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Cour d'appel, rétentions, 18 juillet 2026 — n° 26/00390

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Synthèse de la décision

Question juridique

La prolongation de la rétention administrative d'un étranger faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français est-elle justifiée malgré la contestation de la régularité de la procédure et l'invocation de sa vulnérabilité ?

Principe retenu

La décision de placement en rétention administrative doit prendre en compte la vulnérabilité et tout handicap de l'étranger, mais l'absence d'éléments établissant une vulnérabilité particulière ne justifie pas l'annulation de la rétention. Le risque de soustraction à l'exécution de la mesure d'éloignement est établi lorsque l'intéressé ne remet pas son passeport et ne présente pas de garanties de représentation.

Faits clés

  • Monsieur [D] [J], de nationalité burkinabè, a fait l'objet d'un arrêté préfectoral portant obligation de quitter le territoire français sans délai le 22/12/2023.
  • Il a été placé en rétention administrative le 13/07/2026 pour quatre-vingt-seize heures.
  • Le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Perpignan a prolongé la rétention pour vingt-six jours le 17/07/2026.
  • Monsieur [J] a interjeté appel le 18/07/2026, contestant la régularité de la procédure et invoquant sa vulnérabilité (trouble bipolaire).
  • Un médecin a constaté la compatibilité de son état de santé avec la rétention.

Articles cités

article L 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R 743-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R.741-1 du CESEDA article L.741-6 du CESEDA article L.743-12 du CESEDA article 741-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.742-4 du CESEDA article L.612-3 du CESEDA

Exposé du litige

EXPOSE DES FAITS ET DE LA PROCEDURE Vu l'arrêté du 22/12/2023 de MONSIEUR LE PREFET DES BOUCHES DU RHONE portant obligation de quitter le territoire national sans délai pris à l'encontre de Monsieur [D] [J]. Vu la décision de placement en rétention administrative du 13/07/2026 de Monsieur [D] [J], pendant quatre-vingt-seize heures dans des locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire. Vu l'ordonnance du 17 Juillet 2026 à 15h30 notifiée le même jour à la même heure, du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Perpignan chargé du contrôle des mesures privatives et restrictives de libertés qui a décidé de prolonger la rétention administrative pour une durée maximale de vingt-six jours. Vu la déclaration d'appel faite le 18 Juillet 2026 par Monsieur [D] [J], du centre de rétention administrative de [Etablissement 1], transmise au greffe de la cour d'appel de Montpellier le même jour à 11h22. Vu les courriels adressés le 18 Juillet 2026 à MONSIEUR LE PREFET DES BOUCHES DU RHONE, à l'intéressé, à son conseil, et au Ministère Public les informant que l'audience sera tenue le 18 Juillet 2026 à 16 H 00. L'avocat et l'appelant, qui ont pu préalablement prendre connaissance de la procédure, se sont entretenus librement par visio conférence dans la salle de viso conférence du centre de rétention administrative de [Etablissement 1] et la salle d'audience de la cour d'appel , les portes des salles étant fermées pour assurer la confidentialité de l'entretien , et ce, sur le temps de l'audience fixée, avec l'accord du délégué du premier président de la cour d'appel de Montpellier. Vu la note d'audience du 18 Juillet 2026, mentionnant les prétentions et moyens développés par les parties,

