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Cour d'appel, pôle 1 - chambre 11, 11 juillet 2026 — n° 26/03913

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Synthèse de la décision

Question juridique

Le contrôle d'identité ayant conduit au placement en rétention administrative est-il régulier lorsqu'il a été effectué en dehors du périmètre autorisé par les réquisitions du procureur de la République ?

Principe retenu

Le contrôle d'identité effectué en dehors du périmètre géographique fixé par les réquisitions du procureur de la République est irrégulier. Cette irrégularité entraîne la nullité de la procédure de placement en rétention administrative et la mise en liberté de l'intéressé.

Faits clés

  • M. [B] [N] [R], ressortissant pakistanais, a fait l'objet d'un contrôle d'identité le 3 juillet 2026.
  • Le contrôle a été effectué à l'[Adresse 2], qui n'était pas comprise dans le périmètre autorisé par les réquisitions du procureur de la République.
  • Le préfet de police a placé M. [B] [N] [R] en rétention administrative le 3 juillet 2026.
  • Le juge du tribunal judiciaire de Meaux a ordonné la mise en liberté le 8 juillet 2026 pour irrégularité du contrôle d'identité.
  • Le préfet a interjeté appel le 9 juillet 2026.

Articles cités

article 78-2 du code de procédure pénale

Exposé du litige

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS COUR D'APPEL DE PARIS L. 742-1 et suivants du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ORDONNANCE DU 11 juillet 2026 (1 pages) Numéro d'inscription au répertoire général et de décision : B N° RG 26/03913 - N° Portalis 35L7-V-B7K-CNQNW Décision déférée : ordonnance rendue le 08 juillet 2026, à 15h42, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Meaux Nous, Laurent Ben-Kemoun, président de chambre à la cour d'appel de Paris, agissant par délégation du premier président de cette cour, assisté de Grégoire Grospellier, greffier aux débats et au prononcé de l'ordonnance, APPELANT LE PREFET DE POLICE représenté par Me Diana CAPUANO, du cabinet Actis, avocat au barreau de Val-de-Marne INTIMÉ M. [B] [N] [R] né le 28 Août 1987 à [Localité 1], de nationalité pakistanaise demeurant Chez M. [L] [Y], [Adresse 1] Ayant pour conseil choisi Me Sophie Weinberg, avocat au barreau de Paris, LIBRE, non comparant, non représenté, convoqué par le commissariat territorialement compétent à l'adresse ci-dessus indiquée ; MINISTÈRE PUBLIC, avisé de la date et de l'heure de l'audience, ORDONNANCE : - réputée contradictoire, - prononcée en audience publique, - Vu l'ordonnance du 08 juillet 2026 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Meaux ordonnant la jonction de la procédure introduite par la requête du préfet de police enregistré sous le N° RG 26/03603 et celle introduite par le recours de M. [B] [N] [R] enregistrée sous le N° RG 26/03625, déclarant le recours de M. [B] [N] [R] recevable, disant faire droit au moyen de nullité, déclarant la procédure irrégulière, disant n'y avoir lieu à statuer sur les autres moyens, disant n'y avoir lieu à statuer sur le recours de M. [B] [N] [R], disant n'y avoir lieu à statuer sur la demande d'assignation à résidence, rejetant la requête du préfet de police, ordonnant en conséquence, la mise en liberté de M. [B] [N] [R], sous réserve de l'appel suspensif du procureur de la République et rappelant à M. [B] [N] [R] qu'il devra se conformer à la mesure d'éloignement ; - Vu l'appel motivé interjeté le 09 juillet 2026, à 15h43, par le conseil du préfet de police ; - Vu l'avis d'audience, donné par courriel le 10 juillet 2026 à 10h07 à Me Sophie Weinberg, avocat au barreau de Paris, conseil choisi qui ne se présente pas ; - Après avoir entendu les observations du conseil du préfet tendant à l'infirmation de l'ordonnance ; M. [B] [N] [R], né le 28 août 1987 à [Localité 1], de nationalité pakistanaise, a été placé en rétention administrative par arrêté du 3 juillet 2026, sur le fondement d'une obligation de quitter le territoire français du même jour. Le 6 juillet 2026, le préfet a saisi le juge du tribunal judiciaire de Meaux aux fins de prolongation de la rétention administrative. ' Le 7 juillet 2026, M. [B] [N] [R] a saisi le juge du tribunal judiciaire de Meaux d'une requête en contestation de la régularité de la décision de placement en rétention. ' 'Par ordonnance du 8 juillet 2026, le magistrat du siège chargé du contrôle des mesures restrictives et privatives de liberté de [Localité 2] a ordonné la mise en liberté de M. [B] [N] [R] au motif de l'irrégularité du contrôle d'identité de l'intéressé. ' Le conseil du préfet a interjeté appel de cette décision le 9 juillet 2026 en sollicitant l'infirmation de l'ordonnance, au motif que le contrôle d'identité de l'intéressé a bien été effectué dans le périmètre prévu, et de ce fait, ce dernier est régulier.

