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Cour d'appel, pôle 1 - chambre 11, 20 juillet 2026 — n° 26/04078

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Synthèse de la décision

Question juridique

L'avis au procureur de la République du placement en rétention doit-il être donné avant ou après le placement effectif ?

Principe retenu

L'article L 741-8 du CESEDA impose que le procureur de la République soit informé immédiatement de tout placement en rétention. Un avis donné près de 26 heures après le placement effectif vide cette obligation de toute signification pratique et la réduit à une formalité purement symbolique, rendant la procédure irrégulière.

Faits clés

  • Placement en rétention le 13 juillet 2026 à 17h30
  • Avis au parquet donné le 12 juillet 2026 à 15h41 (antérieur au placement)
  • Écart de près de 26 heures entre l'avis et le placement effectif
  • M. [Y] [Z] est de nationalité roumaine
  • Ordonnance de prolongation de rétention de 26 jours par le premier juge

Articles cités

article L 741-8 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS COUR D'APPEL DE PARIS L. 742-1 et suivants du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ORDONNANCE DU 20 JUILLET 2026 (1 pages) Numéro d'inscription au répertoire général et de décision : B N° RG 26/04078 - N° Portalis 35L7-V-B7K-CNRR3 Décision déférée : ordonnance rendue le 17 juillet 2026, à 15h23, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Meaux Nous, Laurent Ben-kemoun, président de chambre à la cour d'appel de Paris, agissant par délégation du premier président de cette cour, assisté de Roxanne Therasse, greffière aux débats et au prononcé de l'ordonnance, APPELANT : M. [Y] [Z] né le 07 avril 1990 à [Localité 1], de nationalité roumaine RETENU au centre de rétention : [Adresse 1] assisté de Me Victoria Zoubkova-Allieis, avocat au barreau de Paris présent en salle d'audience de la Cour d'appel de Paris, plaidant par visioconférence et de Mme [I] [S] (Interprète en roumain), tout au long de la procédure devant la cour et lors de la notification de la présente ordonnance, interprète assermenté, présent en salle d'audience de la Cour d'appel de Paris, assurant l'interprétariat par visioconférence INTIMÉ : LE PREFET DU VAL-DE-MARNE représenté par Me Joyce Jacquard du cabinet Actis, avocat au barreau du Val-de-Marne présent en salle d'audience de la Cour d'appel de Paris, plaidant par visioconférence MINISTÈRE PUBLIC, avisé de la date et de l'heure de l'audience ORDONNANCE : - contradictoire - prononcée en audience publique - Vu l'ordonnance du 17 juillet 2026 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Meaux rejetant les moyens d'irrégularité et d'irrecevabilité soulevés par M. [Y] [Z], déclarant la requête du préfet du Val-de-Marne recevable et la procédure régulière et ordonnant la prolongation de la rétention de M. [Y] [Z] au centre de rétention administrative n°2 du [Etablissement 1], ou dans tout autre centre ne dépendant pas de l'administration pénitentiaire pour une durée de 26 jours à compter du 16 juillet 2026 ; - Vu l'appel motivé interjeté le 19 juillet 2026 , à 14h20 , par M. [Y] [Z] ; - Après avoir entendu les observations : - par visioconférence, de M. [Y] [Z], assisté de son avocat, qui demande l'infirmation de l'ordonnance ; - du conseil du préfet du Val-de-Marne tendant à la confirmation de l'ordonnance ;

Motivations de la décision

SUR QUOI, L'article L 741-8 CESEDA prévoit que': Le procureur de la République est informé immédiatement de tout placement en rétention. En l'espèce, il est constant que l'avis à parquet du placement en rétention a été délivré le 12 juillet 2026 à 15 h 41 alors que ledit placement en rétention a été effectué le même 13 juillet 2026 à 17 h 30, soit près de heures après, procédé qui vide l'article susvisé de toute signification pratique et le réduit à une formalité purement symbolique. C'est donc à tort que le premier juge a estimé que la procédure était régulière et fait droit à la requête en prolongation de la rétention administrative. Il convient en conséquence d'infirmer l'ordonnance sans qu'il soit besoin d'examiner l'ensemble des moyens soulevés. PAR CES MOTIFS INFIRMONS l'ordonnance, STATUANT A NOUVEAU': ORDONNONS la mainlevée immédiate de la rétention administrative de M. [Y] [Z], DISONS que la présente ordonnance sera notifiée à l'intéressé par l'intermédiaire du chef du centre de rétention administrative (avec traduction orale du dispositif de l'ordonnance dans la langue comprise par l'intéressé ),

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance. Fait à [Localité 2] le 20 juillet 2026 à LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT, REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS : Pour information : L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur. Le préfet ou son représentant L'interprète L'avocat de l'intéressé

Questions fréquentes

L'avis au procureur doit-il être donné avant ou après le placement en rétention ?
L'article L 741-8 du CESEDA exige que le procureur soit informé immédiatement du placement. Dans cette affaire, l'avis a été donné près de 26 heures après le placement, ce qui a été jugé trop tardif et a entraîné la mainlevée.
Quel est le délai pour informer le procureur d'un placement en rétention ?
Le texte impose une information 'immédiate'. Un délai de 26 heures a été considéré comme excessif et vidant la formalité de son sens, rendant la procédure irrégulière.
Que se passe-t-il si l'avis au procureur est donné trop tard ?
La procédure de rétention est alors irrégulière et le juge peut ordonner la mainlevée immédiate de la rétention, comme cela a été le cas dans cette décision.
Puis-je contester une rétention si le procureur n'a pas été informé à temps ?
Oui, vous pouvez faire appel de l'ordonnance de prolongation en invoquant l'irrégularité de l'avis au procureur. La cour d'appel peut infirmer l'ordonnance et ordonner la mainlevée.
Qu'est-ce que l'article L 741-8 du CESEDA ?
Cet article impose que le procureur de la République soit informé immédiatement de tout placement en rétention administrative. C'est une formalité substantielle destinée à garantir le contrôle judiciaire.
Comment obtenir la mainlevée d'une rétention administrative ?
En cas d'irrégularité de la procédure, comme un défaut d'information du procureur, vous pouvez interjeter appel de l'ordonnance de prolongation. La cour d'appel peut ordonner la mainlevée immédiate.
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