Motivations de la décision

MOTIFS Sur la recevabilité de l'appel : Le 18 Juillet 2026, à 11h22, Monsieur [D] [J] a formalisé appel motivé de l'ordonnance du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Perpignan chargé du contrôle des mesures privatives et restrictives de libertés du 17 Juillet 2026 notifiée à 15h30, soit dans le délai prévu à l'article R 743-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Sur le moyen de nullité, fins de non recevoir et de fond : En l'espèce, l'appelant conteste la régularité de la procédure dans le cas d'une violation hypothétique de la loi. L'intéressé fait l'objet d'un arrêté préfectoral portant placement en rétention administrative notifié le même jour, avec délégation de signature valable à [R] [Q], à [H] [Z] et [Y] [C]. Selon l'article R.741-1 du CESEDA et obligation de quitter le territoire français motivée au sens de l'article L.741-6 et assortie de pièces utiles. En application de l'article L.743-12 du CESEDA, si le procureur de la république n'a été avisé du placement en rétention administrative à 14H07 le 13 juillet 2026 aprés placement à 8H58, cette irrégularité n'a pas eu pour effet de porter substantiellement atteinte aux droits de l'étranger dont l'effectivité a pu être rétablie par une régularisation intervenue avant la clôture des débats et la saisine du juge des libertés et de la détention. L'article 741-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que la décision de placement en rétention prend en compte la vulnérabilité et tout handicap de l'étranger. Le handicap moteur, cognitif ou physique et les besoins d'accompagnement de l'étranger sont pris en compte pour déterminer les conditions de son placement en rétention. En l'espèce, un mèdecin a constaté la compatibilité de l'état de santé de l'appelant avec la peine qu'il a purgée avant son placement en rétention administrative. Comme indiqué par l'appelant, l'autorité préfectorale a retranscrit les problèmes de santé de l'intéressé. Aucun élément ne permet de considérer que la vulnérabilité au sens d'un comportement bipolaire est établie ne qu'elle n'a pas été prise en compte. Le moyen opposé par l'appelant sera rejeté. L'article L.742-4 n'exige pas que l'administration fasse la preuve que l'éloignement puisse intervenir à bref délai à ce stade de la procédure. S'agissant de la menace à l'ordre public, l'intéressé a été récemment condamné à une peine d'emprisonnement de quatre mois aux termes duquel il a été placé en rétention adminstrative. Par conséquent, la menace à l'ordre public est établie. Ainsi, l'intéressé ne remplit pas les conditions d'une assignation à résidence telles que fxées par l'article [Etablissement 2]-13 puisqu'il n'a remis aucun passeport en original et ne dispose d'aucune garantie de représentation effective. Le risque de soustraction à l'exécution de la mesue d'éloignement est établi au sens de l'article L.612-3. Ainsi, il y a lieu de faire droit à la requête du préfet et de maintenir l'intéressé en rétention administrative. L'ordonnance sera confirmée. PAR CES MOTIFS : Statuant après audience publique, et par mise à disposition au greffe,

Dispositif

Déclarons l'appel recevable, Rejetons les fins de non recevoir/ exceptions de procédure soulevées Rejetons la demande d'assignation à résidence, Confirmons la décision déférée, Fait à Montpellier, au palais de justice, le 18 Juillet 2026 à 21heures. Le greffier, Le magistrat délégué,

Questions fréquentes

Quels sont les motifs pour contester une prolongation de rétention administrative ?
Dans cette affaire, l'appelant a contesté la régularité de la procédure et invoqué sa vulnérabilité (trouble bipolaire). La cour a rejeté ces moyens car un médecin avait constaté la compatibilité de son état avec la rétention et aucun élément ne prouvait que sa vulnérabilité n'avait pas été prise en compte.
Puis-je être assigné à résidence plutôt que placé en rétention ?
L'assignation à résidence est possible si vous remettez votre passeport en original et présentez des garanties de représentation. Dans cette affaire, l'intéressé n'a pas remis son passeport et ne disposait d'aucune garantie, ce qui a justifié le rejet de sa demande.
Qu'est-ce que le risque de soustraction à l'exécution de la mesure d'éloignement ?
Le risque de soustraction est établi lorsque l'étranger ne remet pas son passeport et ne présente pas de garanties de représentation. Dans cette affaire, ce risque a été retenu, justifiant le maintien en rétention.
Mon état de santé peut-il empêcher mon placement en rétention ?
L'administration doit prendre en compte votre vulnérabilité, mais si un médecin constate la compatibilité de votre état avec la rétention, comme dans cette affaire, le placement peut être maintenu.
Quel est le délai pour faire appel d'une ordonnance de prolongation de rétention ?
L'appel doit être formé dans le délai prévu à l'article R 743-10 du CESEDA. Dans cette affaire, l'appel a été déclaré recevable car il a été formalisé dans ce délai.
La menace à l'ordre public justifie-t-elle la rétention administrative ?
Oui, une condamnation pénale récente, comme dans cette affaire où l'intéressé avait été condamné à quatre mois d'emprisonnement, peut constituer une menace à l'ordre public justifiant la rétention.
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