Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Cour d'appel, pôle 1 - chambre 11, 14 juillet 2026 — n° 26/03968

Irrecevabilite

Synthèse de la décision

Question juridique

L'appel contre une ordonnance prolongeant la rétention administrative peut-il être rejeté sans convocation des parties lorsqu'aucune circonstance nouvelle n'est invoquée et que les moyens sont identiques à ceux déjà examinés ?

Principe retenu

En application de l'article L. 743-23 du CESEDA, l'appel peut être rejeté sans convocation préalable des parties s'il apparaît qu'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention ou son renouvellement, ou que les éléments fournis ne permettent manifestement pas de justifier qu'il soit mis fin à la rétention. Le juge d'appel peut rejeter la déclaration d'appel sans audience lorsque les moyens sont identiques à ceux déjà examinés par le premier juge et qu'aucun élément nouveau n'est produit.

Faits clés

  • M. [D] [T], ressortissant roumain, a été placé en rétention administrative.
  • Le 11 juillet 2026, le tribunal judiciaire de Meaux a prolongé la rétention pour 26 jours.
  • M. [T] a interjeté appel le 13 juillet 2026, contestant l'arrêté de placement en rétention et invoquant ses garanties de représentation.
  • Les moyens soulevés en appel étaient identiques à ceux présentés en première instance.
  • Aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'a été invoquée depuis le placement en rétention.

Articles cités

article L. 743-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 742-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R. 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS COUR D'APPEL DE PARIS L. 742-1 et suivants du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ORDONNANCE DU 14 JUILLET 2026 (1 pages) Numéro d'inscription au répertoire général et de décision : B N° RG 26/03968 - N° Portalis 35L7-V-B7K-CNQ2O Décision déférée : ordonnance rendue le 11 juillet 2026, à 12h52, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris Nous, Laurence Arbellot, conseillère à la cour d'appel de Paris, agissant par délégation du premier président de cette cour, assistée de Roxanne Therasse, greffière au prononcé de l'ordonnance, APPELANT : M. [D] [T] né le 26 octobre 1980 à [Localité 1], de nationalité roumaine RETENU au centre de rétention : [Etablissement 1] Informé le 13 juillet 2026 à 15h39, de la possibilité de faire valoir ses observations sur le caractère manifestement irrecevable de son appel, en application des dispositions de l'article R 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile INTIMÉ : LE PREFET DE POLICE Informé le 13 juillet 2026 à 15h39, de la possibilité de faire valoir ses observations sur le caractère manifestement irrecevable de l'appel, en application des dispositions de l'article R 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, MINISTÈRE PUBLIC, avisé de la date et de l'heure de l'audience ORDONNANCE : contradictoire - Vu l'ordonnance du 11 juillet 2026 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Meaux ordonnant la jonction de la procédure introduite par la requête de PREFET DE POLICE DE PARIS enregistré sous le N°RG 26/03656 et celle introduite par le recours de M. [D] [T] enregistré sous le N°RG 26/03657, déclarant le recours de l'intéressé recevable, le rejetant, déclarant la requête du préfet de police recevable et la procédure régulière, rejetant la demande d'assignation à résidence et ordonnant la prolongation de la rétention de M. [D] [T] au centre de rétention administrative n°3 du [Etablissement 1] (77), ou dans tout autre centre ne dépendant pas de l'administration pénitentiaire, pour une durée de vingt six jours à compter du 10 juillet 2026 ; - Vu les observations de M. [D] [T] du 13 juillet 2026 à 16h41 ; - Vu l'appel interjeté le 13 juillet 2026, à 11h47 et 10h48, par M. [D] [T] ;

