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Cour d'appel, pôle 1 - chambre 11, 11 juillet 2026 — n° 26/03935

Irrecevabilite

Synthèse de la décision

Question juridique

L'appel contre une ordonnance de prolongation de la rétention administrative est-il recevable lorsque l'appelant invoque l'absence de condamnation pénale depuis son arrivée en France ?

Principe retenu

En application de l'article L. 743-23-1° du CESEDA, le premier président de la cour d'appel peut rejeter une déclaration d'appel manifestement irrecevable sans convocation préalable des parties. L'absence de condamnation pénale depuis l'arrivée en France est un moyen inopérant pour contester la prolongation de la rétention administrative.

Faits clés

  • M. [Q] [U], ressortissant gambien né le 19 septembre 2004, est retenu au centre de rétention de [Localité 2].
  • Le 10 juillet 2026, le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris a ordonné la prolongation de son maintien en rétention pour 26 jours, jusqu'au 5 août 2026.
  • M. [Q] [U] a interjeté appel le 11 juillet 2026 à 11h20.
  • Dans sa déclaration d'appel, il soutient qu'il n'a jamais été condamné depuis son arrivée en France il y a 4 ans.
  • La cour d'appel a rejeté la déclaration d'appel comme manifestement irrecevable sans convocation préalable des parties.

Articles cités

article L. 743-23-1° du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R. 743-11 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 741-10 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 742-8 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS COUR D'APPEL DE PARIS L. 742-1 et suivants du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ORDONNANCE DU 11 JUILLET 2026 (1 pages) Numéro d'inscription au répertoire général et de décision : B N° RG 26/03935 - N° Portalis 35L7-V-B7K-CNQS4 Décision déférée : ordonnance rendue le 10 juillet 2026, à 11h15, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris Nous, Laurent Ben-Kemoun, président de chambre à la cour d'appel de Paris, agissant par délégation du premier président de cette cour, assisté de Grégoire Grospellier, greffier au prononcé de l'ordonnance, APPELANT : M. [Q] [U] né le 19 septembre 2004 à [Localité 1], de nationalité gambienne RETENU au centre de rétention : [Localité 2] Informé le 11 juillet 2026 à 11h43, de la possibilité de faire valoir ses observations sur le caractère manifestement irrecevable de son appel, en application des dispositions de l'article R 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile INTIMÉ : LE PREFET DE POLICE Informé le 11 juillet 2026 à 11h43, de la possibilité de faire valoir ses observations sur le caractère manifestement irrecevable de l'appel, en application des dispositions de l'article R 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, MINISTÈRE PUBLIC, avisé de la date et de l'heure de l'audience ORDONNANCE : contradictoire - Vu l'ordonnance du 10 juillet 2026 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris ordonnant la prolongation du maintien de M. [Q] [U] dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire, pour une durée maximale de vingt-six jours, soit jusqu'au 05 août 2026 ; - Vu l'appel interjeté le 11 juillet 2026, à 11h20, par M. [Q] [U] ;

Motivations de la décision

SUR QUOI, L'article L 743-23 -1°du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dispose : « Le premier président de la cour d'appel ou son délégué peut, par ordonnance motivée et sans avoir préalablement convoqué les parties, rejeter les déclarations d'appel manifestement irrecevables. Lorsqu'il est saisi d'un appel contre une décision rendue par le juge des libertés et de la détention dans les cas prévus aux articles L. 741-10 et L. 742-8, il peut également rejeter la déclaration d'appel sans avoir préalablement convoqué les parties s'il apparaît qu'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention administrative ou son renouvellement, ou que les éléments fournis à l'appui de la demande ne permettent manifestement pas de justifier qu'il soit mis fin à la rétention. » Il est d'une bonne administration de la justice de faire application de ces dispositions. En l'espèce, la déclaration d'appel n'est pas recevable en ce que : - l'intéressé articule vainement qu'il n'a jamais été condamné depuis son arrivée en France il y a 4 ans, moyen inopérant. PAR CES MOTIFS REJETONS la déclaration d'appel,

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance. Fait à [Localité 3] le 11 juillet 2026 à 13h52 LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT, REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS : Pour information : L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur. Notification effectuée aux parties par LRAR ou télécopie et/ou courriel.

Questions fréquentes

Puis-je contester une prolongation de rétention en invoquant l'absence de condamnation pénale ?
Non, l'absence de condamnation pénale depuis votre arrivée en France est un moyen inopérant pour contester la prolongation de la rétention administrative, comme l'a rappelé la cour d'appel de Paris dans cette affaire.
Mon appel contre l'ordonnance de prolongation de rétention a été rejeté sans audience, est-ce légal ?
Oui, c'est légal. L'article L. 743-23-1° du CESEDA permet au premier président de la cour d'appel de rejeter un appel manifestement irrecevable sans convocation préalable des parties, ce qui a été appliqué dans cette décision.
Quels sont les moyens recevables pour faire annuler une prolongation de rétention administrative ?
Les moyens recevables doivent porter sur des circonstances nouvelles de fait ou de droit depuis le placement en rétention ou son renouvellement, ou démontrer que les éléments fournis justifient qu'il soit mis fin à la rétention. L'absence de condamnation pénale n'est pas un moyen pertinent.
Que signifie 'appel manifestement irrecevable' en matière de rétention administrative ?
Cela signifie que l'appel ne remplit pas les conditions de recevabilité prévues par la loi, par exemple parce qu'il est fondé sur un moyen inopérant ou qu'aucune circonstance nouvelle n'est invoquée. Dans ce cas, le juge peut le rejeter sans audience.
Je suis en centre de rétention, puis-je faire appel de la décision de prolongation ?
Oui, vous pouvez faire appel, mais votre appel doit être fondé sur des moyens juridiques valables. Si vous invoquez uniquement l'absence de condamnation pénale, comme dans cette affaire, votre appel risque d'être rejeté comme manifestement irrecevable.
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