sortir du centre de rétention pour se rendre en Libye et subvenir aux besoins de ses enfants qui s'y trouvent.

Motivations de la décision

MOTIVATION Sur la recevabilité de l'appel': L'appel de a été formé dans les formes et délais prévus par les dispositions des articles L. 743-21, R. 743-10 et R. 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA). L'appel est déclaré recevable. Sur la requête en prolongation de rétention': M. [O] [B] considère que la Préfecture n'a pas effectué les diligences nécessaires afin d'organiser mon départ pendant les quatre premiers jours de ma rétention M. Le Préfet du Rhône fait valoir les diligences engagées pour pouvoir procéder à l'éloignement de M. [O] [B], en ajoutant que l'intéressé ne dispose d'aucune garantie de représentation. Sur ce, Aux termes de l'article L.741-1 du CESEDA, l'autorité administrative peut placer en rétention, pour une durée de quatre-vingt-seize heures, l'étranger qui se trouve dans l'un des cas prévus à l'article L.731-1 lorsqu'il ne présente pas de garanties de représentation effectives propres à prévenir un risque de soustraction à l'exécution de la décision d'éloignement et qu'aucune autre mesure n'apparaît suffisante à garantir efficacement l'exécution effective de cette décision. Le risque mentionné au premier alinéa est apprécié selon les mêmes critères que ceux prévus à l'article L. 612-3 ou au regard de la menace pour l'ordre public que l'étranger représente. L'article L.742-1 prévoit que le maintien en rétention au-delà de quatre-vingt-seize heures à compter de la notification de la décision de placement initiale peut être autorisé, dans les conditions prévues au présent titre, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire saisi à cette fin par l'autorité administrative. Selon l'article L.741-3, un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que le temps strictement nécessaire à son départ et l'administration doit exercer toute diligence à cet effet. En l'espèce, il est constant qu'après avoir purgé plusieurs peines d'emprisonnement dont l'une d'une durée de trois ans, M. [O] [B] a été placé au centre de rétention dès sa levée d'écrou, l'intéressé ne déclarant aucune adresse sur le territoire national. Le défaut de diligences que M. [O] [B] reproche à l'administration pour organiser son éloignement ne résiste pas à l'analyse puisque M. Le Préfet du Rhône justifie d'un courriel adressé dès le 10 juillet 2026 aux autorités consulaires marocaines pour solliciter un laisser-passer consulaire. Si M. [O] [B] se déclare de nationalité libyenne, reste que la préfecture précise, aux termes de son courriel du 10 juillet 2026, que les autorités consulaires marocaines avait reconnu l'intéressé comme étant un ressortissant marocain par un courrier du 3 novembre 2023 qu'elle a d'ailleurs joint à sa requête. Dans ces conditions, la préfecture justifie que la durée de la rétention de M. [O] [B] a été mise à profit pour organiser, dans les plus brefs délais, l'éloignement de l'intéressé et que les diligences entreprises sont utiles. L'appel doit dès lors être rejeté et l'ordonnance attaquée, en ce qu'elle a ordonné la prolongation de la rétention de M. [O] [B] pour une durée de 26 jours, est confirmée. PAR CES MOTIFS

Dispositif

Déclarons recevable l'appel formé par M. [O] [B], Confirmons l'ordonnance attaquée en toutes ses dispositions. Le greffier, La conseillère déléguée, Judith DOS SANTOS ANTUNES Véronique DRAHI

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour qu'un juge ordonne la prolongation de la rétention administrative ?
Le juge peut prolonger la rétention au-delà de 96 heures si l'administration justifie de diligences suffisantes pour organiser l'éloignement, et si l'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes (ex: absence d'adresse, non-remise de passeport).
L'administration doit-elle prouver qu'elle fait des démarches pour mon éloignement ?
Oui, l'administration doit démontrer qu'elle a entrepris des démarches utiles et rapides, comme solliciter un laisser-passer consulaire auprès des autorités du pays d'origine. Dans cette affaire, la préfecture a justifié d'un courriel envoyé dès le placement en rétention.
Puis-je être assigné à résidence plutôt que retenu ?
L'assignation à résidence est possible si vous présentez des garanties de représentation (ex: remise de passeport, adresse stable). Dans cette affaire, M. [B] n'a pas remis son passeport et s'est déjà soustrait à des mesures d'éloignement, ce qui a justifié le refus d'assignation.
Que faire si je ne suis pas d'accord avec la décision de prolongation ?
Vous pouvez interjeter appel de l'ordonnance du juge des libertés et de la détention dans les 24 heures suivant sa notification. L'appel est examiné par un conseiller délégué de la cour d'appel, comme dans cette affaire.
Qu'est-ce qu'un laisser-passer consulaire et pourquoi est-il important ?
Le laisser-passer consulaire est un document délivré par les autorités du pays d'origine permettant à l'étranger de voyager pour être éloigné. Sans ce document, l'administration ne peut pas organiser le départ, ce qui peut justifier la prolongation de la rétention.
Puis-je être libéré si je coopère avec les autorités ?
La coopération peut être un élément favorable, mais la libération dépend de l'existence de garanties de représentation et de l'absence de risque de fuite. Dans cette affaire, malgré la volonté de M. [B] de se rendre en Libye, son absence d'adresse et ses antécédents ont conduit au maintien en rétention.
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