Motivations de la décision

SUR QUOI, Aux termes de l'article L. 743-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en cas d'irrecevabilité ou dans les cas prévus aux articles L. 741-10 et L. 742-8, s'il apparaît qu'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention administrative ou son renouvellement, l'appel peut être rejeté peut être rejeté sans convocation préalable des parties. Dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice il y a lieu de faire application de cet article. Selon l'article L. 742-23, alinéa 2, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le premier président peut rejeter la déclaration d'appel sans avoir préalablement convoqué les parties s'il apparaît qu'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention administrative ou son renouvellement, ou que les éléments fournis à l'appui de la demande ne permettent manifestement pas de justifier qu'il soit mis fin à la rétention. En l'espèce, les déclarations d'appel relèvent que le requérant [D] [Y] est un ressortissant roumain. Il conteste, en premier lieu, l'arrêté de placement en rétention et présente les mêmes moyens que devant le premier juge, en particulier au regard de ses garanties de représentation. S'agissant de la contestation de l'arrêté de placement en rétention et de la demande d'assignation judiciaire, en premier lieu, il n'existe pas d'élément nouveau au soutien des prétentions et aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention administrative au sens de l'article L. 743, alinéa 2 qui lui permettrait de critiquer la légalité de l'arrêté du préfet. En particulier, les questions de la proportionnalité de la mesure et de l'absence d'erreur manifeste d'appréciation ont bien été relevées par le premier juge et les éléments factuels étaient déjà dans le débat, y compris la question de ses garanties de représentation, étant précisé qu'il n'appartient pas au juge judiciaire d'apprécier l'éloignement. 2. En second lieu, au surplus, aucun élément fournis à l'appui de la demande dans les délais de l'appel ne permet de justifier qu'il soit mis fin à la rétention. Les allégations générales sur les diligences set sur l'actualisation du registre ne permettent pas de considérer qu'une irrégularité précise est soulevée et en tous cas s'agissant du registre, le recours devant le tribunal administratif est bien mentionné contrairement à ce qui est soutenu de sorte que le moyen manque en fait. Or la loi permet, dans ce cas (1., et surabondamment 2.), de rejeter la demande sans convocation des parties, dès lors qu'il n'est manifestement pas justifié qu'il soit mis fin à la rétention. En l'absence de toute illégalité susceptible d'affecter les conditions (découlant du droit de l'Union) de légalité de la rétention, et à défaut d'autres moyens présentés en appel, il y a lieu de rejeter l'appel. PAR CES MOTIFS REJETONS la déclaration d'appel,

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance. Fait à Paris le 14 juillet 2026 à 09h14 LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT, REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS : Pour information : L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur. Notification effectuée aux parties par LRAR ou télécopie et/ou courriel.

Questions fréquentes

Puis-je faire appel d'une décision de prolongation de ma rétention administrative ?
Oui, vous pouvez faire appel, mais si vous ne présentez aucun élément nouveau par rapport à la première instance, votre appel peut être rejeté sans audience.
Qu'est-ce qu'une circonstance nouvelle en matière de rétention administrative ?
Une circonstance nouvelle est un fait ou un élément de droit survenu après le placement en rétention ou son renouvellement, qui n'a pas été examiné par le premier juge. Par exemple, une décision d'éloignement devenue impossible ou des garanties de représentation nouvelles.
Mon appel peut-il être rejeté sans audience ?
Oui, si le juge estime qu'aucune circonstance nouvelle n'est invoquée ou que les éléments fournis ne justifient manifestement pas la fin de la rétention, il peut rejeter l'appel sans convoquer les parties.
Que se passe-t-il si je présente les mêmes arguments qu'en première instance ?
Si vous présentez les mêmes arguments sans éléments nouveaux, le juge d'appel peut rejeter votre appel sans audience, car il considère que la question a déjà été tranchée.
Comment contester mon placement en rétention administrative ?
Vous pouvez contester l'arrêté de placement en rétention devant le juge judiciaire dans les 48 heures suivant la notification. En appel, vous devez invoquer des moyens nouveaux ou des circonstances nouvelles pour espérer une issue favorable.
Quels sont les recours possibles contre une ordonnance de prolongation de rétention ?
Vous pouvez interjeter appel dans les 24 heures suivant la notification de l'ordonnance. Ensuite, un pourvoi en cassation est possible dans un délai de deux mois.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.