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Cour d'appel, rétentions, 18 juillet 2026 — n° 26/00391

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Synthèse de la décision

Question juridique

La prolongation de la rétention administrative d'un étranger faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français est-elle justifiée en l'absence de garanties de représentation suffisantes ?

Principe retenu

La rétention administrative peut être prolongée si l'étranger ne présente pas de garanties de représentation effectives, notamment en l'absence de remise d'un passeport original en cours de validité. L'assignation à résidence ne peut être ordonnée sans cette remise.

Faits clés

  • Monsieur [V] [K], ressortissant algérien, a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai le 13 juillet 2026.
  • Il a été placé en rétention administrative le 13 juillet 2026 pour 96 heures.
  • Le 17 juillet 2026, le juge des libertés et de la détention a prolongé la rétention pour 26 jours.
  • Monsieur [K] a interjeté appel le 18 juillet 2026.
  • Il n'a pas remis de passeport original en cours de validité à un service de police ou de gendarmerie.

Articles cités

article L 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R 743-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L 743-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

EXPOSE DES FAITS ET DE LA PROCEDURE Vu l'arrêté du 13/07/2026 notifié le même jour, de MONSIEUR [Adresse 2] [Adresse 1] portant obligation de quitter le territoire national sans délai pris à l'encontre de Monsieur [V] [K]. Vu la décision de placement en rétention administrative du 13/07/2026 de Monsieur [V] [K], pendant quatre-vingt-seize heures dans des locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire; Vu l'ordonnance du 17 Juillet 2026 à 14H46 notifiée le même jour à la même heure, du magistrat du siège du tribunal judiciaire de PERPIGNAN chargé du contrôle des mesures privatives et restrictives de libertés qui a décidé de prolonger la rétention administrative pour une durée maximale de vingt-six jours. Vu la déclaration d'appel faite le 18 Juillet 2026, par , avocat, agissant pour le compte de Monsieur [V] [K], transmise au greffe de la cour d'appel de Montpellier le même jour, à 11H33. ou Vu la déclaration d'appel faite le 18 Juillet 2026 par Monsieur [V] [K], du centre de rétention administrative de [Etablissement 1], transmise au greffe de la cour d'appel de Montpellier le même jour à 11H33. Vu les courriels adressés le 18 Juillet 2026 à MONSIEUR LE PREFET DES BOUCHES DU [F], à l'intéressé, à son conseil, et au Ministère Public les informant que l'audience sera tenue le 18 Juillet 2026 à 18 H 30. L'avocat et l'appelant, qui ont pu préalablement prendre connaissance de la procédure, se sont entretenus librement par visio conférence dans la salle de viso conférence du centre de rétention administrative de [Etablissement 1] et la salle d'audience de la cour d'appel , les portes des salles étant fermées pour assurer la confidentialité de l'entretien, en la seule présence de l'interprète , et ce, sur le temps de l'audience fixée, avec l'accord du délégué du premier président de la cour d'appel de Montpellier. Ou L'avocat et l'appelant, qui ont pu préalablement prendre connaissance de la procédure, se sont entretenus, librement, dans le box dédié de l'accueil de la cour d'appel de Montpellier, les portes de la salle étant fermées pour assurer la confidentialité de l'entretien, en la seule présence de l'interprète , et ce, sur le temps de l'audience fixée, avec l'accord du délégué du premier président de la cour d'appel de Montpellier. Vu la note d'audience du 18 Juillet 2026, mentionnant les prétentions et moyens développés par les parties,

