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Cour d'appel, pôle 1 - chambre 11, 20 juillet 2026 — n° 26/04080

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Synthèse de la décision

Question juridique

Le recours suspensif du ministère public contre une ordonnance annulant un placement en rétention doit-il être accordé en raison de l'absence de garanties de représentation de l'étranger ?

Principe retenu

En application de l'article L.743-22 du CESEDA, le premier président de la cour d'appel peut déclarer suspensif l'appel du ministère public contre une ordonnance annulant un placement en rétention si l'étranger ne dispose pas de garanties de représentation effectives ou en cas de menace grave pour l'ordre public. En l'espèce, l'intéressé étant sans domicile fixe, il ne présente aucune garantie de représentation, justifiant l'octroi de l'effet suspensif.

Faits clés

  • M. [Y] [X] [J], de nationalité péruvienne, né le 31 janvier 1984
  • Le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris a annulé le placement en rétention et ordonné la mise en liberté le 19 juillet 2026
  • Le procureur de la République a interjeté appel le 19 juillet 2026 à 15h50 avec demande d'effet suspensif
  • L'intéressé est sans domicile fixe (SDF)
  • L'intéressé ne présente aucune garantie de représentation

Articles cités

article L.743-22 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS COUR D'APPEL DE PARIS Pôle 1 - Chambre 11 L. 743-22 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ORDONNANCE DU 20 juillet 2026 RECOURS SUSPENSIF (1 pages) Numéro d'inscription au numéro général et de décision : B N° RG 26/04080 - N° Portalis 35L7-V-B7K-CNRTI Décision déférée : ordonnance rendue le 19 juillet 2026, à 12h41, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris Nous, Laurent Ben-Kemoun, président de chambre, à la cour d'appel de Paris, agissant par délégation du premier président de cette cour, assisté de Marie Bounaix, greffière au prononcé de l'ordonnance, APPELANT LE PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE PRÈS LE TRIBUNAL JUDICIAIRE DE PARIS INTIMÉ : M. [Y] [X] [J] né le 31 Janvier 1984 à [Localité 1], de nationalité péruvienne ayant pour conseil Me Gaston Gonzalez, avocat au barreau de Paris ORDONNANCE : contradictoire - Vu l'ordonnance du 19 juillet 2026, à 12h41, du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris ordonnant la jonction des deux procédures, déclarant recevable la requête en contestation de la légalité du placement en rétention, constatant l'irrégularité de la décision de placement en rétention de l'intéressé, ordonnant en conséquence la mise en liberté de l'intéressé, et rappelant à l'intéressé qu'il a l'obligation de quitter le territoire national ; - Vu la notification de l'ordonnance au procureur de la République près le du tribunal judiciaire de Paris, le 19 Juillet 2026 , à 12h41 ; - Vu l'appel de ladite ordonnance interjeté le 19 Juillet 2026, à 15h50 réitéré à 15h53, par ledit procureur avec demande d'effet suspensif ; - Vu les notifications du recours suspensif du 19 juillet 2026, faites par le parquet : - à Monsieur [Y] [X] [J] à 16h10, - à Me Gaston Gonzalez, avocat au barreau de Paris, à 15h50, - et au préfet de police, à 15h50 ; - En l'absence d'observations suite aux notifications ;

Motivations de la décision

SUR QUOI, En application de l'article L.743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'appel n'est pas suspensif. Toutefois, le ministère public peut demander au premier président de la cour d'appel ou à son délégué de déclarer son recours suspensif lorsqu'il lui apparaît que l'intéressé ne dispose pas de garanties de représentation effectives ou en cas de menace grave pour l'ordre public. Dans ce cas, l'appel, accompagné de la demande qui se réfère à l'absence de garanties de représentation effectives ou à la menace grave pour l'ordre public, est formé dans un délai de dix heures à compter de la notification de l'ordonnance au procureur de la République et transmis au premier président de la cour d'appel ou à son délégué. Celui-ci décide, sans délai, s'il y a lieu de donner à cet appel un effet suspensif, en fonction des garanties de représentation dont dispose l'étranger ou de la menace grave pour l'ordre public, par une ordonnance motivée rendue contradictoirement et qui n'est pas susceptible de recours. L'intéressé est maintenu à la disposition de la justice jusqu'à ce que cette ordonnance soit rendue et, si elle donne un effet suspensif à l'appel du ministère public, jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond. ». En l'espèce, l'intéressé, SDF, ne présente aucune garantie de représentation. Dans ces conditions, la demande d'effet suspensif sera accueillie sur le seul fondement de l'absence de garantie de représentation. PAR CES MOTIFS DÉCLARONS suspensif l'appel du procureur de la République près le tribunal judiciaire de Paris, ORDONNONS le maintien à la disposition de la justice de Monsieur [Y] [X] [J], jusqu'à ce qu'il soit statué au fond, à l'audience du mardi 21 juillet 2026, à 11h00, DISONS que la présente ordonnance vaut convocation à ladite audience,

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance. Fait à [Localité 2], le 20 juillet 2026 LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT, LA PRÉSENTE DÉCISION N'EST PAS SUSCEPTIBLE DE RECOURS.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un recours suspensif en matière de rétention administrative ?
Le recours suspensif est une demande du ministère public au premier président de la cour d'appel pour que son appel contre une ordonnance annulant un placement en rétention ait un effet suspensif, c'est-à-dire que l'étranger reste maintenu à disposition de la justice jusqu'à ce qu'il soit statué au fond.
Quelles sont les conditions pour que le recours suspensif soit accordé ?
Le recours suspensif est accordé si l'étranger ne dispose pas de garanties de représentation effectives (comme un domicile stable) ou s'il constitue une menace grave pour l'ordre public. Dans cette affaire, l'étranger était SDF, donc sans garanties de représentation.
Un étranger sans domicile fixe peut-il être remis en liberté ?
Oui, un étranger sans domicile fixe peut être remis en liberté si le juge annule le placement en rétention. Cependant, le ministère public peut demander un recours suspensif en raison de l'absence de garanties de représentation, ce qui a été accordé dans cette affaire.
Quel est le délai pour que le procureur fasse appel avec demande d'effet suspensif ?
Le procureur doit former son appel et sa demande d'effet suspensif dans un délai de dix heures à compter de la notification de l'ordonnance annulant le placement en rétention.
Que signifie 'garanties de représentation effectives' ?
Les garanties de représentation sont des éléments qui assurent que l'étranger se présentera aux convocations judiciaires, comme un domicile fixe, une adresse stable, ou une caution. L'absence de telles garanties peut justifier le maintien en rétention.
L'ordonnance accordant l'effet suspensif est-elle susceptible de recours ?
Non, l'ordonnance du premier président ou de son délégué statuant sur la demande d'effet suspensif n'est pas susceptible de recours, comme le précise l'article L.743-22 du CESEDA.
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