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Cour d'appel, pôle 1 - chambre 11, 17 juillet 2026 — n° 26/04011

Irrecevabilite

Synthèse de la décision

Question juridique

L'appel contre une ordonnance de prolongation de rétention administrative est-il manifestement irrecevable en l'absence de circonstance nouvelle de fait ou de droit ?

Principe retenu

En application de l'article L.743-23 du CESEDA, le premier président peut rejeter l'appel sans convocation préalable des parties s'il apparaît qu'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention ou son renouvellement, ou que les éléments fournis ne permettent manifestement pas de justifier qu'il soit mis fin à la rétention.

Faits clés

  • M. [S] [H], ressortissant marocain, a été placé en rétention administrative.
  • Le premier juge a rejeté la contestation de la légalité du placement et ordonné la prolongation de la rétention pour 26 jours.
  • L'appelant a contesté l'arrêté de placement en rétention, notamment en raison de son placement sous contrôle judiciaire.
  • Il a reconnu être porteur d'un cutter, ce qui a été retenu comme menace à l'ordre public.
  • Aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention.

Articles cités

article L.743-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.742-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R.743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article 37 de la loi du 10 juillet 1991

Exposé du litige

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS COUR D'APPEL DE PARIS L. 742-1 et suivants du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ORDONNANCE DU 17 JUILLET 2026 (1 pages) Numéro d'inscription au répertoire général et de décision : B N° RG 26/04011 - N° Portalis 35L7-V-B7K-CNREI Décision déférée : ordonnance rendue le 14 juillet 2026, à 20h43, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris Nous, Stéphanie Gargoullaud, présidente de chambre à la cour d'appel de Paris, agissant par délégation du premier président de cette cour, assistée de Marika Wohlschies, greffier au prononcé de l'ordonnance, APPELANT : M. [S] [H] né le 17 mai 1984 à (non précisé), de nationalité marocaine RETENU au centre de rétention : [Localité 1] Informé le 16 juillet 2026 à 9h49, de la possibilité de faire valoir ses observations sur le caractère manifestement irrecevable de son appel, en application des dispositions de l'article R 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, INTIMÉ : LE PREFET DE POLICE Informé le 16 juillet 2026 à 9h49, de la possibilité de faire valoir ses observations sur le caractère manifestement irrecevable de l'appel, en application des dispositions de l'article R 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, MINISTÈRE PUBLIC, avisé de la date et de l'heure de l'audience ORDONNANCE : contradictoire - Vu l'ordonnance du 14 juillet 2026 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris rejetant l'exception de nullité, déclarant recevable la requête en contestation de la légalité du placement en rétention, ordonnant la jonction des deux procédures, rejetant la requête en contestation de la décision de placement en rétention, ordonnant la prolongation du maintien de Monsieur [S] [H] dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire, pour une durée maximale de vingt-six jours, soit jusqu'au 09 août 2026 ; - Vu l'appel interjeté le 15 juillet 2026, à 17h38, par M. [S] [H] ;