Motivations de la décision

MOTIVATION L'article 78-2 CPP dispose que': Les officiers de police judiciaire et, sur l'ordre et sous la responsabilité de ceux-ci, les agents de police judiciaire et agents de police judiciaire adjoints mentionnés aux'articles 20'et'21-1°'peuvent inviter à justifier, par tout moyen, de son identité toute personne à l'égard de laquelle existe une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner : -qu'elle a commis ou tenté de commettre une infraction ; -ou qu'elle se prépare à commettre un crime ou un délit ; -ou qu'elle est susceptible de fournir des renseignements utiles à l'enquête en cas de crime ou de délit ; -ou qu'elle a violé les obligations ou interdictions auxquelles elle est soumise dans le cadre d'un contrôle judiciaire, d'une mesure d'assignation à résidence avec surveillance électronique, d'une peine ou d'une mesure suivie par le juge de l'application des peines ; -ou qu'elle fait l'objet de recherches ordonnées par une autorité judiciaire. Sur réquisitions écrites du procureur de la République aux fins de recherche et de poursuite d'infractions qu'il précise, l'identité de toute personne peut être également contrôlée, selon les mêmes modalités, dans les lieux et pour une période de temps déterminés par ce magistrat. Le fait que le contrôle d'identité révèle des infractions autres que celles visées dans les réquisitions du procureur de la République ne constitue pas une cause de nullité des procédures incidentes. L'identité de toute personne, quel que soit son comportement, peut également être contrôlée, selon les modalités prévues au premier alinéa, pour prévenir une atteinte à l'ordre public, notamment à la sécurité des personnes ou des biens. Dans une zone comprise entre la frontière terrestre de la France avec les Etats parties à la convention signée à Schengen le 19 juin 1990 et une ligne tracée à 20 kilomètres en deçà, ainsi que dans les zones accessibles au public des ports, aéroports et gares ferroviaires ou routières ouverts au trafic international et désignés par arrêté et aux abords de ces gares, pour la prévention et la recherche des infractions liées à la criminalité transfrontalière, l'identité de toute personne peut également être contrôlée, selon les modalités prévues au premier alinéa, en vue de vérifier le respect des obligations de détention, de port et de présentation des titres et documents prévues par la loi. Lorsque ce contrôle a lieu à bord d'un train effectuant une liaison internationale, il peut être opéré sur la portion du trajet entre la frontière et le premier arrêt qui se situe au-delà des vingt kilomètres de la frontière. Toutefois, sur celles des lignes ferroviaires effectuant une liaison internationale et présentant des caractéristiques particulières de desserte, le contrôle peut également être opéré entre cet arrêt et un arrêt situé dans la limite des cinquante kilomètres suivants. Ces lignes et ces arrêts sont désignés par arrêté ministériel. Lorsqu'il existe une section autoroutière démarrant dans la zone mentionnée à la première phrase du présent alinéa et que le premier péage autoroutier se situe au-delà de la ligne des 20 kilomètres, le contrôle peut en outre avoir lieu jusqu'à ce premier péage sur les aires de stationnement ainsi que sur le lieu de ce péage et les aires de stationnement attenantes. Les péages concernés par cette disposition sont désignés par arrêté. Le fait que le contrôle d'identité révèle une infraction autre que celle de non-respect des obligations susvisées ne constitue pas une cause de nullité des procédures incidentes. Pour l'application du présent alinéa, le contrôle des obligations de détention, de port et de présentation des titres et documents prévus par la loi ne peut être pratiqué que pour une durée n'excédant pas douze heures consécutives dans un même lieu et ne peut consister en un contrôle systématique des personnes présentes ou circulant dans les zones ou lieux mentionnés au même alinéa. Dans un rayon maximal de dix kilomètres autour des ports et aéroports constituant des points de passage frontaliers au sens de l'article 2 du règlement (UE) 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 concernant un code de l'Union relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes (code frontières Schengen), désignés par arrêté en raison de l'importance de leur fréquentation et de leur vulnérabilité, l'identité de toute personne peut être contrôlée, pour la recherche et la prévention des infractions liées à la criminalité transfrontalière, selon les modalités prévues au premier alinéa du présent article, en vue de vérifier le respect des obligations de détention, de port et de présentation des titres et documents prévus par la loi. L'arrêté mentionné à la première phrase du présent alinéa fixe le rayon autour du point de passage frontalier dans la limite duquel les contrôles peuvent être effectués. Lorsqu'il existe une section autoroutière commençant dans la zone mentionnée à la même première phrase et que le premier péage autoroutier se situe au-delà des limites de cette zone, le contrôle peut en outre avoir lieu jusqu'à ce premier péage sur les aires de stationnement ainsi que sur le lieu de ce péage et les aires de stationnement attenantes. Les péages concernés par cette disposition sont désignés par arrêté. Le fait que le contrôle d'identité révèle une infraction autre que celle de non-respect des obligations susmentionnées ne constitue pas une cause de nullité des procédures incidentes.