Motivations de la décision

MOTIFS Sur la recevabilité de l'appel : Le 18 Juillet 2026, à 11H33, Monsieur [V] [K] a formalisé appel motivé de l'ordonnance du magistrat du siège du tribunal judiciaire de PERPIGNAN chargé du contrôle des mesures privatives et restrictives de libertés du 17 Juillet 2026 notifiée à 14H46, soit dans le délai prévu à l'article R 743-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. OU Le 18 Juillet 2026, à 11H33, , avocat, agissant pour le compte de Monsieur [V] [K] a formalisé appel motivé de l'ordonnance dumagistrat du siège du tribunal judiciaire de PERPIGNAN chargé du contrôle des mesures privatives et restrictives de libertés du 17 Juillet 2026 notifiée à 14H46, soit dans le délai prévu à l'article R 743-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Sur le moyen tiré de ( fin de non recevoir): Sur le moyen tiré de ( exception de procédure): L'article L743-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose:' En cas de violation des formes prescrites par la loi à peine de nullité ou d'inobservation des formalités substantielles, le magistrat du siège du tribunal judiciaire saisi d'une demande sur ce motif ou qui relève d'office une telle irrégularité ne peut prononcer la mainlevée du placement ou du maintien en rétention que lorsque celle-ci a eu pour effet de porter substantiellement atteinte aux droits de l'étranger dont l'effectivité n'a pu être rétablie par une régularisation intervenue avant la clôture des débats.' Sur le fond: L'article L. 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose: 'l'autorité administrative peut placer en rétention, pour une durée de 96 heures, l'étranger qui se trouve dans l'un des cas prévus à l'article L. 731-1 lorsqu'il ne présente pas de garanties de représentation effectives propres à prévenir un risque de soustraction à l'exécution de la décision d'éloignement et qu'aucune autre mesure n'apparaît suffisante à garantir efficacement l'exécution effective de cette décision. Ce risque est apprécié selon les mêmes critères que ceux prévus à l'article L. 612-3 ou au regard de la menace pour l'ordre public que l'étranger représente'. En vertu de l'article L 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : 'Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; 6° L'étranger, entré irrégulièrement sur le territoire de l'un des États avec lesquels s'applique l'acquis de Schengen, fait l'objet d'une décision d'éloignement exécutoire prise par l'un des États ou s'est maintenu sur le territoire d'un de ces États sans justifier d'un droit de séjour ; 7° L'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document ; 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5.' L'article L742-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose: 'Le maintien en rétention au-delà de quatre-vingt-seize heures à compter de la notification de la décision de placement initiale peut être autorisé, dans les conditions prévues au présent titre, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire saisi à cette fin par l'autorité administrative.' L'article L. 742-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que si le juge ordonne la prolongation dela rétention, celle-ci court pour une période de vingt-six jours à compter de l'expiration du délai de 96 heures mentionné à l'article L. 741-1. Enfin, conformément à l'article L 741-3, un étranger ne peut etre placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ. L'administration exerce toute diligence à cet effet. Dans le cas d'espèce...: - risques (viser le ou les cas énoncés à l'article L 612-3) - diligences administration (et perpectives d'éloignement si soulevé) Les conditions énoncées aux articles ci-dessus visés pour prolonger la rétention de Monsieur [V] [K] sont donc remplies. Il y a lieu en conséquence de confirmer l'ordonnance déférée. Si demande d'assignation à résidence': L'article L 743-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose':' «'Le magistrat du siège du tribunal judiciaire peut ordonner l'assignation à résidence de l'étranger lorsque celui-ci dispose de garanties de représentation effectives. L'assignation à résidence ne peut être ordonnée par le juge qu'après remise à un service de police ou à une unité de gendarmerie de l'original du passeport et de tout document justificatif de son identité, en échange d'un récépissé valant justification de l'identité et sur lequel est portée la mention de la décision d'éloignement en instance d'exécution. Lorsque l'étranger s'est préalablement soustrait à l'exécution d'une décision mentionnée à l'article L. 700-1, à l'exception de son 4°, l'assignation à résidence fait l'objet d'une motivation spéciale.'» Dans le cas d'espèce, il n'est justifié d'aucune remise à un service de police ou à une unité de gendarmerie d'un passeport original en cours de validité lors de sa comparution devant le premier juge et devant la cour, de sorte que l'assignation à résidence ne peut, au vu des dispositions ci-dezsus visées, être ordonnée. PAR CES MOTIFS : Statuant après audience publique, et par mise à disposition au greffe, Déclarons l'appel recevable, Rejetons les fins de non recevoir/ exceptions de procédure soulevées Rejetons la demande d'assignation à résidence, Confirmons la décision déférée, OU Infirmons la décision déférée, Et statuant à nouveau,

Dispositif

Constatons l'irrecevabilité de la requête de MONSIEUR LE PREFET DES BOUCHES DU [F] OU Rejetons la requête de MONSIEUR LE PREFET DES BOUCHES DU [F] aux fins de prolongation de la rétention de Monsieur [V] [K] Disons n'y avoir lieu à prolongation de la rétention administrative de Monsieur [V] [K] Lui rappelons qu'il a l'obligation de quitter le territoire national, Fait à Montpellier, au palais de justice, le 18 Juillet 2026 à ''''''''''''. Le greffier, Le magistrat délégué,

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour obtenir une assignation à résidence ?
L'assignation à résidence nécessite la remise d'un passeport original en cours de validité à un service de police ou de gendarmerie. Dans cette affaire, l'étranger n'a pas remis de passeport, donc l'assignation a été refusée.
Puis-je contester une prolongation de rétention administrative ?
Oui, vous pouvez interjeter appel dans les 24 heures suivant la notification de l'ordonnance de prolongation. Dans ce cas, l'appel a été déclaré recevable mais le juge a confirmé la prolongation faute de garanties de représentation.
Quels sont les motifs de prolongation de la rétention administrative ?
La prolongation est possible si l'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, par exemple en l'absence de passeport valide ou de domicile stable. Ici, l'absence de passeport a justifié la prolongation.
Que faire si je n'ai pas de passeport en cours de validité ?
Sans passeport valide, vous ne pouvez pas bénéficier d'une assignation à résidence et risquez le maintien en rétention. Il est conseillé de fournir tout document d'identité disponible et de coopérer avec les autorités.
Quelle est la durée maximale de la rétention administrative ?
La rétention initiale est de 96 heures, prolongeable jusqu'à 26 jours par le juge, puis éventuellement renouvelée. Dans cette affaire, la prolongation de 26 jours a été confirmée.
Puis-je être libéré si je remets mon passeport en cours de rétention ?
La remise d'un passeport valide peut permettre une assignation à résidence, mais la décision appartient au juge. Dans ce cas, aucune remise n'a été effectuée, donc la rétention a été maintenue.
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