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Cour d'appel, pôle 1 - chambre 11, 17 juillet 2026 — n° 26/04028

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Synthèse de la décision

Question juridique

La requête en prolongation de la rétention administrative est-elle irrecevable lorsque les pièces justificatives indispensables n'ont été transmises que le lendemain du dépôt de la requête, sans justification de l'impossibilité de les joindre ?

Principe retenu

La requête en prolongation de la rétention administrative doit être accompagnée de toutes les pièces justificatives utiles, notamment une copie du registre prévu à l'article L.744-2 du CESEDA. Il ne peut être suppléé à l'absence de ces pièces par leur seule communication à l'audience, sauf s'il est justifié de l'impossibilité de les joindre à la requête.

Faits clés

  • M. [U] [Q], de nationalité congolaise, a été placé en rétention administrative le 9 juillet 2026.
  • Le préfet a saisi le juge aux fins de prolongation de la rétention le 13 juillet 2026.
  • Les pièces indispensables (registre) n'ont été transmises que le lendemain du dépôt de la requête, sans justification.
  • Le juge a déclaré la requête irrecevable et ordonné la mise en liberté.
  • Le préfet a interjeté appel le 16 juillet 2026.

Articles cités

article L.744-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.742-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

EXPOSE DES FAITS ET DE LA PROCEDURE M. [U] [Q], né le 10 juin 1986 à [Localité 3], de nationalité congolaise, a été placé en rétention administrative par arrêté du 9 juillet 2026, sur le fondement d'une obligation de quitter le territoire français du même jour. Le 11 juillet 2026, M. [U] [Q] a saisi le juge du tribunal judiciaire d'Evry-Courcouronnes d'une requête en contestation de la régularité de la décision de placement en rétention. Le 13 juillet 2026, le préfet a saisi le juge du tribunal judiciaire d'Evry-Courcouronnes aux fins de prolongation de la rétention administrative. Par ordonnance du 15 juillet 2026, le magistrat du siège chargé du contrôle des mesures restrictives et privatives de liberté d'[Localité 4]-[Localité 5] a ordonné la mise en liberté de M. [U] [Q] au motif que la requête du préfet est irrecevable car les pièces indispensables à son examen n'ont été transmises que le lendemain, sans justification, alors qu'elles auraient dû accompagner la requête dès son dépôt. Le conseil du préfet a interjeté appel de cette décision le 16 juillet 2026 en sollicitant l'infirmation de l'ordonnance, aux motifs suivants : - Le tribunal et les parties étaient en mesure d'apprécier les éléments produits par l'administration en ce que l'ensemble des pièces de la procédure a été transmis par l'administration avant l'audience, de sorte que lorsque le juge a statué, il disposait de l'intégralité du dossier de la procédure et que les pièces du dossier ont été régulièrement communiquées à la défense avant l'ouverture des débats et ont été soumises au principe du contradictoire ; - L'absence d'atteinte aux droits de l'intéressé.

Motivations de la décision

MOTIVATION Sur les diligences de l'administration et les pièces justificatives utiles L'article R.743-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que lorsque la requête est formée par l'autorité administrative, elle est accompagnée de toutes pièces justificatives utiles, notamment une copie du registre prévu à l'article L.744-2 précité. Il résulte de l'article L.744-2 du même code que l'autorité administrative, d'une part, tient à jour un registre relatif aux personnes retenues, d'autre part, tient à la disposition des personnes qui en font la demande les éléments d'information concernant les date et heure du début du placement de chaque étranger en rétention, le lieu exact de celle-ci ainsi que les date et heure des décisions de prolongation. Le juge, gardien de la liberté individuelle, doit s'assurer par tous moyens, et notamment d'après les mentions figurant au registre, émargé par l'étranger, que celui-ci a été, au moment de la notification de la décision de placement en rétention, pleinement informé des droits qui lui sont reconnus et placé en mesure de les faire valoir ainsi que de les exercer effectivement (1re Civ., 31 janvier 2006, pourvoi n° 04-50.093). Par ailleurs, il ne peut être suppléé à l'absence de ces pièces justificatives utiles par leur seule communication à l'audience, sauf s'il est justifié de l'impossibilité de les joindre à la requête (1re Civ., 26 octobre 2022, pourvoi n° 21-19.352). Le moyen d'appel, qui soutient le contraire, ne peut qu'être rejeté, et l'ordonnance confirmée. PAR CES MOTIFS CONFIRMONS l'ordonnance,

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance. Fait à [Localité 6] le 17 juillet 2026 à LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT, REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS: Pour information: L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur. Le préfet ou son représentant

Questions fréquentes

La requête en prolongation de rétention est-elle irrecevable si les pièces sont envoyées après le dépôt ?
Oui, selon la décision, la requête en prolongation doit être accompagnée de toutes les pièces justificatives utiles dès son dépôt. Leur transmission ultérieure, sans justification d'impossibilité, rend la requête irrecevable.
Quelles sont les pièces obligatoires pour une demande de prolongation de rétention ?
La requête doit notamment être accompagnée d'une copie du registre prévu à l'article L.744-2 du CESEDA, qui mentionne les date et heure du placement, le lieu exact et les décisions de prolongation.
Que se passe-t-il si le préfet omet de joindre des pièces à sa requête ?
Le juge peut déclarer la requête irrecevable et ordonner la mise en liberté de l'étranger, comme dans cette affaire où le préfet n'a transmis le registre que le lendemain sans justification.
Le juge peut-il accepter des pièces transmises après la requête ?
Non, sauf si l'administration justifie de l'impossibilité de les joindre à la requête. La simple communication à l'audience ne suffit pas à régulariser l'irrecevabilité.
Quels sont les droits d'un étranger en rétention administrative ?
L'étranger doit être informé de ses droits dès la notification de la décision de placement, notamment le droit de contester la rétention et de demander l'assistance d'un avocat. Le registre permet de vérifier le respect de ces droits.
La cour d'appel peut-elle annuler une mise en liberté ordonnée par le juge ?
Oui, si l'appel du préfet est fondé. Mais dans cette affaire, la cour a confirmé la mise en liberté car l'irrecevabilité était justifiée.
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