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance. Fait à [Localité 25] le 11 juillet 2026 à LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT, REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS: Pour information: L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur. Le préfet ou son représentant

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un contrôle d'identité irrégulier ?
Un contrôle d'identité est irrégulier lorsqu'il est effectué en dehors du périmètre géographique autorisé par les réquisitions du procureur de la République. Dans cette affaire, le contrôle a eu lieu à l'[Adresse 2], qui n'était pas comprise dans la zone définie par les réquisitions.
Quelles sont les conséquences d'un contrôle d'identité irrégulier sur la rétention administrative ?
L'irrégularité du contrôle d'identité entraîne la nullité de la procédure de placement en rétention administrative. Le juge ordonne alors la mise en liberté de l'étranger, comme cela a été le cas pour M. [B] [N] [R].
Comment contester un placement en rétention administrative ?
Vous pouvez saisir le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire dans les 48 heures suivant le placement en rétention. Il est conseillé de se faire assister par un avocat pour invoquer tous les moyens de nullité, notamment l'irrégularité du contrôle d'identité.
Le préfet peut-il faire appel d'une décision de mise en liberté ?
Oui, le préfet peut interjeter appel de l'ordonnance de mise en liberté dans un délai de 24 heures. Dans cette affaire, le préfet a fait appel, mais la cour d'appel a confirmé la mise en liberté.
Qu'est-ce que les réquisitions du procureur pour les contrôles d'identité ?
Les réquisitions du procureur de la République définissent les zones géographiques dans lesquelles les forces de l'ordre peuvent effectuer des contrôles d'identité. Tout contrôle en dehors de ces zones est irrégulier.
Puis-je être libéré si mon contrôle d'identité était irrégulier ?
Oui, si vous démontrez que le contrôle d'identité a été effectué en dehors du périmètre autorisé, le juge peut annuler la procédure et ordonner votre mise en liberté, comme cela a été le cas dans cette décision.
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