Motivations de la décision

SUR QUOI, Aux termes de l'article L.743-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en cas d'irrecevabilité ou dans les cas prévus aux articles L.741-10 et L.742-8, s'il apparaît qu'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention administrative ou son renouvellement, l'appel peut être rejeté peut être rejeté sans convocation préalable des parties. Dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice il y a lieu de faire application de cet article. Selon l'article L.742-23, alinéa 2, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le premier président peut rejeter la déclaration d'appel sans avoir préalablement convoqué les parties s'il apparaît qu'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention administrative ou son renouvellement, ou que les éléments fournis à l'appui de la demande ne permettent manifestement pas de justifier qu'il soit mis fin à la rétention. En l'espèce, la déclaration d'appel relève que le requérant [S] [H] est un ressortissant marocain, qui conteste l'arrêté de placement en rétention, notamment en raison de son placement sous contrôle judiciaire (sans indiquer en quoi consisterait l'obstacle).Le premier juge a répondu notamment au moyen sur la menace à l'ordre public en relevant que s'il contestait une partie des faits, il avait reconnu être porteur d'un cutter. 1. En premier lieu, il n'existe pas d'élément nouveau au soutien des prétentions et aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention administrative au sens de l'article L.743, alinéa 2 qui lui permettrait de critiquer la légalité de l'arrêté du préfet. En particulier, les questions de la proportionnalité de la mesure et de l'absence d'erreur manifeste d'appréciation ont bien été relevées par le premier juge et les éléments factuels étaient déjà dans le débat, y compris la question de ses garanties de représentation et de son état de santé, étant précisé qu'il n'appartient pas au juge judiciaire d'apprécier l'éloignement. 2. En second lieu, au surplus, aucun élément fourni à l'appui de la demande dans les délais de l'appel ne permet de justifier qu'il soit mis fin à la rétention. Les allégations générales sur l'interprétariat, la délégation de signature du préfet ou l'accès aux soins ne permettent pas de considérer qu'une irrégularité ou une fin de non-recevoir précise est soulevée. Or la loi permet, dans ce cas (1., et surabondamment 2.), de rejeter la demande sans convocation des parties, dès lors qu'il n'est manifestement pas justifié qu'il soit mis fin à la rétention. En l'absence de toute illégalité susceptible d'affecter les conditions (découlant du droit de l'Union) de légalité de la rétention, et à défaut d'autres moyens présentés en appel, il y a lieu de rejeter l'appel. PAR CES MOTIFS REJETONS la déclaration d'appel, REJETONS la demande présentée au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991,

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance. Fait à [Localité 2] le 17 juillet 2026 à 10h02 LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT, REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS : Pour information : L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur. Notification effectuée aux parties par LRAR ou télécopie et/ou courriel.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un appel manifestement irrecevable en matière de rétention administrative ?
Un appel est manifestement irrecevable lorsqu'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention ou son renouvellement, ou que les éléments fournis ne permettent manifestement pas de justifier qu'il soit mis fin à la rétention. Dans ce cas, le premier président peut rejeter l'appel sans convoquer les parties.
Puis-je faire appel d'une décision de prolongation de rétention si je suis sous contrôle judiciaire ?
Oui, vous pouvez faire appel, mais le simple fait d'être sous contrôle judiciaire ne constitue pas nécessairement une circonstance nouvelle justifiant la fin de la rétention. Dans cette affaire, l'appelant a invoqué son contrôle judiciaire, mais le juge a estimé qu'aucun élément nouveau ne permettait de remettre en cause la rétention.
Quels moyens dois-je invoquer pour éviter que mon appel soit rejeté sans audience ?
Vous devez démontrer qu'une circonstance nouvelle de fait ou de droit est intervenue depuis le placement en rétention, ou fournir des éléments précis et concrets justifiant qu'il soit mis fin à la rétention. Des allégations générales sur l'interprétariat, la délégation de signature ou l'accès aux soins, sans précision, ne suffisent pas.
Le port d'un cutter peut-il être considéré comme une menace à l'ordre public justifiant la rétention ?
Oui, dans cette affaire, le fait que l'appelant ait reconnu être porteur d'un cutter a été retenu par le premier juge comme un élément de menace à l'ordre public, ce qui a contribué à justifier le placement en rétention.
Quel est le délai pour faire appel d'une ordonnance de prolongation de rétention ?
L'appel doit être interjeté dans un délai de 24 heures suivant la notification de l'ordonnance. Dans cette affaire, l'appel a été formé le lendemain de l'ordonnance.
Puis-je obtenir l'aide juridictionnelle pour un appel en rétention ?
Oui, vous pouvez demander l'aide juridictionnelle, mais dans cette affaire, la demande a été rejetée car l'appel a été jugé manifestement irrecevable.
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